Baldegisilua. Aldricus
10 S. Bertichraranus. Rotbertus.
S. Hadoindus. Lanbertus.
S. Berarius. 25 Gynherius.
Aiglibertus. Hucbertua.
(l) A = Par. 4955; B = Reg. 711 a; C = Reg. 450. Je suis presque toujours l'orthographe de B, mieux conservée que celle des deux autres manuscrits et plus voisine de celle du catalogue original.
Mainardus. 35 Guido.
Segenfredus. Hugo.
Avesgaudus. Guillelraus.
30 Gervasius. Rainaldus (1).
Ulgrinus. Hamelinus (2).
Arnaldus. 40 Nicolaus (3).
Hoellus. Mauricius (4).
Hildebertus.
Variantes. — 3. Pavacius B — 7 Prinpius A C — 9. Bardegisilus A C — 10. Bertrannus A C — 11. Hardoindus A C — 14. Herlemondus A C — 16. Hellemondus A C — 20. Franche B — 21. Francho B — 23. Robertus A C — 25. Gonhertus A : Gonbertus C : = Hunherius B : correxi. — 26. Hubertus A C — 32. Ainardus C — 35. Guiddo B.
D'après ce qui vient d'être dit , le catalogue manceau remonte, en dernière analyse, à un auteur relativement ancien, mais fort suspect, celui des Actes des évêques du Mans et des Fausses Décrétâtes (5). Cependant, on n'est pas fondé à croire qu'il ait, en ce qui regarde les noms et la suite des évêques, falsifié la tradition, s'il y en avait une. Il a sans doute inventé la plupart des choses qu'il raconte à propos de ces prélats ; mais il n'avait aucune raison d'imaginer de toutes pièces une liste épiscopale, si surtout il en existait déjà une. C'est ainsi que, tout en fabriquant des lettres sous le nom des anciens papes, il s'est abstenu de dénaturer le catalogue pontifical connu de son temps ; qu'il s'est même attaché à suivre le Liber pontificalis , au
(1) c seul ; B de deuxième main.
(2) B seul et de deuxième main.
(3) B seul et de troisième main.
(4) B seul est de troisième main.
(5) Je n'ai , quant à moi , aucun doute sur l'identité entre lauteur des Actes et celui des Fausses Décrétales, Les travaux de MM. B. Simson (Die Enstehung der Pseudoisidorischen Fàlschungen in Le Mans, Leipzig, 1886), et Paul Fournier [Nouvelle Revue historique de droit, janvier-février 1887), me paraissent l'avoir suffisamment établi. Mais, comme la meilleure démonstration a toujours besoin d'un certain temps pour entrer dans les habitudes d'esprit, cette identité n'est pas encore acceptée par tout le monde. Il suffit d'ailleurs d'avoir fabriqué les Actes des évêques du Mans, les Gestes d'Aldric et tout (ou presque tout) le chartrier qu'ils renferment, pour mériter d'être traité de suspect.
besoin à y chercher des références. Tout se réduit donc à savoir s'il existait au Mans, avant lui, une liste des évêques. On ne peut le démontrer directement. Cependant l'analogie offerte par les listes épiscopales de Tours, d'Angers, de Nantes, pour ne rien dire des églises d'autres provinces, permet de croire qu'au Mans aussi on possédait ce minimum d'histoire épiscopale, et qu'ainsi l'auteur de tant de pièces apocryphes n'a pas eu à inventer celle-là. Maintenant, était-elle conforme à celle dont il se servit d'abord et qui renferme de si graves erreurs, ou à celle qu'il suivit ensuite et qui est vérifiée par les documents? C'est ce qu'il est, je crois, impossible de savoir.
Jusqu'ici je ne me suis inquiété que des noms et j'ai négligé les chiffres. Que valent-ils ? Quelle conflance leur accorder? Je vais montrer qu'ils n'en méritent aucune et qu'ils ont dû être disposés arbitrairement.
L'évêque Merolus était vivant en 774, Gauziolen en 765; il n'y a que neuf ans entre ces deux dates ; le catalogue intercale, entre Merolus et Gauziolen, deux autres prélats auxquels il attribue respectivement neuf et deux ans : deux ans de trop, au moins, car rien ne prouve que Gauziolen soit mort juste en 765.
