RUE DES COUTURES-SAINT-GERVAIS
et de bien d'autres, dans notre ville, on ne comptait pas les chefs-d'œuvre.
Gessionnaire d'Aubert de Fontenay, Le Camus était secrétaire du roi ; il put même devenir l'un des présidents aux Aides de sa famille, qui fournit aussi un lieutenant-civil et un cardinal. Leur auteur, d'abord porte-balle, avait fait de petites affaires avant de se lancer dans les grandes : de son temps, une Le Camus avait épousé Particelli d'Émery, trésorier de l'argenterie du roi. Est-ce à un membre de leur famille qu'il convient d'attribuer le chiffre A. C, qui se répète dans l'ornementation locale ?
Des deux maréchaux de Villeroi, celui qui prit la place du susnommé était l'époux de Marie- Rénée de Montmorency-Luxembourg et le gouverneur de Louis XV.
Le comte de Melun habita, à son tour, probablement l'hôtel, sûrement la rue. Il y amena, dans la nuit du 10 au 11 mai 1728, deux jeunes pensionnaires que l'on aurait cru d'un couvent, mais qui l'étaient déjà de l'Opéra, bien que victimes d'un rapt tout-à-fait pur de leur complicité. L'aînée, qui avait 18 ans, résistait depuis quelque temps à une passion que M. de Melun disait plus exclusive. Cette D,,e M. A. Cuppi, dite Camargo, qui devint célèbre et que chanta Voltaire, avait pour père un gentilhomme espagnol ; les premiers galants qui s'étaient présentés avaient eu maille à partir avec l'hidalgo, qui apprenait bon ou mal gré à ne plus demander raison aux amants de ses filles que du refroidissement ou de l'abandon dont elles se plaignaient à dessein. D'après les chroniqueurs enragés contre la noblesse, Mlle Camargo avait quitté tout de suite l'hôtel de Melun avec indignation ; mais il ne serait pas impossible qu'elle eût pardonné jusqu'à un affront indirect, en demeurant plus longtemps encore la maîtresse