Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III
La pépinière aux dépens de laquelle fut élargi en 1782 le chemin du Roule- aux-Porcherons, avait mesuré 18 arpens. L'ancien chemin fut d'abord appelé rue des Pépinières, parce qu'il y en eut plusieurs. La plus ancienne, c'est-à-dire celle dont sortirent les rues d'Angoulème-Saint-Honoré (i) et de Bei»ri, fut donnée au comle d'Artois, qui devint plus tard Charles X. Il y eut même division dans l'autre, qui se trouvait du côté de Saint-Philippedu-Roule, dans le même faubourg, puisque la rue de Courcelles y passait d'outre en outre. On élevait dans ces pépinières des arbres et plantes exotiques, à la satisfaction des visiteurs, et de là venaient les jeunes tiges d'arbres, les arbustes et
(1) Notice écrite en 1861. Neuf années après, on donnait le nom d'un ma^strat, hcfmrae politique et fils d'un général, à la première moitié de la rue de la Pépinière, largement séparée de la seconde moitié par deux nouveaux boulevards à leur point d'intersection. L'élargissement pratiqué aux dépens des façades numérotées de chiffres impairs est complet jusque-là, et il s'en faut de peu au-delà. De plus, la place ménagée aux abords de la nouvelle gare de la rue Saint-Lazare prive la rue Abbatucci des maisons qui commençaient
naguère la rue de la Pépinière.
(2) Cette rue d'Angouléme est présentement de Morny.
rt RUE DE LA PÉPINIÈRE ET RUE ABBATUCCI,
les fleurs non-seulement du jardiu des Tuileries, mais encore, la plupart du temps, des jardins du château de Versailles et des autres châteaux royaux. Le cabinet d'histoire naturelle de l'abbé Nolin, directeur de la Pépinière, était facilement accessible et placé au second étage, dans le bâtiment qui donnait rue du Faubourg-Saint-Honoré.
Alors le bout de rue qui sépare la rue du Faubourg de la rue de Courcelles, s'appelait encore rue Neuve- Saint-Charles. Les maisons y formant pâté, à l'ombre de Saint-Philippe, étaient baillées â rente par la fabrique de cette église, nouvellement rebâtie.
La rue des Pépinières comptait 19 maisons du côté de la rue de Courcelles, depuis cette rue jusqu'à celle du Rocher, et l'on y remarquait les hôtels Puységur, d'Armaillé, Montmorin : noms sur lesquels se sont greffes depuis, dans les titres de propriété, plusieurs fois celui de Ségur, plusieurs fois celui de Bouille. La famille de Montmorin donnait vers cette époque un gouverneur de Fontainebleau et un ministre des affaires-étrangères, en dernier lieu de l'intérieur ; parmi les Puységur étaient en vue un officier de marine et un ministre de la guerre. Sur la même ligne que leurs hôtels, dans une caserne construite par Goupil, deux compagnies de gardes-françaises veillaient sur le magasin d'armes de leur régiment.
De l'autre côté de la rue, Charles de Wailly, architecte du roi, auteur de l'Odéon, avait dessiné trois hôtels, quise suivaient immédiatement ; celui du milieu pour M. Pajou, le n" 87. Ce sculpteur, auquel Louis XVI avait commandé les statues de Descartes, de Pascal, de Turenne, de Bossuet et de Buiïon, qui mirent le sceau k sa réputation, fut l'un des 48 premiers membres de l'Institut, nommés d'office pour procéder ensuite à l'élection des autres membres. Il mourut en 1809. M. Anatole Démidoff occupait la jolie maison de