L'évêque Hadoindus était vivant en 650; entre lui et Gauziolen le catalogue compte, dans la première rédaction, cent vingt-sept ans, dans la seconde quatre-vingt-seize. A tort, dans les deux cas, car en ajoutant à l'un ou l'autre de ces nombres les cinquante ans qu'il accorde à Gauziolen', on arrive soit à 827, soit à 796, bien au delà du terme possible de l'épiscopat de Gauziolen.
L'évêque Bertram fut nommé en 586; le catalogue lui accorde trente-sept ans d'épiscopat , ce qui conduit à l'année 623; puis vient Hadoindus qui siège quarante-huit ans; celui-ci ne serait donc pas mort avant 671; dès lors ce n'est pas seulement jusqu'à 827 ou 796 qu'il faudrait reporter le terme du pontificat de Gauziolen, c'est jusqu'à 848 ou 817.
L'évêqiie Aldric fut ordonné à la fm de l'année 832. Entre lui et Gauziolen, le catalogue place six évêques qui auraient siégé ensemble quatre-vingt-huit ans ; Gauziolen serait donc mort en 757 : or il était vivant en 765.
L'évêque Domnolus siégea vingt-deux ans ; cette durée est attestée par Grégoire de Tours (1) ; or le catalogue le fait siéger quarante-sept ans moins six jours.
Si l'on songe que les vérifications ne sont possibles qu'en un très petit nombre de cas, on trouvera qu'une chronologie si souvent et si gravement en défaut est déjà fort suspecte par elle-même. Si l'on considère ensuite qu'elle a passé par la plume du plus illustre des faussaires, on sera fondé à la considérer comme sortie de son imagination et à n'en tenir aucun compte.
Les chiffres écartés et l'expression de la tradition mancelle étant réduite à la liste épiscopale , le premier évêque pour lequel nous ayons une date certaine est Victurius, qui siégea en 453 au concile d'Angers. Maintenant, comme la liste présente deux Victurius consécutifs, on peut se demander duquel des deux il s'agit. Après le deuxième vient un évêque, Principius, qui vivait en 511 ; entre 453 et 511 l'intervalle est long : on serait donc porté à croire que le Victurius de 453 est le plus ancien. Quatre évêques seulement l'ayant précédé , il n'y a pas lieu de reporter bien haut, dans le quatrième siècle , la fondation de l'évêché du Mans. Julien, le premier évêque, sera, comme Defensor d'Angers, un contemporain de Valentinien, peut-être des fils de Constantin.
Si l'on identifiait Victurius II avec l'évêque de 453 , on aurait cinq évêques au lieu de quatre pour le quatrième siècle et la moitié environ du cinquième. Le résultat chronologique, en ce qui regarde la date des origines, n'en serait guère modifié.
Après Principius, qui siégea au concile de 511, nous ren-
(1) Hist. Fr., VI, 9.
controns Innocentius à ceux de 533 et de 541 ; dans le premier, son nom seul est conservé, sans indication de siège. Il eut pour successeur Domnolus dont les dates, de même que celles du suivant, sont fournies par Grégoire de Tours [Hist. Fr., VI, 9; VIII, 39). Bade.gisile mourut en 586, au commencement de sa sixième année d'épiscopat ; il avait donc été ordonné en 581. Entre lui et Domnolus il y eut une vacance d'au moins quarante jours. Domnolus avait siégé vingt- deux ans : son avènement se place ainsi en 559 (1). Ces données concordent avec les signatures des conciles : Domnolus figure à celui de Tours , en 567 , Badegisile à celui de Chalon-sur-Saône, en 585.
Bertegrannus, qui lui succéda aussitôt, assista au concile de Paris en 614 ; le nom d'Hadoindus figure parmi les signataires des conciles de Clichy, en 627, et de Châlon, vers 650 ; à ce dernier il était représenté par un légat. Un évoque Berecharius et un autre appelé Ayglibercthus , sont mentionnés dans des chartes authentiques (2) de novembre 659 ou 660 et du 6 mars 697 , mais sans désignation de siège; ils sont peut-être identiques au Berarius et à l'Aiglibertus de notre catalogue.
Gauziolenus assistait à l'assemblée d'Attigny, en 765; Merolus est mentionné dans un diplôme du 19 février 774 (3).
C'est tout ce qu'on peut trouver, en dehors des Actus, de données chronologiques certaines relatives aux prédécesseurs d'Aldric. Celui-ci, d'après son biographe, fut élu le 9 novembre 832 et ordonné le 22 décembre de la même année.
