‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 3)Chapitre 30 sur 114 · NAGUÈRE NEUVE- SAINT-PAUL · texte numérisé non relu

NAGUÈRE NEUVE- SAINT-PAUL

Mrae de Serrant. Son mari, gouverneur des pages du duc d'Orléans, ne lui souffrait pour galant protecteur le fermier-général Bouret qu'à la condition pour celui-ci d'afficher également comme sa maîtresse Mme Filleul, femme d'un intéressé dans les affaires du roi. Les deux rivales, loin de s'arracher les yeux, prenaient leur mal en patience, et elles faisaient souvent de compagnie des parties de campagne à Croix-Fontaine, avec le financier. Mmu de Serrant était la locataire de M. de la Vieuville.

Plus tard, le citoyen Gardon a installé au cidevant hôtel La Vieuville une manufacture de tabac, remplacée vers 1808 par l'établissement des Eaux. L'hôtel ainsi transformé en usine s'était lui-même détaché du palais de Saint-Paul, sous le règne de Henri II. Les prédécesseurs de ce roi avaient fixé leur résidence au château des ïournelles, et, dès l'année 1516, Jacques de Genouillac, dit Galliot, grand-maître de l'artillerie, avait acquis de François Ier une portion du séjour abandonné.

Rue de Harlay-au-Marais. (1)

Les filles du Saint-Sacrement avaient reçu de la Ville, par voie d'adjudication, le terrain que ces religieuses avaient vendu au chancelier Boueherat ; le jardin de l'hôtel Boueherat, situé rue Saint- Louis (2), ne finissait qu'au Boulevard. La fille du chancelier, Anne-Françoise-Marie-Louise Boueherat, veuve de Auguste de Harlay, coi»seiller d'État, vendit en plusieurs lots une portion du jardin de l'hôtel, après avoir obtenu l'autorisation de percer la rue de Harlay, qui fut livrée à la circulation en l'année 1721 et sur laquelle le Saint-Sacrement avait une issue.

On y retrouve trois maisons séculaires qui ont perdu à la Révolution leur dénomination d'hôtels de Ruault, de la Blache et de Villars, et auxquelles se sont ajoutées des constructions.

La rue Neuve-de-Harlay, qui ne se distingue plus de la vieille, avec laquelle elle formait équerre, était perpendiculaire au Boulevard. Une place de 242 toises y échut à la susnommée Mme de Harlay, née Boueherat, par donation de Françoise de Loménie, seconde femme du chancelier Boueherat.

L'aînée de ces deux rues vit de bonne heure affluer les gourmands du Marais chez Leroux, pâtissier-traiteur, renommé pour « des pâtés en croûte fine de jambon de Bayonne, des dindons à la Gatinoîse, des têtes de veau farcies, etc.

(1) Notice écrite en 1861.

(2) Maintenant rue Turenne.

Rue Saint«Sébastien« (1)

L'enseigne d'un ébéniste pourrait avoir été, dès le commencement du siècle précédent, celle de la maison qu'il occupe, n° 12, et avoir fait changer en ce temps-là le nom de Saint-Etienne, que la rue tenait d'un autre tableau parlant. Mais une compagnie d'arbalétriers, dont Saint-Louis fut membre, avait pour patron saint Sébastien ; elle se fondit dans le covps des archers, chevaliers de l'Arquebuse et de l'Arc, qui avaient leur lieu de réunion et d'exercice depuis l'année 1604 à l'entrée actuelle de ladite rue quand la plantation des contr'allées du Boulevard, maintenant remplacées par des maisons, lit reporter le jardin de l'Arquebuse près la rue de la Roquette, en regard de la Bastille. Eu l'honneur de cette compagnie fut arborée probablement l'enseigne. Outre une barrière de la ville, la rue Saint-Sébastien ne comportait d'abord que des champs, des jardins et 6 maisons, dont celle que nous croyons sa seconde mère, construction basse assez curieuse. Un râtelier de mansardes en forme de guérites y borde une petite cour : on s'y croirait dans un château de cartes.

Un bâtiment d'aspect tout différent répond au chiffre 44 ; la rue n'en voit que le prolil, dans une muraille percée de jours irréguliers et d'une seule fenêtre, dont la ferrure est vieille. Cette habitation paraît avoir compté sur une avenue ou

(1) Notice écrite en 1861, avant que la rue fût traversée par le boulevard Richard-le-Noir et par celui du Prince- Eugène.

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