‹ Les anciennes faënceries rennaisesChapitre 43 sur 78 · Chap. VIII, p. las · texte numérisé non relu

Chap. VIII, p. las

Nous ne tiendrons pas compte de Tordre chronologique de fabrication des pièces que nous allons citer; si nous agissions ainsi, nous ne manquerions pas de nous exposer à commettre de nombreuses erreurs, surtout lorsqu'il s'agit de pièces qui ne sont ni datées ni signées. Nous nous contenterons de diviser notre collection céramique rennaise en sept sections, savoir : 1** Biscuit; 2** Faïences blanches, c'est-à-dire à couverte stannifère d'un blanc plus ou moins pur et sans aucun décor; 3** * Faïences à décor violet de manganèse formant camaïeu ; 4*^ Faïences à décor monochrome bleu; 5** Faïences à décor monochrome jaune; 6** Faïences à décor polychrome; 7** Derniers produits artistiques des faïenceries rennaises; Fabrique Vaumort, 1868-1878.

S 1*'. — Biscuit ou terre cuite sans émail ni peinture.

Liion à demi couché. (N** 2457 du Registre d'entrée.) Hauteur : 0" 84. — Longueur : 1" 45. — Largeur : 0™ 70.

Ses pattes de devant soutiennent un écusson ovale encadré d'ornements en relief.

Les dimensions peu ordinaires de cette pièce céramique indiquent que nos manufactures locales ne reculaient pas devant les difficultés de fabrication et de cuisson de pièces de grande taille et d'un poids considérable. Les lions de cette sorte étaient au XVIII* siècle d*un usage assez répandu dans la décoration des parcs et des jardins, où ils ornaient les terrasses et les perrons. 11 y en avait d'accrou-

pis; d'autres étaient couchés comme le nôtre; d'autres enfin étaient debout. Souvent, au lieu de lions, c'étaient de forts chiens qui, juchés sur les pilastres d'une grille, semblaient préposés à la garde de la propriété. Quant à l'écusson, il était destiné à recevoir les armoiries peintes du châtelain. Quelquefois, les lions ou les chiens en biscuit étaient peints à l'huile et « au naturel. » Le Musée de Rennes possède un chien épagneul en biscuit peint de cette manière*. Est-il de fabrication locale? Nous l'ignorons. Quant au lion -dont nous venons de parler, nous sommes fixé sur son origine. Voici son histoire :

Lorsqu'on 1790 la veuve du Lattay se vit contrainte de fermer sa faïencerie de la rue Hue *, elle y abandonna certains objets encombrants et qui n'avaient plus pour elle aucune valeur. Parmi ces objets se trouvait notre lion en biscuit, qui était placé sur le haut d'un des murs de clôture de la fabrique. Une dizaine d'années plus tard, un ouvrier faïencier de la manufacture de Binet, Jean-Marie Raymond, dont nous avons parlé plus haut^ réussit à se le procurer pour le compte de son patron, chez lequel il le transporta. Binet sut en tirer parti en le plaçant comme enseigne au-dessus de son portail. Ses successeurs, la veuve Binet, puis Ménard, l'y laissèrent, et ce ne fut qu'en novembre 1880 que M. Eugène Ménard fils voulut bien, quand il fit démolir le portail, offrir au Musée le lion qui le couronnait depuis près de quatre-vingts ans. Il était dans un triste état : les intempéries, les jets

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