‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 38 sur 99 · RUE PAGEVIN · texte numérisé non relu

RUE PAGEVIN

propre. Mais la rue avait dû à un particulier, dès le commencement du xiv^ siècle, le nom de rue Jacques-Breneult. Nicolas Pagevin, seigneur de l'île Louvier, fut trésorier-général de la maison du duc d'Anjou et d'Alençon, frère de Henri III.

Son nom ne s'est appliqué, pendant deux siècles et demi, qu'à la section de notre rue comprise entre les rues des Vieux-Augustins (i) et Coq- Héron. Les propriétés du côté impair y appartenaient, avant la Révolution, à la comtesse de Choiseul-Gouffier, et elles avaient été bâties à la place des écuries de l'hôtel d'Épernon, maintenant hôtel des Postes.

Le surplus de la rue Pagevin a été dit Verdelet, Verderet, Merderet, de l'Ordure et Breneuse : qualifications peu regrettables. Jean-Jacques Rousseau y prit un logement en quittant l'hôtellerie de Saint-Quentin, afin de se rapprocher de M. Dupin de Francœuil, dont l'hôtel était rue Plâtrière, actuellement Jean-Jacques-Rousseau, en face de celle Verdelet. Le comte de Vannaux était propriétaire de la maison habitée par le philosophe et qui porte le n" 4.

A la rue Pagevin se sont ajoutées les deux autres en 1849.

(1) Présentement rue d'Argout.

Rue de la Vrilliére. (i)

La rue des Fossés-Montmartre allait jusqu'à la rue Croix-des Petits-Champs, avant le raccourcissement de celle-ci. Mais la place des Victoires, lors de sa formation, ne communiqua pas tout de suite avec la rue de la Vrilliére ; il fallut jeter par terre un bâtiment qui interceptait la vue de part et d'autre : place fut ainsi faite à une venelle, dite rue Percée, puis petite rue de la Vrilliére et présentement Catinat, sur laquelle quatre maisons ont des croisées, mais pas une porte. Le plan de Lacaille, en 1714, présentait ladite ruelle comme une avenue ajoutée au grand hôtel qui maintenant est celui de la Banque ; toutefois les deux rives de la rue de la Vrilliére étaient loin de se relier par l'unité de propriété.

La première maison de cette rue, côté droit, appartenait à Leduc, architecte ; elle fut restaurée, sous le règne de Louis XV, par un autre architecte, qui s'appelait Desmaisons. Les bureaux du journal YUnion, qui en occupent un étage, ont des croisées donnant sur un balcon tournant, dont la grille est en fer battu bien ouvragé. L'encoignure de l'édifice sur la rue Croix-des-Petits-Champs est arrondie et dépasse hardiment l'aplomb du rez-de-chaussée. Lallemant, Ludet et Chapuis, contemporains de Leduc, étaient propriétaires des n°' 6, 8 et 10, et Chevallier de la Motte avait le 4, qu'on vient de rétablir de fond en comble.

Par conséquent. Rouillé, maître-des-requétes et

(1) Notice écrite en 1861.

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