‹ Les anciens peuples de l'EuropeChapitre 167 sur 303 · Strabon, VII · texte numérisé non relu

Strabon, VII

sorte; on fait un grand festin. Le corps est inhumé après incinération ou non. On élève un tertre sur la fosse et l'on y célèbre toute sorte de jeux '. A la mort d'un Thrace^ raconte Pline, on faisait le compte de ses jours heureux et de ses jours malheureux au moyen des cailloux blancs ou noirs qu'il avait déposés dans un vase, chaque jour de sa vie ■^.

Chez les Thracés, outre les tributs, les peuples sujets devaient offrir des présents en or et en argent, des étoffes brodées ou lisses, non seulement au roi, mais encore aux g-rands et aux nobles du pays. Les Thraces fabriquaient des vêtements de chanvre, que l'on avait peine à distinguer des étoffes de lin ^. Pour la force militaire, les Odryses le cédaient beaucoup aux Scythes ^. Les Thraces étaient très sanguinaires, tant qu'ils étaient dans l'ivresse du combat ^. Ils étaient particulièrement habiles pour protéger leur retraite '\ Après la victoire, ils revenaient au camp en chantant et portant à la pointe de leurs lances les têtes de leurs ennemis ~.

Les Grecs regardaient la Thrace comme la source de la musique, de la poésie et des mystères. La consécration de l'Hélicon aux Muses était due aux Thraces de Béotie ^. Linos, l'inventeur des chants funèbres, était fils d'une Thrace d'Eubée '■^. Orphée, qui est à la fois un musicien^ un myste et un civilisateur, était originaire de Thrace, de

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