‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon IIIChapitre 18 sur 66 · RUE D'ECOSSE · texte numérisé non relu

RUE D'ECOSSE

Chichereau, relieur aussi, dont l'atelier avait été précédemment celui de Bradel, inventeur des reliures à la Bradel, et Marchai, imprimeur, dont la location s'ajouta, en 1792, à celle de Chichereau. Lesdites propriétés avaient été substituées par le collège Sainte-Barbe aux débris d'un grand et vieux logis, portant l'image du Chaudron et relevant du chapitre de Saint-Marcel. Robert du Guast, curé de Saint-Hilaire, dernier principal de Cocqueret, avait doté Sainte-Barbe, en 1556, de cette maison au Chaudron, qu'habitait de son temps Mondel, libraire-juré, et sa femme, née Jeanne du Guast, proche parente du donateur.

Nous avons donc retrouvé cette enseigne qui valut à la rue trois siècles de chaudronnerie. Découverte qui fera, par malheur, peu de bruit dans la localité. A quoi donc pensent les étameurs qui, en assez grand nombre, couchent à la nuit dans cette rue, comme pour faire croire aux archéologues qu'elle s'appelle encore du Chaudron ?

Le collège des Ecossais, qui eut d'abord pour noyau quatre bourses, grâce à Jacques de Béthune, ambassadeur en France de Marie Stuart ou de Jacques II, son fils, valut à cette voie publique le nom qu'elle n'a plus quitté. Mal avisés ont été plusieurs écrivains, nos devanciers, d'oublier que cette institution s'inaugura rue des Amandiers-Sainte-Geneviève (i), à deux pas de Cocqueret, de Reims et de Sainte-Barbe, pour n'être transférée qu'en 1665 dans la rue des Fossés-Saint-Victor, qui n'est pas aussi voisine dé notre rue d'Ecosse !

(1) Présentement Laplace.

Rue fies Enl'aiits-Roug;es. (i)

La' D^^^ Riquet. — M. de Pressigny. — Tallard. — E Tutti Quanti.

Les poitrinaires n'étaient pas encore à la mode lorsque la D"« Riquet fut enlevée à 19 ans, avec les premières feuilles de sa dernière année et au crépuscule du matin, le 13 septembre 1760. Celte fille grêle, aux grands yeux bleus, avait déjà pris une retraite encore plus prématurée, comme danseuse de l'Opéra, et elle demeurait rue CroixdesPetits-Champs. On lui avait connu le comte de Brancas, M. Rouillé d'Orfeuil et le baron de Vambre. Mais le plus honnête des soupirs qu'elle eût exhalés de sa vie était reçu, à l'heure suprême, par M. de Pressigny, fils de M. de la Maisonrouge, à qui nul ne le disputait plus. On vit ce jeune homme, rue des Enfants-Rouges, rentrer chez lui avant qu'il fît grand jour, comme après une nuit passée dans la débauche. Dame ! il avait les yeux bien gros. Quelqu'un s'en aperçut et se demanda s'il n'avait pas perdu au i)haraon plus que la fortune de son père. Comment deviner qu'il venait d'assister, tout seul, aux derniers moments de la petite masque, ange du libertinage, qui, dans son incessante crainte d'être trompée par un amant, prenait toujours, la première, de l'avance? La mort est seule à ne jamais pardonner ! M. de Brancas héritait, par le fait, d'un contrat de rente viagère de 2,000 livres, constituée par lui à la défunte, et celle-ci laissait encore une petite fortune à sa propre famille, en mobilier et en diamants.

(1) Notice écrit"! en 1859.

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