‹ Les anciennes faënceries rennaisesChapitre 69 sur 78 · ADDENDA · texte numérisé non relu

ADDENDA

Pendant que s'imprimaient les derniers feuillets de cette étude, deux faits se sont produits qui •méritent, croyons-nous, d'être signalés. Les voici relatés aussi brièvement que possible.

Comme notre titre l'indique, nous n'avions à nous occuper dans ce travail que des anciennes faïenceries rennaises, c'est-à-dire de celles qui ont disparu. C'est ce que nous avons fait. Cependant nous avons pensé que nous pourrions peut-être recueillir quelques renseignements utiles près de quelque vieil ouvrier de nos fabriques actuelles, celle que dirige M"" veuve Girandière avec l'aide de ses deux fils. Nous ne nous étions pas trompé.

Accueilli avec la plus grande amabilité, nous y avons été mis en relation avec le doyen des ouvriers de la maison^ qui est aussi le doyen des ouvriers faïenciers de Rennes, un brave homme nommé Pierre Vie, dit Méret, qui exerce laborieusement depuis un demi-siècle la profession de tourneur. Entré à la faïencerie de la veuve Binet en 1851, il quitta cette fabrique en 1854 pour travailler chez Vaumort où il resta pendant quinze ans; puis il entra on 1869 à la fabrique Girandière qu'il n'a jamais quittée depuis trente et un ans. Doué d'une prodigieuse mémoire il nous a cité avec une remar-

quable précision des dates et des faits remontant à plus de cinquante ans dont nous avons pu constater la rigoureuse exactitude. Il se souvient très bien avoir vu dans la fabrique de la veuve Binet, alors qu'il y travaillait de 1851 à 1854, les anciens moules qui furent détruits plus tard> d'abord par Boissier vers 1865, ensuite lors de la démolition des bâtiments vers 1887'.

Parmi ces moules, nous dit-il, il y en avait un certain nombre qui provenaient de la Manufacture de la rue Hue et qui avaient été acquis par Binet lorsque la veuve du Lattay abandonna la fabrication et ferma son établissement. Trois do ces moules — malheureusement des moins importants — furent oubliés dans un coin de la fabrique et échappèrent au massacre de 1865. Retrouvés en 1871 par J.-L. Ménard, ils furent acquis à cette époque par M. Girandière. Nous avons pu voir ces moules, et M™* Girandière a bien voulu nous en faire tirer des épreuves en biscuit dont voici la description :

La Salnte-VIei^e debout, le haut du corps légèrement penché à droite. Elle tient sur le bras gauche l'Enfant Jésus, qui porte le globe crucifère. Elle a le bras droit pendant le long du corps, et devait primitivement tenir un sceptre qui manque. Sur sa tête une couronne posée sur un voile qui retombe sur ses épaules. Corsage à pointe, ouvert dans le bas.

Hauteur : 0°» 45.

Antre debout, tenant l'Enfant Jésus sur le bras

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