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PÉRIODE DE LA TÈNE

Cette civilisation serait née dans les régions rhénanes ; elle admet trois subdivisions géographi({ues : la première comprend la Gaule, l'Allemagne du Sud, l'Autriche-Hongrie, l'Italie du Nord et l'Espagne du Nord ; la seconde, les Iles Britanniques; la troisième, l'Allemagne du Nord, le Danemark et la Suède. On la divise d'ordinaire en trois phases : La Tène 1, de 500 à 300 ; La Tène II, de 300 à 100 ; La Tène 111, de 100 à l'ère chrétienne.

Les restes d'habitations sont, comme aux âges précédents, rares ou difficiles à identifier ; quelques soubassements en pierre nous indiquent une forme rectangulaire et une forme ronde. Mais on a trouvé beaucoup d'enceintes fortifiées de la troisième époque de La Tène ; les murs en sont formés de pierres et de poutres. Les rites funéraires supposent, comme à l'âge précédent, la croyance à la prolongation de la vie terrestre dans le sépulcre. Le mort est déposé dans sa nouvelle demeure avec ses armes, son char de combat, des viandes, des provisions de bouche, même des amphores de vin. L'inhumation, qui domine dans les pays celtiques, y est, à l'époque de La Tène III, remplacée par l'incinération ; l'incinération est, aux trois époques de La Tène, caractéristique des Germains. Le tumulus est graduellement remplacé par la tombe plate.

Les armes offensives sont, comme à l'époque de Hallstatt, l'épée, la lance, les javelots. L'épée, d'abord courte et pointue, se transforme en un long sabre à pointe mousse. Le pommeau des poignards à antennes a été transformé en tête humaine. Les casques et les cuirasses continuent à être rares ; les boucliers, de forme d'abord ovale, puis ellipsoïdale sur les monuments figurés, ne nous sont guère connus que par leurs umbos et leurs poignées métalliques. On trouve, dans les sépultures, des mors en fer et en bronze et des éperons en bronze.

Le bijou le plus caractéristique de l'époque de La Tène est le collier [torques), porté d'abord par les femmes, puis

par les g-uerriers ; il était en bronze ou en or, rarement en fer. Les bracelets et anneaux sont le plus souvent en bronze ; quelquefois en lignite, jayet ou schiste. Les ceintures de femmes sont formées de chaînettes en bronze ; les ceinturons (de cuir ou d'étoffe) des guerriers sont munis d'agrafes en bronze. Les fibules, très nombreuses, sont en bronze ou en fer; leur variété se prête à des classifications chronologiques ; les épingles deviennent rares. Les pendants d'oreille sont dérivés des modèles hallstattiens. Les bagues, d'ordinaire en bronze, quelquefois en or, argent ou fer, sont plus fréquentes qu'à l'époque précédente. Les trousses de toilette sont plus simples. Les ciseaux apparaissent pour la première fois. Le peigne en bronze est toujours rare. Le miroir ne se trouve guère avant l'époque de La Tène III ; c'est alors aussi qu'apparaît l'étui h aiguilles. Les verroteries sont de plus en plus variées ; on trouve des anneaux et des bracelets de verre de diverses couleurs ; l'ambre et le corail sont importés abondamment. L'émail remplace le corail vers la fin du iv'' siècle. L'or est particulièrement fréquent dans la région du Rhin moyen et le bassin de la haute Garonne. L'argent est toujours très rare. Il est vraisemblable qu'un certain nombre de bijoux avaient une valeur d'amulettes.

L'outillage de fer est très varié : haches, couteaux, ciseaux à froid, tranchets, poinçons, gouges, marteaux, enclumes, scies, limes, socs de charrues, faux, serpes, tridents, hameçons, clefs, serrures, broches, fourchettes, tisonniers. Les chenets sont en argile ou en fer. Le moulin rotatif est connu. L'emploi du tour permet de perfectionner la céramique. Le décor peint se développe. L'art est, en général, purement décoratif et les représentations de la personne humaine n'ornent que quelques objets métalliques ; cet art utilise la palmette, le signe en s, Vs à trois branches ou triscèle, le swastika.

L'activité commerciale est singulièrement accrue par

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l'introduction des monnaies, d'abord imitées plus ou moins "grossièrement des modèles grecs, puis présentant un caractère plus oi'iginal.

La plus ancienne route commerciale était celle qui, partant de l'Adriatique, gagnait le passage du Brenner et, de là, la Bohême et le cours supérieur de l'Elbe. Un de ses embranchements atteignait la vallée du Rhin par le Vorarlberg et le lac de Constance. Un autre, par les défilés des Alpes, communiquait avec la Gaule orientale. Au milieu de son parcours, cette route rencontrait la vallée du Danube qui la faisait communiquer avec la mer Noire, Pendant les dernières phases de la civilisation de La Tène, c'est par la vallée du Rhône que se fait la pénétration en Gaule des produits du sud. A l'époque de Flallstatt, le corail, originaire de la mer Tyrrhénienne à la hauteur de la Campanie et des îles Lipari, pénétrait au nord des Alpes par le Tessin. A l'époque de La Tène, il venait sans doute des îles d'Hyères et gagnait la vallée de la Seine par la vallée du Rhône.

Les historiens anciens nous ont conservé des légendes sur l'origine de la métallurgie du fer. Les premiers habitants de la Crète passent pour avoir fait connaître lusage du feu et découvert l'airain et le fer, ainsi que l'art de travailler ces métaux, dans la contrée située près du mont Bérécynthe K C'est sans doute cette découverte et le mystère dont ils entouraient leurs travaux, qui leur valut la réputation de magiciens célèbres par leurs enchantements ~. Ils passaient aussi pour avoir les premiers trempé l'acier ^. On leur donne le nom de Dactyles de l'Ida. Comme il y a aussi u.n mont Ida en Troade, certains auteurs les disent originaires de Phrygie ^. Les Telchines, eux aussi de l'île

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