A partir d'Aldric , les chiffres du catalogue représentent
(1) Le pseudo-Faustc (Odon de Glanfe'uil ; Mabillon, Acla SS. 0. S. B. , t. I, p. 289), à qui nous devons une histoire complèloment fabuleuse de saint Maur, le célèbre disciple de saint Benoit, fait siéger Domnolus après Bertigrannus. Ce n'est pas le seul accroc que ce faussaire ait fait aux listes épiscopales de la région.
(2) Pardessus, t. II, p. 108, 535.
(3) Bôhmer-Mùlhb., 156.
une tradition sérieuse; ils sont quelquefois un peu arrondis : on néglige les mois et les jours ; mais nulle part ils ne contredisent des dates établies d'ailleurs.
1" LE CATALOGUE PRIMITIF (iX* siècle).
La plus ancienne forme connue du catalogue épiscopal d'Angers est celle que contient le manuscrit Parisinus 3837, à la fin d'un recueil canonique composé des deux collections de Denys-le-Petit , celle des conciles et celle des décrétâtes. Il en est séparé par un provincial de Gaule et de l'empire romain. Voici cette liste :
Brève de illis (1) episcopis Andegavinis.
Defensor episcopus.
Epodemiiis episcopus.
Prospcriiis episcopus.
Maurilio episcopus (î).
5 Thalasius episcopus.
Eumerius episcopus.
Eustochius episcopus.
Adelflus episcopus, Albin us episcopus.
10 Domicianus episcopus.
Baudigyselus episcopus.
Audoinus episcopus.
Licinius episcopus.
Chaidulfus episcopus.
15 Magnobodus episcopus.
Niulfus episcopus.
Lupus episcopus.
Acglibertus episcopus.
(1) Le mot illis a été gratté ; cette transformation du pronom ille en article, assez commune en France au huitième siècle, fut naturellement répudiée au siècle suivant par les clercs instruits.
C^) Dans l'entre-lignc, au-dessous de Maurilio, une main du seizième ou du dix-septième siècle a écrit : Hic vcteres cartae Andecavensis ecclesian Renatum. L'origine de cette variante est expliquée plus loin.
Godobertus episcopus. Bertus episcopus.
20 Gariharius episcopus. 25 Sadrius episcopus.
Boso episcopus. Mauriolus episcopus.
Colathobus episcopus. Gentianus episcopus.
Benignus episcopus. Benedictus episcopus.
Cette liste, autant qu'on peut la vérifier, concorde parfaitement avec les documents authentiques. Le premier évêque, Defensor, est évidemment celui dont il est question dans la vie de saint Martin (c. ix), par Sulpice Sévère ; c'était le plus ardent parmi les prélats qui s'opposaient à l'élection du saint. Il vivait donc en 372, ce qui suppose que le siège d'Angers ne remonte pas au delà de l'âge constantinien. Il peut, à la rigueur, avoir été fondé sous Constantin, plus probablement sous ses fils (337-361); rien ne prouve qu'il ne l'ait pas été sous Jovien ou Valentinien, postérieurement à l'année 363. On ne se trompera pas de beaucoup en le datant du milieu du quatrième siècle environ.
L'évêque Maurille mourut le 13 septembre 453, après un épiscopat de trente ans. Cette durée est indiquée dans sa biographie, écrite par son successeur Magnobodus, en 619 ou 620; on peut s'y tenir et admettre, en conséquence, qu'il fut élu en 423. Les cinquante ans qui séparent cette date de l'année 372 correspondent sans difficulté à la fin de l'épiscopat de Defensor et à ceux de ses deux successeurs, Apodème et Prosperius. Rien ne s'oppose à ce que l'Epodemius de la liste soit identique à l'évêque Epetemius qui siégea au concile de Nimes en 394. Mais cela n'est pas sûr.
Thalassius^ successeur de Maurille, fut ordonné le dimanche 4 octobre 453 ; cette date est marquée en tête du concile d'Angers, tenu à l'occasion de son ordination. Il vivait encore en 461 , lors du concile de Tours, et , un peu plus tard , lors du concile tenu à Vannes pour l'ordination de saint Paterne.
En 511, l'évêque Eustochius assistait au concile d'Or-
léans. On n'a aucune donnée pour déterminer le commencement et la fui de son épiscopat ; sur son prédécesseur Eumerius et son successeur Adelfius tout renseignement fait défaut.
