RUE ET QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS
d'Ourset, correcteurs des comptes de père en fils, touchaient à Guérin d'un côté et de l'autre au marquis de Novion, époux en secondes noces d'une Le Boulanger.
Aujourd'hui se remarque davantage une façade, décorée de jolis dessus-de-croisées et sur laquelle se prend la devanture de la librairie académique de Didier, h l'angle de la rue I^avée (i). Le procureur Martin acquérait, en 4700, des familles Feydeau et Montholon, cette propriété et la contiguë, que décore le balcon d'un appartement qui fut celui du mathématicien Laplace, sous le Directoire. L'autre angle de la même rue passait, sous Louis XIV et sous Louis XV, de Revelois en Revelois : l'un d'eux était marchand rue Sainl-Denis, ce qui n'empêchai! pas tantôt un avocat, tantôt un médecin, de se qualifier M. de Revelois, seigneur de Buire, dans les actes. I^ierre Martin, sieur de la Guette, maîtredes-comptes, avait une maison à côté, mais résidait rue Saint-Avoye. Émery, libraire, en tenait deux autres de Saint-Simon, marquis de Sandricourt, et de Lemaistre de Bellejamme, conseiller au parlement; ses affaires devenant mauvaises, patatras! expropriation. Bailly, doyen de la chambre-descomptes, était propriétaire au coin de la rue Gîtle-Cœur, un peu avant l'avènement de Louis XVL
Mais, un instant ! ne passons pas devant le n° 2S, où la Salubrité eut ses bureaux sous Louis- Philippe, sans vous dire que son origine, malgré cela, fut d'un logis royal, l^rançois L' le lit construire, po'ur s'y rapprocher d'un hôtel habité par la duchesse d'Étampes.
Ce dernier, qui se revoit encore dans la rue de l'Hirondelle, s'étendait jusqu'à l'autre encoiguure
(1) On dit présentement rue Ségiiier.
RUES GIT-LE-COEUR ET DE L'HIRONDELLE. r,3
do la rue Gît-le-Ccjeur. Seulement la rue de Hurepoix n'était pas encore absorbée par le quai parallèle, qui devait s'en incorporer avec le temps tout un côté, dans ces parages. Une Salamandre est restée le signe caractéristique de celte maison historique, achetée par le roi-chevalier pour faire plaisir à sa maîtresse, qui y demeurait déjà, et décorée en l'honneur de la belle de peintures îr fresque, de tapisseries et de devises, dont il ne reste rien de plus tangible que de la salle de bain et du jardin. L'auguste amant aurait pu y doinier Il la fameuse inscription gravée de sa main sur vne vitre cette variante: Souvent maison varie! Celle-là, en effet, avait appartenu à Louis de Sancerre, connétable de France, dont les prédécesseurs y avaient réuni le séjour des évêques de Chartres ; Deuvet, maître-des-requêtes, avait ajouté h cela une maison en regard d'une ruellette qui descendait à la rivière.
Après avoir favorisé dé royales amours, le tout se divisa en hôtel d'O, dont une porte se retrouve au 5 de la rue Gît-le-Co'ur, et en hôtel de Luynes, duquel a dépendu le n"i7 du quai. Le chancelier Séguier, pendant la Fronde, pensa y être assassiné; mais des soldats, déguisés en ma(,;ons, n'y découvrirent pas sa cachette, dans une cham>bre où son frère l'évêque de Meaux, réfugié avec lui, se hâtait de le confesser : les assaillants s'en consolèrent en saccageant le reste de la maison. Le mariage de la fille du chancelier avec le duc de Luynes réunit un hôtel à l'autre encore une fois.
Dix lots en étant faits par x\lbert de Luynes, duc de Chevreuse, l'année 1671, l'un convint à Berrier, secrétaire du conseil, et de nouvelles constructions commencèrent, mais en respectant le plus possible des anciennes : circonstance oubliée toujours par les auteurs des ouvrages sur Paris, qui n'aiment pas h tenir compte de la répugnance