CHAPITRE ONZIEME
e entouré
a gorge.
t-Canad {:) C'était, je “icis, en 1896: toute la famille était à table chez mon y} *vanada père à Saint-Jean-Port-Joli, vers une heure de relevée, lorsque nous Eu a à fûmes témoins d’un semblable phénomène. Comme le soleil brillait de se fut ac-
son plus bel éclat, la détonation, qui ébranla le manoir jusques dans ses fondements, ne pouvait être, comme nous le pensâmes d’abord, l'eifet de la foudre. On aurait pu croire que l'immense farinier, mesurant ui. pieds de longueur, qui etait dans le grenier, avait été soulevé jusqu’au toit par le fluide électrique, pour retomber de tout son énorme poids sur le
mi, avant plancher. Je laisse aux physiciens le soin d'expliquer la cause de ce phé-
nomène, t-Canada, te irmée rést impos- (b) Les grands poètes observent avec soin la nature humaine; rien ne n'ont eu leur échappe. En lisant Notre-Dame de Paris, cette belle conception de s officiers Victor Hugo, je fus particulièrement frappé de la scène si touchante de
la recluse, couvrant de larmes et de haisers le petit soulier de l’Esmeralda, car elle m'en rappela une semblable,
Ma mère avait perdu une petite fille de six ans, mon unique sœur: elle en eut tant de chagrin que nous n’avons jamais osé prononcer le nom de l'enfant en sa présence. Près de dix ans après cette perte cruelle, j'entrai, par distraction, dans sa chambre à coucher, sans frapper à la porte: je la trouvai toute en larmes, assise sur le tapis près d’une commode, dont le tiroir inférieur, toujours soigneusement fermé à la clef, était alors ouvert,
—Qu'avez-vous, ma chère mère? lui dis-je en l’embrassant. —Je n'ai plus, dit-elle, que ce petit soulier, qui me la rappelle, que je baise et que j’arrose souvent de mes larmes!
En effet, ma famille, aussitôt après la mort de l'enfant, avait cru de- | voir faire disparaître tous les objets dont ia vue pouvait nourrir la douleur de la mère, mais sa tendresse in “rieuse en avait soustrait ce petit sou:ie- ‘, l'insu de tout le monde,