Albinus (saint Aubin) siégea , nous dit sa vie , due à la plume de Fortunat, vingt ans et six mois. C'est de son temps que furent tenus les conciles d'Orléans de 538 et 549 (1).
Domitien, son successeur, figurait au concile de Paris, tenu peu après l'année 556, et au concile de Tours en 567. On ne sait rien de Baudigisilus qui vient après.. En revanche les deux suivants , Audoinus et Licinius , sont mentionnés , l'un à l'année 590 par Grégoire de Tours (2), l'autre dans l'adresse d'une lettre de saint Grégoire le Grand, écrite en 601 (3).
Chaidulfus est inconnu. Il n'en est pas de même de Magnobodus, l'auteur de la vie de saint Maurille, qui a eu soin de marquer en tète de ce livre la date de sa composition, la trente-sixième année de Clotaire II, c'est-àdire l'an 619-620 de notre ère. Il ajoute qu'il était alors dans sa dixième année d'épiscopat, ce qui suppose qu'il avait été ordonné en 609-610. 11 siégea aux conciles nationaux de 614 et 627.
Sur les neuf évêques suivants nous n'avons aucune donnée en dehors du catalogue; ils remplissent assez bien l'espace qui sépare l'année 627 de l'année 756, date à laquelle apparaît Sadrius (4). Mauriolus figure au concile d'Attigny , en 765 ; en 770 il reçoit de Charlemagne un diplôme d'immunité (5). Après Gentianus, dont on ne sait
(1) Il résulte de là, en tenant compte des dates de son successeur, que saint Aubin a été ordonné au plus lût en 529, au plus lard en 536.
(2) Hist. Fr., X, \'i ; sous la forme Audioveus,
(3) Ep. XI, 58; Jaffc, 1831.
(4) Sa signature au privilège de Chrodogang pour le monastère do Gorzc. Hardouin, t. III, p. 2008.
(5) Bôhmer-Miilhb. , 134; Gall. ChrisL, t. XIV, p. 144 (Instr.).
rien , Benoît figure dans un diplôme de Louis le Pieux, du 23 octobre 816 (1).
Toutes ces vérifications prouvent évidemment que le catalogue du neuvième siècle dérive d'une tradition des plus sérieuses. Malheureusement il ne se maintint pas dans sa sincérité primitive, ainsi qu'on va le voir.
2° LE CATALOGUE d'archanald {x« siècIe).
La seconde forme du catalogue se rencontre dans un certain nombre de manuscrits isolés ou de recueils :
1° Un manuscrit de l'abbaye de Jumièges, du douzième siècle, Rofhomagensis 1387, dont une copie, pour la liste épiscopale d'Angers, figure dans les papiers des Bénédictins {Parisin. 13069);
2° Un manuscrit de l'abbaye de Fécamp, du onzième siècle {Parisin. 5359), contenant quelques vies de saints, entre autres celle de saint Maurille , remaniée par Archanald ;
3° Le manuscrit (2) de l'abbaye de Vendôme, du onzième siècle (Parisin. 13758), contenant aussi des vies de saints et notamment les diverses vies de saint Maurille.
4° Le manuscrit (3) de Saint-Aubin d'Angers, du onzième siècle {Vat. Regin. 465), contenant un recueil de vies de saints d'Angers, saint Maurille, saint Licinius, saint Magnobode et saint Aubin,
5° Les trois manuscrits (4) du second recueil de Saint- Aubin d'Angers (douzième siècle),
6" Le recueil de la Grande Chronique de Tours (5).
Dans les quatre premiers manuscrits, le catalogue est précédé d'un titre :
Nomina praesulum qui ex initia christia7iitatis jjer successiones Andegavensem rexerunt ecclesiam.
(1) Bôhmcr-Mulhb., G14.
(2) Voy. ci-dessus, p. 4.
(3) Voy, ci-dessus, p. 3,
(4) Ci-dessus, p. .").
(5} Ci-dessus, p. (S.
Ce titre est abrégé dans le second recueil de Saint-Aubin : Nomina praesulum Andegavensium. Il a disparu dans la Chronique de Tours.
Tous ces textes, sauf celui de Tours, ajoutent au nom de Defensor la qualification de primus : Primus Defensor ; tous ils ont, de plus que la liste du neuvième siècle, un Renotus au cinquième rang , entre saint Maurille et Thalassius. Les trois derniers recueils ont de plus un Eutropius , qui, dans le manuscrit n° 4, occupe la huitième place, entre Eustochius et Adelfîus; dans le second recueil de Saint-Aubin, la onzième, entre Albinus et Domitianus; enfin dans le recueil de la Chronique de Tours ^ la quatorzième, entre Audoinus et Lizinius.
