‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon IIIChapitre 20 sur 66 · RUE DES ENFANTS-ROUGES · texte numérisé non relu

RUE DES ENFANTS-ROUGES

qui la tenait de Denis-Jean- Araelot de Chaillou, maître-des-requêtes. Saint-Simon fait ainsi le portrait du maréchal : « C'était un homme de médiocre taille, avec des yeux un peu jaloux, pleins de feu et d'esprit, mais qui ne voyaient goutte : maigre, hâve, qui représentait l'ambition, l'envie et l'avarice; beaucoup d'esprit et de grâce dans l'esprit,* mais sans cesse battu du diable par son ambition, ses vues, ses menées, ses détours, et qui ne pensait et ne respirait autre chose. » Devant l'ennemi, il n'est que trop vrai, Tallard essuya des revers, il fut prisonnier de guerre à Londres huit années; mais il eut aussi ses grands jours et il sut présenter au roi, sous le côté qui consolait, les événements les moins heureux de ses campagnes : — Sire, disait-il alors, nous avons pris à l'ennemi plus d'étendards que votre majesté n'a perdu de soldats!

Le fils aîné du maréchal mourut des blessures qu'il avait reçues, auprès de son père, à Hochstett ; les fiançailles de son autre fils avec une des filles du prince de Rohan se firent dans le cabinet du roi, et il s'y donna le plaisir de signer au contrat avant le père de la mariée. Cet héritier de ses biens et de ses titres, Marie-Joseph duc d'Hostun, comte de Tallard, gouverneur de Besançon, demeura sans postérité et laissa pour légataire universelle sa nièce, M""® de Sassenage, marquise de Pont, comtesse de Montellier, épouse séparée de biens du marquis de Sassenage. Puis la maison de la rue des Enfants-Rouges devint passagèrement hôtel Nicolaï, entre les mains d'un premier-président à la chambre des comptes.

Près du maréchal demeurait l'échevin Geoffroi, qui y laissa sa veuve et qui avait eu pour vendeur Trudaine, intendant des finances. Ledit financier était héritier de son aïeule, femme de Charles Trudaine, laquelle avait acquis en l'année 1655 des

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