LES DEUX RUES SAINT-CLAUDE, ETC
calendrier des rues de Paris, la nouvelle voie de communication.
Il n'en pendait pas moins une image Saint- Claude, à l'angle d'une rue Célestine, chez Frailçoise Amelot, veuve de Pierre Bellefin, greffier des bâtiments-du-roi, qui tenait rue Saint-Claude à Langlois, charpentier, et par-derrière aux célestins.
L'hôtel que Claude Guénégaud avait élevé sur un terrain qui avait appartenu à Victor de Chamerayes, fut vendu en 1690 par les créanciers du fondateur à Calande de Guénégaud, chevalier, seigneur des Brosses, conseiller du roi, maîtredes-requétes de son hôtel, qui demeurait rue du Grand-Chantier, et puis il passa au chancelier Voysin, le protégé de M™* de Maintenon. La porte en ouvre rue Saint- Louis ; mais il en reste des dépendances dans l'impasse Saint-Claude, contiguës à d'autres maisons qu'a encore possédées le trésorier de l'Épargne. Guénégaud des Brosses se trouvait, le long de notre rue, entre Dupille ou Du Pillé, receveur-général des finances, dont l'hôtel appartenait à sa femme, Marie-Anne Rollot de la Cour, et Halle, secrétaire du roi, qu'avait précédé Gellée du Buisson.
Quant aux maisons construites par le vicomte d'Argenlieu, elles appartenaient, en 1727, à Antoine Le Feuve de la Malmaison, conseiller au parlement, et plus tard à Petit de la Villonnière, qui siégeait à la même cour : les n"' 8 et 10 nous les représentent ; seulement elles s'étendaient jusqu'au Boulevard. Le 6, par exception, paraît bien plus ancien que la rue : il a donc pu dépendre du palais des Tournelles. Au milieu du xvu« siècle il ne s'élevait encore aucune église au coin de la rue Saint-Claude et de la rue Saint-Louis ; on y a vu un hôtel Levasseur, auquel pouvait se rattacher ledit 6 ; on y a vu surtout l'hôtel du grand Turenne, mais encore par des dépendances. Il fut vendu en 1684 par le cardinal de Bouillon
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aux religieuses de l'Adoration-perpétuelle-du-Saint- Sacrement-de-l'Autel, avec une maison dont la façade mesurait 4 toises sur la rue Saint-Claude, où ces dames tinrent, une fois installées dans leur nouveau monastère, à M. de Sainte-Foy, à ellesmêmes, à M. de Guénëgaud et à Pouïlain. Jacques Charnel, intendant de justice, police et finances des pays de Loraine et généralité de Metz et Luxembourg, était aussi propriétaire entre la rue Saint-Claude et quelque coin de l'hôtel de Turenne, en 1684 ; Charles Bourdin de Pierre-Blanche, secrétaire des finances, avait tout à côté une double maison, en avant du jardin du même hôtel, mais en retour sur un cul-de-sac ou rue projetée sur la rue des Toiernelles. On attribuait toutefois à !a rue Neuve-Saint-Claude, vers le même temps, une propriété dans laquelle Despont, bourgeois, tenait à Nicolas Lepère par-ci, à la veuve de François, tille et héritière de Catherine Bégard, par-là, et au maréchal de Turenne par-derrière. L'une de ces maisons était sans doute celle à portecochère que le bourgeois Lapie de Soucy vendait le 14 juin 1729 à la présidente Bretonvilliers, née d'Albon ; cette veuve de Leragois de Bretonvilliers, président en la cour des comptes, était là mitoyenne avec M. Lemasson, secrétaire du roi, avec M. de Brèche et avec les filles du Saint-Sacrement. Au même couvent s'adossait une des maisons dans lesquelles on croit qu'a demeuré M"* de Lamotte, qui a tenté de faire un infâme carcan d'un collier, en attentant à la réputation de la reine Marie- Antoinette.
Le comte de Cagliostro, que cette comtesse accusait d'avoir reçu des mains du prince de Rohan, cardinal, le collier de la reine, courut tous les pays, parla toutes les langues, changea souvent de nom et fit tous les métiers ; il fut néanmoins mis à la Bastille, en vertu des dépositions de