Les deux premiers s'arrêtent à Rainaldus (f 1010), le troisième à Eusèbe (f 1081), le quatrième à Hubert (f 1047), le second recueil de Saint-Aubin à Raoul (f 1197), la Chronique de Tours à Guillaume de Beaumont (1203-1240).
Au premier examen, on reconnaît que le nom d'Eutropius , dans les trois derniers manuscrits ou groupes de manuscrits, représente une interpolation postérieure. Ce nom manque au catalogue du neuvième siècle et aux plus anciens exemplaires de celui que nous étudions présentement. Quant à ceux qui le contiennent, ils ne s'accordent pas sur la place à lui donner, signe caractéristique, en ce genre de choses, d'une retouche faite après coup. Il faut donc , pour avoir le catalogue d'Angers tel qu'il était reçu au commencement du onzième siècle, s'en tenir aux trois premiers manuscrits. Voici leur texte (1) :
Nomina praesulum qui ex initio christianitatis per successiones Andegavensem rexerunt ecclesiam.
Primus Defensoi' episc0[)us. Prosperius episcopus.
Apotemius episcopus. Maurilius episcopus,
(1) Dans les variantes, A désigne le manuscrit de Jumièges ; B celui de Fécamp ; C celui de ^'cndomo. Je dois ù M. labbé Sauvage une collation
du premier de ces l'.iaiiuscrits
5 Renatus episcopus. 25 Bertus episcopus.
Thalasius episcopus. Satriiis episcopus.
Eumerius episcopus. Mauriolus episcopus.
Eustochius episcopus. Gentianus episcopus.
Adelfius episcopus. Benedictus episcopus.
10 Albinus episcopus. 30 Flodegarius episcopus.
Domitianus episcopus, Aigleharius episcopus.
Baudigisilus episcopus. Dodo episcopus.
Audoinus episcopus. Raitio episcopus.
Licinius episcopus. Rothardus episcopus.
15 Chaidulfus episcopus. 35 Rainaldus episcopus.
Magnobodus episcopus. Herveus episcopus.
Niulfus episcopus. Aimo episcopus.
Lupus episcopus. Nefingus episcopus.
AgUbertus episcopus. R,ainaldus episcopus.
20 Godobertus episcopus. M) Hucbertus episcopus.
Cariharius episcopus. Eusebius episcopus.
Boso episcopus.
Colathobus episcopus.
Benignus episcopus.
Variantes. — Titi-e : presulum A G — inicio B — Andecavensem C. — seccl. A — 1. Au-dessus de Defensor, dans l'entreligne, C, m. poster. : Hic est qui s. Martinu//// — 6. Talasius A B — 7. Numcrius A : lumerius (?) C — 10. Après Albinus : Eutropius episcopus C, ajouté après coup dans l'entreligne — 11. Domicianus A B — 12. Bajidegisilus C, mais les lettres en italique sont de deuxième main — 15. Cahaidulfus A B — 21. Gariarius A B — 23. Colatobus A B — 28, Gencianus B — 30. Frodegarius B — 31. Aigleharius episcopus om.. A B — 33. Rayno B — 35. Rainaldus episcopus om. A B — 36. Hei'veus episcopus om. A B — 37. Haymo A B — 38, Nesingus A — 39, Raynaldus A B — 40. Hucbertus episcopus om. A B — 41. Eusebius episcopus om. A B. — Après Eusèbe , une main postérieure a ajouté dans C : Goffridus episcopus, Goffridus episcopus, Rainaldus episcopus, Vigerius episcopus, Normannus episcopus, Mathous episcopus, Goffridus episcopus, Radulfus episcopus, Guillelmus episcopus. En marge du nom de Normannus , une main encore plus tardive a écrit : Auxilius , Eutropius. — Les manuscrits A et B ne répètent pas le mot episcopus après le nom de chaque évéque. Ils ne le joignent qu'au nom. de Defensor.
Ce texte, encore une fois, nous est attesté par des manuscrits du onzième siècle ; mais on peut démontrer qu'il remonte beaucoup plus haut et qu'il a été constitué aux environs de l'an 900.
