‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 15 sur 111 · RUE NOTIIK-DAME-DES-VICTOIRES · texte numérisé non relu

RUE NOTIIK-DAME-DES-VICTOIRES

jusqu'au logis do Pierre Pénécher, (|ui amis sous l'invocation de son patron cette petite rue, ainsi que le cul-de-sac. On les a percés l'un et l'autre sur le clos Gautier ou des Masures, Henri IV étant sur le trône, avec la qualification originaire de Petit-Cliemin-Herbu : à cette époque se rapportent les deux niches du 4 et du 5, rue Saint-Pierre, auxquels deux madones ou deux saints ont servi d'enseigne et d'égide. Durant la Frouderie, comme dit Tallemant des Réaux, le petit Duval de Coupeauville, qui était d'une famille rouennaise de robe, avait ici ou là sa cliambre. Nommé en 1639 abbé de la Victoire, i! dut à ses bons mots de la réputation. Voilure l'avait présenté i\ la reine qui, en passant à Senlis, alla le voir dans son abbaye et le complimenta d'y avoir tout remis à neuf Et l'abbé de répondre aussitôt : — Madame, si Votre Majesté m'en donnait encore deux où trois vieilles, je les accommoderais encore mieux.

Toutefois cette petite rue était peu fréquentée ou mal habitée en 1699, quand la police y découvrit une nichée de petits voleurs.

Ce qu'on a pour 2 francs sans marchander, n" 3, rappelle de son mieux la spécialité luxurieuse qu'avaient donnée deux ou trois grands seigneurs du xvni'' siècle à des maisons de la rue et de l'impasse. Devenues des hôtels-garnis, ces maisons ont de grandes portes, sans lesquelles n'aurait pu y entrer un carrosse. Au 10, lorsqu'il était l'auberge des galanteries de Lanzun, (|ue de nuits blanches se succédèrent ! De laquelle lui demander compte? Levons au moins le voile qui en couvre une. Tout ce qui se passait chez Lauzun, rue Saint-Pierre, un valet l'aliait rapporter h l'hôtel du lieutenantde-police, qui le colportait il Versailles : arrêtons l'espion au passage, le matin du dernier lundi d'août 1770. Le maraud va nous dire ceci : — Mon maître a reçu hier soir bonne compagnie :

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d'abord le duc de Chartres, doiU la petite-maison, rue Blanche, garde un peu mieux ses secrets que la nôtre : que ne puis-je y servir à table! M. le prince d'Iseughien, qui n'est autre qu'un de Gand- Mérode-Montmorency, le comte d'Osmond, M. de Bézenval avaient aussi leur couvert mis à ce pelitsouper, dont les autres convives taisaient corps avec le menu. La 0"'^ Duthé, qu'entretient maintenant !e marquis de Duras, voih'i pour le morceau de roi. Mon maitr(^ n'en a fait qu'une bouchée, bien qu'on le croie amoureux t'ou de la D"'' Audinot, laquelle vient de recevoir de ses bijoux, sans les porter toutefois devant le prince de Soubise. Les D"''' Joinville et Legrand, c'est-à-dire les maîtresses du marquis de Villette et de M. Minute, ont été remerciées honnêtement i\ minuit, ainsi que M"*' Duthé. C'était l'heure du relais pour elles, pour ces messieurs également. Ils m'avaient envoyé d'avance chez la Brissault, excellente maîtressede-poste : les filles Argentine et Fournier ont tait le reste du voyage.

Le V6 et le i7, môme rue, ont dû le jour à un serrurier en carrosses. Le marquis deOouflier, M. de Saint-Paul, M. Cadeau, trois conleni{)orains de Lau/.un, étaient propriétaires là et tout près.

Rue Notre-Dame-des-Victoires, le 4^ était alors au comte de Durforl, le 30 au comte du Lude, comme !e 16 au président d'Hozier, grand généalogiste delà cour, auteur avec son père de V Armoriai de France: d'autres d'Hozier successivement avaient rempli la même charge ; la race en explorait, depuis Louis XIII, les vieux litres, pour y chercher des comtes, des écuyers, et elle taisait plus de nobles (|ue le roi! Maillard, ci-devant intéressé dans les gabelles, a laissé, dans un temps plus rapproché du nôtre, le 14 à son fils, un conseiller d'État. Que si des mascarons, des rampes de fer servent de chevrons aux immeubles précités, les états de

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