‹ Les anciens peuples de l'EuropeChapitre 264 sur 303 · S. Reinach, LWnthropoloçfie, IV (1893), p · texte numérisé non relu

S. Reinach, LWnthropoloçfie, IV (1893), p

2. Déchelette,3/a/iue/c?'arc/jéo/o5r/e,I, p. 619-627. Cf. II, p. 393-400.

3. Les dates entre parenthèses dans le tableau des tlialassocratie* Les anciens peuples de l'Europe. 16

23 ou 33 —

^42 LES COMMLMCATIONS

Les navigations des Anciens nous sont connues par les périples qui nous sont parvenus directement ou indirecteiment.

Le plus archaïque serait le périple qui aurait servi de :niodèle k l'auteur de V Odyssée '. Malheureusement, l'identification des lieux en est dilTicile. Pour les Anciens, les ■erreurs d'Ulysse se seraient surtout limitées à la Méditerranée occidentale ; des Modernes en ont parfois cherché les traces au delà des colonnes d'Hercule -. Parti de chez les dicones de Thrace, Ulysse double le cap Malée et, s'éloi- ^nant de l'île de Cythère, aborde, après neuf jours de navigation, au pays des Lotophages (île Méninx ou Djerba à l'entrée de la petite Syrte ^i. Les vents le portent sur les terres des Gyclopes ^. Après avoir échappé à Polyphème, il arrive dans l'île d'Eole (Strongyle, l'une des îles Lipari). Au bout de neuf jours, il apercevait les côtes d'Ithaque, lorsque la tempête le rejette d'abord dans l'île d'Eole, puis, •au bout de six jours, en Lestryg-onie ^ De Lestrygonie,

•sont celles données par saint Jérôme là où le texte dEusèbe ■manque. Clesiae... et chronoçjraphorum fragmenta, éd. C. Mijller, ,p. 180. Sur cette liste, voir D. Mallet, Les premiers établissements ■des Grecs en Egypte, 1893, p. 1-3. Myres, Journal of Hellenic stu- ■dies, XXVI (1906), p. 84-131 ; XXVII (1907), p. 125-131. Fotheringham,

ibid. Thucydide (I, 13) énumère les thalassocraties des Grecs : les ■Corinthiens (vers 700), les Ioniens (milieu du vi" siècle), les Samiens

(fin du vi^ siècle), les Phocéens (600).

1. Bérard, Les Phéniciensel l'Odyssée, 1903. K. Miillenhofi", Deutsche A.ltertnmskunde, I, p. 30-38.

2. Voir toutefois Strabon ([, 2, 18), qui situe dans l'Atlantique l'île <J'Ogygie et les Phéaciens. Cf. I, 2, 11 ; III, 4, 4.

3. Polybe, I, 39. Strabon, I, 2, 17 ; XVII. 3, 17. Hérard, Les Phé- .niciens et VOdyssée, II, p. 101-113.

4. Strabon (I, 2, 9) les place dans les environs de l'Etna et de •Léontium. Bérard (/. c, II, p. 114-179 , s'appuyant sur le doublet 'T~£p£;Tj-KûaTi, les place autour de Pouzzole, dans une région où les

•cratères ressemblent à des yeux ronds.

3. Strabon (I, 2, 9) les place en Sicile; Bérard, au nord de la Sar- <laigne {l. c, II, p. 183-208; 209-257).

PÉUll'LES 243

Ulysse se rend à l'île d'Aiaia'; puis, après un jour de navigation, à l'extrémité de l'Océan, au pays des Cimmériens ~. Revenu à l'île d'Aiaia, il longe l'île des Sirènes (en face le cap Athenaeum, près de Sorente '■), passe entre Charybde et Scylla (détroit de Messine) et arrive aussitôt à l'île du Soleil ^. La tempête détruit son vaisseau, et, après avoir flotté au gvé des flots et des vents neuf jours entiers, il aborde, la dixième nuit, à l'île d'Ogygie, centre de la mer, où demeure Calypso. la fille d'Atlas ^ Lorsqu'il eut quitté l'île de Calypso, il vog-ua sur son radeau dix-sept jours entiers et découvrit, le dix-huitième jour, les sombres montagnes de la terre des Phéaciens qui habitent à l'écart, dans une mer très agitée, à l'extrémité du monde '\

Dans ce périple, dont les détails, en général, semblent bien se rapporter à la Méditerranée, il y a pourtant au moins une allusion précise aux pays du nord, où les nuits sont si brèves qu'un berger qui ne dormirait pas pourrait gagner double salaire ~.

Il est peu probable que le voyage d'Enée en Italie soit fondé sur quelque périple ancien. Il nous fournit, en tout cas, l'indication d'escales. De la ïroade, Enée se rend en Thrace, puis à Délos, et au bout de trois jours de navigation, en Crète. Poussé par la tempête sur les côtes des Strophades, il passe au large de Zacynthe, d'Ithaque, longe

1. Ile imaginaire imitée d'Aiaia de Colchide d'après Strabon (I, 2, 40) ; promontoire de Circei d'après Bérard \l. c., II, p. 261-310).

2. Bérard {l. c, II, p. 311-329 le place auprès du lac Averne. Cf. Strabon, V, 4, 5.

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