‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 86 sur 99 · RUE DU RENARD, ETC · texte numérisé non relu

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de-spectacle. Des amateurs y jouaient la comédie, au commencement delà République; des acteurs plus ambitieux leur succédèrent, en ouvrant au public payant le théâtre de la Concorde. Si la rue était trop étroite pour les voitures, il en fut autrement de la salle pour les piétons, qui ne s'y aventurèrent eux-mêmes que peu de temps. Ce théâtre était-il à gauche, ou bien à droite? D'un côté comme de l'autre il y avait eu place, sur des cours ou jardins d'anciens hôtels, pour cet établissement malencontreux. Quels étaient-ils donc, les hôtels d'une voie si peu carrossable? II se peut que le n° 1 de ce temps-ci ne soit pas absolument autre qu'une maison, située au même endroit, dont le propriétaire était Desnots, secrétaire des finances, vers la fin du xvii'' siècle. Mais les chiff'res impairs qui suivent ne montrent plus rien d'un hôtel qui communiquait aussi par une allée avec la rue Neuve-Saint-Merri et qui avait appartenu à René Potier, président au parlement : le conseiller d'État René de Marillac y avait pour voisins le président de Lesseville et M. de Buzenval; puis la maison passa au petitfils de M. de Marillac, le duc de la Trémoille, encore mineur, mais déjà pair-de-France et président des États-de-Bretagne par droit de naissance. Quant aux chiffres pairs, ils commencent et ils finissent aristocratiquement par une construction séculaire, sans compter le n" 10, qui se flatte d'avoir eu pour maîtres, durant le dernier siècle presque entier, les princes d'Orléans. Il nous paraît probable néanmoins que le propriétaire de cette maison, sous la Régence, fut un simple conseiller au parlement, Lucas, seigneur de Muin, qui en avait une autre adjacente, et non pas le régent. M. Lucas y tenait d'une part à Arnauld de Pomponne, conseiller d'État, garde-des-sceaux, abbé commendataire de l'abbaye Saint-Médard de

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Soissons, qui succédait lui-même au ministre, son père, et à son grand-père, Robert Arnauld d'Andilly, dans la propriété de son hôtel, ouvrant rue de la Verrerie. Seulement M. de Pomponne tenait aussi à la marquise de Castilly, dont la maison avait sa porte sur la rue du Renard-Saint- Merri.

Rue et Place Sainte-Opportune, (i)

Vendue nationalement le 24 novembre 1792, l'église Sainte-Opportune fut bientôt démolie. Des maisons la remplacent, entre la rue de l'Aiguillerie, la place Sainte-Opportune et la rue du même nom, qui s'appelait aussi de l'Aiguillerie quand la principale porte de l'église y donnait. Était-ce assez d'espace pour une église royale, collégiale et paroissiale, avec sa tour festonnée de fleurs de lis ? Pas trop : vous en pouvez juger. Mais les paroissiens pauvres remplissaient le chœur, tandis que le service curial se faisait dans une chapelle, sur le côté méridional 'de la nef. Le chapitre, au surplus, n'avait-il pas comme sous la main l'église des Saints-Iunocents, dont le cui'é était à sa nomination? Le jurisconsulte François Gonnan, élève de l'Italien Alciat, et que François P'' avait fait maîlre-des-requêtes, reposait à Sainte- Opportune, au-dessous d'une épitaphe en vers latins, qui témoignait de la douleur de sa veuve. On ne remarquait pas moins un superbe candélabre, dont Charles-Quint, en passant à Paris, avait fait présent à l'église. Plus anciennement il y avait eu des recluses dans une loge qui dépendait du cloître, notamment Agnès du Rochier : celte fille d'un gros marchand de la rue Thibautodé s'était enfermée là volontairement, le 5 octobre 1403, n'ayant que 18 ans, et elle y était morte à 98. A une époque encore plus reculée, Sainte-Opportmie avait été

(1) Notice écrite en 1864. La rue des Halles, qui traver?:e la place Samte-Opportune, est de création postérieure.

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