ABORIGÈNES
anciens historiens latins, Caton, G. Sempronius et d'autres faisaient venir d'Achaïe les Aborig^ènes, antérieurement à la g-uerre de Troie '. D'après d'autres témoignages, les Aborigènes descendaient des O'inotries, qui auraient été les. plus anciens habitants de Tltalie, et dont le héros éponyme Oïnotros, fils de Lycaon et petit-fils de Pélasgos, venait d'Arcadie -.
Ils avaient pénétré en Ombrie, et il y avait encore près de Réate, au temps de Denys d'Halicarnasse, des villes des Aborigènes -^ Ils durent lutter contre les Sicules ; ils y furent aidés par des Pélasges de Thessalie, qui. repoussés du territoire des Ombriens, avaient pénétré en suppliants chez les Aborigènes et y avaient été bien accueillis ; c'est alors que les Pélasges et les Aborigènes s'emparèrent de Gortone ''. Les Aborigènes constituent donc l'élément de la population du Latium opposé aux Pélasges, aux Sicules et aux Ombriens. Aussi est-on tenté de suivre l'ojjinion rapportée par Denys d'Halicarnasse et d'après laquelle ils étaient une colonie des Ligures, limitrophes des Ombriens '\ Les Aborigènes passaient pour des peuples sauvages, habitant des cavernes et vivant sous bois '^ ; ils ne sont pas, comme les Ligures et les Sicules, des agriculteurs.
. 1. Denys d'Halicarnasse, I, 11.
2. Denys d'Halicarnasse, I, 11 ; 12; 13. Oïnotros était anlérieur de 17 générations à la prise de Troie. Sur les O'inotries, voir aussi Pausanias, VIII, 3, 5. Servius, ad Aen., I, 532.
3. Varron, chez Denys, I, 14. Caton, chez Priscien, Y, 12, 65. Denys donne une liste de treize villes jadis habitées par les Aborigènes. On désigne ceux-ci parfois sous le nom de Sacrant (Denys, I, 16; Festus, Sacrani}. Mais Servius, ad Aen., XI, 317) distingue les Sacrani des Aborigènes.