‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 76 sur 111 · RUE DES COUTURES-SAINT-GERVAIS · texte numérisé non relu

RUE DES COUTURES-SAINT-GERVAIS

chitecturalavec les constructions de l'école Centrale, auxquelles ils se trouvent contigus depuis la naissance presque de la rue ; mais ils appartenaient sans doute aux dames de Saint-Gervais plus anciennement. On remarque en effet à cette encoignure, sur un ancien plan de Paris, une sorte de galerie de cloître ; la chapelle du grand hôtel paraît y occuper l'angle opposé, du côté de la rue Thwigny.

Le TaUeau de Paris dû à Saint-Victor commet une petite erreur en rapportant au coin de la rue Culture-Sainte-Catherine l'hôtel Salé, attendu que le voici hien, converti en école Centrale. On a déjà décomposé le grain de sel qui lui valait le surnom qu'il conserva jusqu'à la grande révolution, car ce n'était pas un nom propre. Le traitant Aubert de Fontenai faisait bâtir en 1656 cette maison splendide sur une portion de la culture Saint-Gervais, et comme il en coûtait fort cher à cet intéressé dans les gabelles, qui bénéficiait notamment sur l'impôt du sel, il avait cherché à s'en consoler par un bon mot : — Ah, quel hôtel salé !

Qui ftieranl dulces, salibus vilianiur amaris.

On ne connaît pourtant le nom d'aucun des artistes distingués qui ont coopéré à l'œuvre. L'entrée par la rue Thorigtiv est magistrale ; une belle page d'architecture sert de façade sur le jardin, et le verso lui-même vaut la photographie. Des colonnes corinthiennes décorent aussi les cours ; un escalier royal est paré de sculptures superbes ; une salle dite de Jupiter et d'autres pièces montrent de belles peintures, parmi lesquelles sont des originaux, tels qu'un Enlèvement d'Europe, une Diane et un Jupiter : toutes ces merveilles vouées à l'incognito, comme si elles revenaient de Pompéï, nous prouvent, une fois de plus, qu'avant le grand interrègne des traditions du goût

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