L'église d'Angers possédait, depuis le commencement du septième siècle, une vie de saint Maurille , rédigée en 619
OU 620 par son successeur Magnobode (1). En 905, sur l'ordre de l'évêque Raino, le diacre Arclianald en écrivit une autre, qui fut mise en circulation sous le nom de Grégoire de Tours, pour lui donner plus d'autorité (2). Comme il n'était pas possible de dissimuler l'œuvre de Magnobode, ni de la concilier , sur certains points, avec la nouvelle rédaction , on eut soin de la démarquer elle-même et d'en attribuer la paternité à Fortunat. De cette façon le nouveau récit pouvait être présenté non seulement comme un remaniement de l'ancien, ce qu'il était en réalité, mais encore comme un remaniement presque contemporain et très autorisé.
Dans cette œuvre si peu sincère, on avait surtout pour but d'accréditer la légende de saint René , l'enfant mort sans être confirmé , par la faute involontaire de saint Maurille , enterré , puis ressuscité sept ans après par le pieux évêque, dont il aurait été le successeur. Que cette histoire ait été inventée par Raino ou par Arclianald , c'est ce qui n'est nullement prouvé. Il est probable qu'elle circulait avant eux, à l'état de tradition populaire, et qu'ils y croyaient. On n'est pas fondé à leur reprocher autre chose que d'avoir cherché à lui créer, par des moyens repréhensibles, un document littéraire.
Cela étant, il est très remarquable que le catalogue que nous étudions en ce moment ait, avec la nouvelle légende de saint Maurille, une parenté manifeste. D'abord ces deux pièces nous viennent des mêmes manuscrits : les quatre meilleurs exemplaires du catalogue contiennent aussi la légende, à laquelle il est joint comme une sorte d'appendice. Dans le catalogue, le ressuscité, le rené, Beiiatus, figure entre saint Maurille et Thalassius. Le titre, Nomina praesulum, etc., présente des particularités qui cadrent
(1) Voir la préface de M. Bruno Kruscli à son édition dos vies de saints attribuées à Fortunat, p. xxix.
{1) Publiée récomment par M. Krusch à la suite du Fortunat authentique, dans les Monumenla Grrmani;ic.
60 CATALOGUES ÉPESCOPAUX DE LA PROVIiNCE DE TOURS.
parfaitement, tant avec la substance même de la légende qu'avec la rédaction de la note où Raino et Archanald ont déposé le témoignage involontaire de leur paternité. Cette note (1) est ainsi conçue :
Raino, quondam sancti Martini cotidianus discipulus et semper canonicus ac postmodum sanctae Andecavensis ecclesiae ex inilio christianitatis XXXIII humilis episcopus, ob honorem omnipotenlis Del necnon et eiusdem sancti Maui-ilii atque remissionem peccaminum animacsuae, anno Incarnationis dominicae adhuc in DCCCCV et ordinationis episcopatus sui in XXV, hanc vitam beati Maurilii scribere ac requirere iussit. Archanaldus, sancti Martini discipulus et diaconus, iussu praefati domni Rainonis scripsit et requisivit.
Les mots ex initio christianitatis , communs au titre du catalogue et à cette note, la circonstance que Raino, à compter les évêques d'Angers comme le fait le catalogue du neuvième siècle, serait le trente-deuxième évéque, tandis qu'il se dit le trente-troisième , voilà deux liens qui rattachent étroitement notre, catalogue à l'entreprise hagiographique de Raino et d'Archanald. Des personnes assez avisées pour combiner des effets historiques comme celui qui résulte de l'opposition de Grégoire de Tours à Fortunat, étaient fort capables de modifier elles-mêmes le catalogue traditionnel des évêques d'Angers. A tout le moins peut-on dire que cette nouvelle forme ne leur est pas postérieure, et c'est à cela surtout que je tiens pour le moment.
Je viens maintenant aux catalogues, tous postérieurs à l'an 1000, qui contiennent le nom d'Eutrope. On sait d'où vient ce nom. Le pseudo-Fauste, dans sa vie de saint Maur (2), présente Eutrope comme l'évêque d'Angers qui accueillit dans son diocèse le célèbre disciple de saint Benoit et qui consacra les églises de son monastère de Glanfeuil. Il n'est plus permis de douter que cette vie de saint
(1) Ed. Kruscl), loc: cit., p. 84.
(2) Acta SS. 0. S. B., t, I, p. 112.
