CHAPITRE DIX-HUITIÈME
(a) Historique. Une demoiselle canadienne de famille noble, dont je tairai le nom, refusa, dans de semblables circonstances,
la main d’un riche officier écossais de l’armée du général Wolf.
(b) Les anciens Canadiens détestaient le thé. Les dames en prenaient quelquefois, comme sudorifique, pendant leurs maladies, donnant la préférence, néanmoins, à une infusion de camomille. ‘
Lorsque la mère de l'auteur, élevée dans les villes, où elle fréquentait Ja société anglaise, introduisit le thé dans la famille de son beau-père, après son mariage, il y a soixante-et-dix-huit
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ans, les vieillards se moquaient d’elle en disant qu’elle prenait cette drogue pour faire der A et qu’elle ge devait y trouver aucun goût, TE
deux notaires qui passaient régulièrement tous les trois mois, chargés de leur étude, dans un sac de loup-marin, pour ia préserver de la pluie. Ces braves gens se passaient bien de voûtes à l'épreuve du feu : dans un cas d'incendie, ils jetaient sac et stude par la fenêtre.
11 y avait certainement, alors, des notaires très-instruits an Canada : leurs actes en font foi; mais il y en avait aussi d'une ignorance à faire rayer du tableau un huissier de nos jours.
Un certain notaire de la seconde catégorie rédigeait un acte pour une demoiselle, fille majeure. Il commence le préambule, Fut présente demoiselle L........., écuyer.
— Oh! fit le père de l’auteur, une demoiselle, écuyer !
— Alors, écuyÿère, dit le notaire pensant s'être trompé de genre. |
— Bah! M. le notaire 1 biffez-moi cela.
— Eh bien! écuyèresse ! s'écria le notaire triomphant.
(d\ ‘Ni la distance des lieux, ni la rigueur de la saison, w’mpêchaient les anciens Canadiens qui avaient leurs entrées au château Saint-Louis, à Québec, de s'acquitter de ce devoir:
-les plus pauvres gentilshommes s’imposaient même des privas tions pour paraître décemment à cette solennité. Il est vrai de dire que plusieurs de ces hommes ruinés par la conquête, et vivant à la campagne sur des terres qu'ils cultivaient souvent de leurs mains, avaient une mine-assez hétéroclile en se présentant au château, ceints de leur épée, qu'exigeait l'étiquette d'alors. Les mauvais plaisants leur donnaient le sobriquet « d'épétiers ;» ce qui n’empêchait pas lord Dorchester, pendant tout le temps qu'il fut gouverneur de cette colonie, d’avoir les mêmes égards pour ces pauvres cépétiers,»s dont il avait éprouvé la valeur sur les champs de bataille, que pour ver plus favorisés de la fortune. Cet excellent homme était souverg éttendri jusqu'aux larmes à la vue de tant d’infortune,
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