SICILE
nord de la presqu'île, puis par les Oïnotries et les Opiques, qui habitaient au centre. Les Sicules occupèrent le nord-est de la Sicile. Diverses dates sont assig-nées par les Anciens à cette émigration : Hellanique la place trois générations, Philiste, quatre- vingt s ans avant la guerre de Troie ; Thucydide, beaucoup d'années après la guerre de Troie '.
Les Phéniciens, vers le ix^ siècle, avaient occupé quelques points de la côte. Ils furent refoulés vers l'extrémité occidentale par les Grecs ioniens et doriens. Les Ioniens s'établirent surtout sur la côte est ; les Doriens, à l'est et au sud-ouest. La première colonie grecque fut Naxos, fondée en 735 avant notre ère '-.
La Sicile s'appelait d'abord Thrinacie ^ ; ce nom était resté à une ville des Sicules que détruisirent les Syracu sains *. Le nom de Thrinacie, par l'effet d'une étymologie populaire, serait devenu Trinacrie (Tpiv-ay.pb « lîle aux trois caps » ) '. Au temps de Minos, la Sicile s'appelait Sicanie "^ ; ce nom était connu de l'auteur de VOdyssée '. C'est sans doute à l'arrivée des Sicules (vers 1033) que l'île prit le nom de ll'.v.z'/J.x.
C'est en Sicile que Dèmêter et Perséphone firent, d'après certaines légendes, leur première apparition, et que le sol produisit le premier blé. Les Athéniens furent, après les Siciliens, les premiers peuples auxquels Dèmêter indiqua l'usage du blé ; leurs mœurs s'adoucirent par cette nouvelle
1. Denys d'Halicarnasse, I, 22. Pausanias (VII, 4, 6) confond les Sicanes et les Sicules.
2. Freeman, Hislory of Sicili/, I, p. 564-578, où Ton trouvera une carte des anciens établissements en Sicile.
.S. Odyssée, XI, 107; XII, 127, 135; XIX, 275.
4. Diodore, XII, 29, 2; 4. Cf. Freeman, Ilistory of Sicily, 1, p.51l-
5. Strabon, VI, 2, 1, a à tort renversé l'ordre du rapport entre ces deux noms. Cf. Justin, IV, 2. Freeman, History of Sicily, I, p. 462-472.