Maur ne soit une imposture ; on en connaît Fauteur, Eudes, abbé de Glanfeuil, et la date, 863. La tradition d'Angers, représentée par le catalogue primitif, ne connaît aucun Eutrope. Archanald, postérieur à la publication de la vie de saint Maur, se garda bien d'accueillir Eutrope au nombre des prédécesseurs de son évêque Raino. Jusqu'au onzième siècle, comme le prouvent nos trois premiers manuscrits , on persista à ne point l'introduire. Vers le milieu de ce siècle , le moine de Saint-Aubin à qui nous devons le catalogue n° 4, l'inséra entre Eustochius et Adelûus, au jugé sans doute, et d'après une appréciation sommaire des syncbronismes fournis par le prétendu Fauste. Voici ce catalogue; on remarquera que, sauf l'interpolation d'Eutrope , il est exactement semblable au précédent.
Nomina presulurti qui ex initio christianitatis per successiones Andegavensem rexerunt aecclesiam.
Primus Defensor episcopus. Godobei-tus episcopus.
Apotemius episcopus. Gariarius episcopus.
Prosperius episcopus. Boso episcopus.
Maurilius episcopus. Colatliobus episcopus.
Renatus episcopus. Benignus episcopus.
Tbalasius episcopus. Bertus episcopus.
Emerius episcopus. Satirius episcopus.
Eustochius episcopus. Mauriolus episcopus.
Eutropius episcopus. Gentianus episcopus.
Adelfius episcopus. Benedictus episcopus.
ALBINV8 EPISCOPVS. Flodegarius episcopus.
Doniitianus episcopus. Aigleharus episcopus.
Baudigisilus episcopus. Dodo episcopus.
Audoynus episcopus. Raino episcopus.
Licinius episcopus. Rothardus episcopus.
Cliaidulfus episcopus. Herveus episcopus.
Magnobodus episcopus. Aymo episcopus.
Niulfus episcopus. Nefingus episcopus.
Lupus episcopus. Rainaldus episcopus.
Aglibertus episcopus. Ubertus episcopus.
Plus tard il fut admis qu'Eutrope avait été le successeur
de saint Aubin. Ce système est suivi par l'auteur d'un récit (1) de translation de ce saint, écrit peu après 1128; il est accepté aussi par le rédacteur du catalogue qui figure dans le second recueil de Saint-Aubin d'Angers. Dans celui-ci la rédaction d'Archanald est simplifiée : le titre est réduit à trois mots et la qualité d'évêque n'est plus répétée à la suite de chaque nom (2).
Nomina presulum Andecavensium
Primus Defensor.
Apoteraius.
Prosperius.
Maurilius.
5 Renatus.
Tbalasius.
Eumerius.
Eustochius.
Adelphius.
10 Albinus.
Eutropius.
Domitianus.
Baudegisilus.
Audoinus.
15 Licinius.
Chaidulfus.
Magnobodus.
Niulfus.
Lupus.
20 Aglibertus.
Godobertus.
Gariarius.
Boso.
Colatobus.
25 Benignus.
Bertus.
Satrius.
Maui-iolus.
Gentianus.
30 Benedictus.
Flodegarius.
Aiglebarius,
Dodo.
Raino. 35 Rothardus.
Rainaldus.
Herveus.
Aimo.
Nefingus.
40 Rainoldus.
Hubertus.
Eusebius.
Gaufridus.
Gaufridus.
45 Rainaldus.
Ulgerius.
Normandus.
Matheus.
Gaufridus.
50 Radulfus.
Variantes, — Titre : Andegavensium C — 1. primus om, B — 9. Adelflus B — 12. Domicianus C — 13. Baudigisilus B — 15. Licinsus A — 16. Chardulfufus C — 22. Gariharius B — Colathobus B — 27. Satirus C.
(1) Mabillon, Acla SS. O. S. B., t. I, p. 112.
(2) Dans les variantes A = Paris, 4955; B = Vatic. Reg., 711 a; C = Vatic. Reg., 450.
Une troisième migration d'Eutrope se rencontre dans le catalogue de la Grande Chronique de Tours. Cette dernière rédaction est la plus défectueuse de toutes celles que j'ai étudiées. La qualité de protévêque [primus) n'est pas marquée, comme dans les trois précédentes, à côté du nom de Defensor; le titre a disparu : les évêques d'Angers sont énumérés dans le recueil de Tours à la suite des évêques du Mans, sans aucun intervalle.
Defensor.
Ypotemius.
Prosperius.
Maurilius.
5 Renatus.
Halasius.
