‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon IIIChapitre 61 sur 66 · RUE CENSIER · texte numérisé non relu

RUE CENSIER

serve des portes cintrées, contemporaines de l'époque où la me n'était qu'une irapas'=e ; presque tous ont pour occupants des mégissiers, des corroyeurs et des tanneurs, dont toutes les préparations sont facilitées à la fois par la Bièvrs canalisée qui donne, en passant par-derrière, la vie à ces propriétés.

No 34 : — petit hôtel à rampe d'escalier en fer bien conservé, qui a répondu à l'enseigne de la Belle-Elpile et qui a fait partie originairement d'une grande propriété de la rue d'Orléans. N'y faut-il pas appliquer tout ou partie du document qui nous apprend ^qu'en l'année 1660 maîlre Gervaise et sa femme, Suzanne de Sobre, étaient propriétaires par-là de deux maisons, lesquelles avaient été vendues 86 ans plus tôt i Antoine Legault par messire Henri de Mesme, sieur de Malaissise, de Roissy et du séjour d'Orléans, plus tard chancelier de la reine Louise^ veuve de Henri HI ? Tenez du moins pour assuré que ce 34 appartenait en 1756 à Anne Beaucheron, dame d'honneur de la princesse de Salm et veuve en premières noces de Goussault de Champoninet, capitaine des carabiniers, en deuxièmes noces de M. de Calan, gentilhomme de la reine, qui était veuve elle même de Jean Sobieski, roi de Pologne. Louis de Goussault d'Atimont, iils de cette dame d'honneur, hérita de la maison. Pour la vendre en l'an 1765 à Mi'e Cottiau, qui en fit pendant vingt années une fabrique de couvertures, à l'enseigne parlante du Cygne, il fallut à M. d'Atimont: 1° l'ensaisiuement des abbé et religieux de Sainte-Geneviève, seigneurs censitaires ; 2" la légalisation authentique de ladite vente par Marie- Thérèse d'Autriche, impératrice d'Allemagne, reine de Hongrie, duchesse de Luiembouig, au service de laquelle était attaché le vendeur.

Etiie» diaS>aiiai!!i ci Cliérubini. (i)

Le M'^ de Chàbanais. — Chéruhini. — Les Demi- Cours. — 'AI. Delécluze. — Le général Digeon. — La Maîtresse de Chénier. — Ladvocat. — Huvé. — Chamfort. — Pichegru.

A la première année du règne de Louis XVI remonte seulement, l'ouverture de cette rue, sur terrain provenant de l'hôtel de Saint-Pouange et aux frais de Claude-Théopliile-Gilbert de Colbert, marquis de Chàbanais : les Saint-Pouange étaient aussi des Colbert. Cette rue formait d'abord rectangle en partant de la rue Neuve-des-Petits-Champs pour rejoindre la rue Sainte-Anne ; mais les propriétaires riverains ouvrirent, en 1838, une souscription, pour subvenir h la dépense d'un percement, qui fut autorisé après qu'elle fut couverte. Ainsi se prolongea jusqu'à la place Louvois l'une des des deux branches de la rue en équerre, pendant que l'autre s'émancipait, entre les rues Chàbanais et Sainte-Anne, sous le nom du célèbre compositeur Chérubin!, dont le Requiem venait de se chanter pour lui-même. Cette séparation n'a supprimé que l'immeuble qui se trouvait le plus au milieu. La plupart des autres maisons ont conservé l'uniformité extérieure de leurs entresols, aux ouvertures arquées, et d'autres rapports de physionomie originels. L'éclaircie intermédiaire n'a pas manqué de donner plus de jour aux façades ; mais les cours n'en sont pas moins exiguës qu'avant ; la demi-obscurité y maintient une odeur stagnante

(!) Notifie écrite en 1858.

Page 1