RUES DES ROSIERS, ETC
rue des Rosiers n’avait mieux justifié son nom. Rien de plus frais que son visage, rien de mieux tourné que sa taille, et pourtant la jolie commère avait ses quatre ou cinq enfants! Par bonheur, elle était déjà Mme d’Estat. Quand son mari passa lieutenant-colonel à la suite d’un régiment de cavalerie, grande rumeur parmi les capitaines, qui ne l’avaient eu que six mois pour égal. Mais, prenant leur parti en braves, les officiers victimes du passe-droit s’en adressèrent à eux-mêmes ce compliment de condoléance : — Quand on fait son chemin par l’épée, c’est plus lent que par le fourreau !
Un président au parlement, Chabenat, seigneur de Ronneuil, qui demeurait rue Richelieu, possédait un hôtel rue des Rosiers, 14. N’avons-nous pas des motifs personnels pour suivre avec plaisir, dans le présent travail, les traces des Chabenat de Bonneuil, alliés aux Le Feuve de la Malmaison? Celui-là était acquéreur de Briqueville, marquis de la Luzerne, maréchal-de-camp, dont la femme avait hérité du président Camus de Pontcarré, baron de Mafftiers, son père. Un autre Camus de Pontcarré avait acheté de Gilbert des Voisins, avocat-général, cette maison, que la comtesse de Choiseul-Plessis-Praslin tenait elle-même de son père, Le Charron, seigneur de Plaisance, adjudicataire en 1611 sur Pierre l’Escalopier. En remontant beaucoup plus haut encore, nous trouvons qu’une donation de 6 sols de rente a été faite sur cette propriété, en 1237, aux frères de Sainte- Catherine-du-Val-des-Écoliers par le nommé Le Charpentier. Du même prieuré de Sainte-Catherine s’avouait tributaire pour le cens, en 1658, Gilles Robert, docteur de la faculté de théologie de Paris, au nom de son père, Nicolas Robert, sieur de Lay, en raison d’une autre propriété, qui était grande, rue des Rosiers, en vue de celle des