‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 3)Chapitre 7 sur 114 · RUE THOUIN, ETC · texte numérisé non relu

RUE THOUIN, ETC

et un jeu de longue-paume en occupaient d'abord tout un côté, où se trouvait, au siècle suivant, le marchand de vin Thiéry, à l'angle de la rue Bordet, aujourd'hui Descartes.

En ce jeu de paume avait été monté un petit spectacle par le farceur Legrand, dit Turlupin, et ses deux acolytes, Gros-Guillaume, Gautier-Garguille. Ils venaient tous trois du faubourg Saint- Laurent, où ils avaient été garçons boulangers avant que d'y monter sur les tréteaux de la foire, et ils s'étaient particulièrement arrêtés dans la région du Pont-neuf, en accomplissant le voyage d'outre-Seine qui avait mis le sceau à leur réputation. Les bouffonneries de ce triumvirat créaient un genre, éminemment railleur, et nous voyons encore des personnages du répertoire de Molière se turlupiner sur la scène. Les représentations données par Tui lupin et Cie près de l'abbaye ne duraient guère que de une heure à deux de relevée; on en voyait la farce pour 2 sols 6 deniers par place. L'esprit naturel des scènes qu'ils offraient au public avec succès, ne devait rien à l'atticisme ; néanmoins les comédiens privilégiés de l'hôtel de Bourgogne se plaignirent de celle concurrence au premier ministre de Louis XIII. Avant de faire droit à leur réclamation, le cardinal de Richelieu voulut se donner un plaisir que tant de monde avait pris à si bon compte sans lui, et qui allait être supprimé. Appelés à jouer au Palais-Cardinal, les trois acteurs y déridèrent si bien son Éminence qu'elle les fit entrer par ordre dans la troupe même de l'hôtel de Bourgogne. Près de là, en 1791, la place de l'Estrapade eut un théâtre des Muses, qui se ferma l'année suivante.

Les turlupinades, que l'envie avait poursuivies jusque-là, s'étaient pourtant bien éloignées de leur berceau. N'avaient-elles pas, en outre, un voisinage sinistre dans l'Estrapade? François Colletet, en son

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