Eumerius.
Eustochius.
Adelfius.
10 Albinus.
Domicianus.
Baudigisilius.
Audoinus.
Eutropius.
15 Lizinius.
Chaidulfus.
Magnobodus,
Hiiilfus.
Lupus.
20 Aglibei-tus.
Godebei'tus.
Gauharius.
Boso.
Colathobodus.
25 Benignus.
Bertus.
Satrius.
Mauriolus.
Gentianus.
30 Benedictus.
Flodegarius.
Algeai-ins.
Bodo.
Raino.
35 Rotardus.
Rainaldus.
Hei'veus.
Aimo.
Nefingus.
40 Ranaldus.
Hubertus.
Eusebius.
Goflfredus.
Rainaudus.
45 Ulgerius.
Normannus.
Matheus.
Goffredus.
Radulfus.
50 Guillelmus.
Guillelmus.
Variantes (I). — 27. Satirus B — 29. Gencianus A — 47. après Matheus: Michael A, de seconde main.
Ainsi le catalogue primitif des évêques d'Angers a subi
(1) A = Paris. 4991 ; B = ms. de Cheltenham, d'après les deux copies Paris. 11478, et Mélanges Colbert, t. XLVI. Les variantes particulières à une seule de ces copies sont négligées ici.
deux interpolations susceptibles d'être constatées : l'une, celle de René, se produisit au commencement du dixième siècle et obtint un succès complet ; l'autre , celle d'Eutrope, ne parvint pas à se classer nettement à un point déterminé de la série. Une troisième tentative échoua tout à fait. Je veux parler de celle qui regarde Auxilius. Les noms d'Auxilius et d'Eutrope figurent en marge du catalogue dans le manuscrit de Vendôme , et même celui d'Eutrope y a été intercalé dans l'entre-ligne après saint Aubin. Mais ce sont là des retouches de basse époque : aucun manuscrit ne présente, de première main, le nom d'Auxilius. Ce nom provient de la légende de saint Firmin d'Amiens (1). Des savants très autorisés (2) ont contesté que , dans ce texte hagiographique , le mot auœilium soit un nom propre ; ils n'y voient que le substantif commun auœilium , secours. La chose ne me paraît pas aussi claire. La légende de saint Firmin n'a pas été jusqu'ici l'objet d'une édition vraiment critique ; les manuscrits allégués par les Bollandistes présentent à cet endroit des divergences notables. Quoi qu'il en soit, que le biographe de saint Firmin ait ou non parlé d'un Auxilius évêque d'Angers, son autorité, fort peu considérable en elle-même, a ici contre elle toute la tradition angevine , jusqu'au treizième siècle au moins. Et ce n'est pas seulement une tradition négative; l'exclusion est formelle. Le titre de primus episcopus reconnu à Defensor dans les catalogues du dixième siècle, du onzième et du douzième , prouve que leurs rédacteurs n'avaient pas la moindre idée que cet évêque eût pu avoir des prédécesseurs. Or ce serait le cas pour Auxilius, puisque, d'après la légende de saint Firmin, il aurait vécu au temps des persécutions romaines.
(1) Acla SS. Sept., t. VII, p. 49.
(2) Gallia christiana, t. XIV, p. 543. M. Hauréau cite ici l'opinion de dom Housseau, d'après ses œuvres manuscrites.
Le catalogue des évêqiies de Nantes s'est conservé dans plusieurs anciens recueils , dont voici la liste (1).
1° Le premier recueil de Saint-Aubin d'Angers, Vatic. Reginae 465 ;
2" Le recueil de Robert de Torigni , Parisinus 6042 ;
3° Le second recueil de Saint-Aubin d'Angers , représenté par deux manuscrits , le Vaticanus Reginae 450 et le Parisinus 4955 ;
4" Le Cartulaire de Quiraperlé ;
5** La Grande Chronique de Tours.
Dans le premier de ces recueils , le catalogue s'arrête à l'évoque Gautier (1008-1041). Nous pouvons donc atteindre directement une rédaction antérieure au milieu du onzième siècle. Les autres ne font que reproduire celle-là, en continuant le catalogue ainsi qu'il suit :
Robert de Torigni jusqu'à Bernard (1148-1169);
Le second recueil de Saint-Aubin et le Cartulaire de Quimperlé jusqu'à Robert (1170-1185);
La Chronique de Tours jusqu'à Etienne de la Bruère (1213-1227).