RUE PORTEFOIN
Baudouin, intendant des finances. Le même immeuble nous paraît aussi l'ancien hôtel qu'eut en ladite rue le général baron de Menou, qui avait été député aux États-Généraux et qui mourut gouverneur de Venise en 1810.
N"' 13 et 15 : — ont fait partie du patrimoine de Fraguier, président en la cour des Comptes, fils et petit-fils aussi de magistrats. M'"^ de Catinat, née Fraguier, belle sœur du maréchal de Catinat, a disposé du 13 et l'a laissé. à M™« Huguet de Sémonville.
N^ii: —saisi sur Moreau et adjugé, en 1700, à Le Tonnelier de Breteuil, puis donné au comte de Froulay, dont la famille était alliée à celle de Créqui.
iV" 16. — M. et M"^-- Saint-Céran l'habitent sous Louis XVI, postérieurement h Lefebvre de Cauniartin, chevalier non-profés de Malte, premier gentilhomme du roi de Pologne, qui l'avait desa mère, née Fieubet. Les Fieubet y étaient de père en fils aux droits de Marguerite Saintot, veuve de Jacques de Creil.
N" 17. — Huguet de Sémonville, conseiller au parlement, et sa sœur, la comtesse d'Estrades, y ont succédé par voie d'acquisition à M"^*^ de Catinat, héritière de Nicolas Fraguier. Ce M. de Sémonville a eu pour fils M. Huguet de Montaran, secrétaire du roi, et pour petit-fils le marquis de Sémonville, grand-référendaire de la Chambre des pairs.
iV° 19. — Renaire, secrétaire du roi, l'avait acheté de Chassepot de Beaumont, qui lui-même était cessionnaire de la famille parlementaire des Fraguier. Robert Fraguier s'en était rendu adjudicataire au Châtelet, en l'année 1590, sur des poursuites exercées contre Nicolas des Roziers.
Rue Pa«^tourel. (i)
La rue Groignet, connue avant la fin du xni* siècle, devait sa désignation à Groignet, mesureur des blés du Temple ; Roger Pastourel y avait une maison sous le règne de Philippe VI, et son nom prit la place de l'autre pour plus longtemps. Jean Pastourel, seigneur de Groslay près Montmorency, siégeait au parlement de Paris en l'année 1378.
N*" 17 et 18: — appartenaient l'un et l'autre, avec leur jardin, à Desmarquets, bourgeois, y demeurant et y succédant aux Galland, famille de robe. Le grand-prieur de France en avait fait l'objet d'un bail à cens, au profil de Bernard Bidelin, le 23 mai 1464.
N" 7 : — à Prémiat, tapissier, acquéreur de Pierre d'Hozier, généalogiste de la cour.
N" 5. — La famille Montauglan l'avait pour hôtel sous Louis XIIL Un trésorier de France à Limoges le laissa 5 un maître-des-requêtes, qui eut pour héritier son fils, François de Creil de Soisy, colonel du régiment de Bassigny. Celui-ci, en 1709, vendait au père de M. de La Vieuville, gouverneur de Quillebœuf, gentilhomme ordinaire du roi. Les héritiers de ce dernier avaient à leur tour pour acheteurs Devaux, maître des-comptes, et sa femme, Agnès Blair. Prévost-d'Avèze, qui a écrit un livre sous ce titre: Un four en Irlande, et des articles littéraires dans la Revue de Paris, dans le Constitutionnel, avait sous Louis-Philippe un appartement
(1) Notice écrite eu 1860.
452 RUE PASTOUllEL.
de garçon ^i l'ancien hôtel La Vieuville : sa fin prématurée a laissé un grand vide au cœur de ses amis et au milieu du quartier si populeux du Temple, dont il était l'élégance à lui seul !
Rue Aubriol,
NAGUÈRE
«lu Puits, et rue «les Ouilleiuites,
EX CE QUI s'en appelait NAGUERE
«les l§(in^es. (i)
Charles V ne gouvernait encore le royaume qu'à litre de régent, durant la captivité de son père, quand il chargea Hugues Aubriot, prévôt de Paris, de présider, avec Etienne Marcel, le fameux prévôt des marchands, h l'établissement d'une enceinte qui agrandissait la ville. Cet Aubriot inaugura, en outre., le pont au Change, le pont Saint-Michel et la Bastille, où, en dehors des prévisions du programme, il eut le malheur d'être enfermé l'un des premiers. On vient de le donner pour patron à la rue du Puits, qui, en dépit de son nom, n'avait pas eu que des buveurs d'eau pour habitants.
L'épicurien Vallée-Desbarreaux y séjourna, mais peu de temps sans doute, lui qui changeait de climat selon les saisons. Ce poète libertin, qui fut probablement le même à qui Benserade écrivait Valleo Suo, et pour lequel Marion de Lorme eut sa première inclination, rétracta, dans un beau sonnet, au plus fort d'une maladie, l'incrédulité qu'il avait souvent affichée, et tous ses autres vers sont maintenant oubliés. Malheureusement le malade, une fois guéri, désavoua de plus belle cette palinodie, son seul titre littéraire pour la postérité.
(1) Notice éciite en 1870.