‹ Les anciens canadiens [microforme] (volume 5)Chapitre 42 sur 44 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈMA · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈMA

(8) Un oficier distingué de la cité du Détroit, ci-devant compee dans les limites du Haut-Canada, le colonel Caldwell, qui avait fait les guerres, de 1775 et 1817, contre les Américains, avec les alliés sauvages de l'Angleterre, racontait cette aventure assez extraordinaire, L'auteur ayant demandé à plusieurs des parents et des amis du colone: quelle foi on devait ajouter à cette anecdote, tous s'accordaient à rendre témoignage à :a véracité du colonel, mais ajoutaient qu'ayant fait longtemps la

guerre avec les sauvages, il était imbu de leurs superstitions.

Le colonel Caldwel!, qui a laissé une nombreuse postérité dans le Haut-Canuda, avait épousé une des filles de l'honorable

Jacques Dupéron Baby, tante de la femme de l'auteur,

(b) Cette maiheureuse savane faisait autrefois le désespoir des voyageurs, non-seulemer:t l'automne et le printemps, mais aussi

pendant les années de séch:resse, car la tourbe s'enflammait

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alors souvent par l'imprévoyance des fumeurs et flambait pendant des mois entiers. Chacun se plaignait, jurait, tempêtait contre la maudite savane. Toutefois il faut dire que si elle avait beaucoup d’ennemis, elle avait aussi de chauds partisans. José (sobriquet donné aux cultivateurs), tenait à sa savane par des liens bien chers : son défunt père y avait brisé un harnais, son défunt grand-père y avait laissé les deux roues de son cabrouet, et s'était éreinté à la peine ; enfin son oncle Baptiste avait pensé y brûler vif avec sa guevalle. Aussi le grand-voyer, M. Destimauviile, rencontra-t-il beaucoup d'opposition, lorsqu'il s'occupa sérieusement de faire disparaitre cette nuisance publique. Il ne s'agissait pourtant que de tracer un nouveau chemin à queiques arpents, pour avoir une des meilleures voies de la côte du Sud. Tous les avocats du barreau de Québec, heureusement peu nome breux &lors, (car il est probable que le procès ne serait pas encore terminé), furent employés pour plaider pour ou contre l’aimable savane: mais, comme un des juges avait, un jour, pensé s’y, rompre le cou, le bon sens l’emporta sur les arguties des, hommes de loi et le procès-verbal du grand-voyer fut maintenu. Les voyageurs s’en réjouissent : la savane défrichée produit. d'excellentes récoltes, mais il ne reste plus rien, hélas! pour défrayer les veillées, si ce n’est les anciennes avaries arrivées, il y a quelques cinquante ans, dans cet endroit,

(ce) Les enfants des cultivateurs ne mangeaient autrefois à la table de leurs père et mère qu'après leur première communion. Il y avait, dans les familles aisées, une petite table très-basse pour leur usage ; mais généralement les enfants prenaient leurs repas sur le billot; ily en avait toujours plusieurs dans la cuisine, qui était quelquefois la chambre unique des habitants. Ces billots suppléaient dans l'occasion à la rareté des chaises, et servaient aussi à débiter et hacher la viande pour les tourtières (tourtes) et les pâtés des jours de fêtes. 11 ne s'agissai que de retourner le billot, suivant le besoin. Dans leurs petites querelles, les enfants plus âgés disaient aux plus jeunes : Tu manges encore sur le billot! ce qui était un cruel reproche pour les petits.

(d) Le récit de ce meurtre, raconté par le capitaine des Ecors, est entièrement historique. Un des petits-neveux de l’infortuné Nadeau disait dernièrement à l’auteur que toute sa famille croyait que le général Murray avait fait jeter à l’eau les deux orphelines dans le passage de l’Atlantique, pour effacer toute trace de sa barbarie, car on n'avait jamais entendu parler d'elles depuis. Il est plutôt probable que Murray les aura comblées de bions, et qu'elles sont aujourd’ui les souches de quelques familles honorables. L'auteur a toujours entendu

dire, pendant sa jeunesse, à ceux qui avaient connu lc général

(71 Murray, et qui ne l'aimaient pourtant guère, que son repentis avait été réel.

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