MINOS
organisée, il rendit la navigation libre en chassant des îles les pirates qui les infestaient et établit des colonies dans la plupart d'entre elles '. Le tribut de sept jeunes garçons et de sept jeunes filles, que les Athéniens envoyaient chaque année en Crète au Minotaure et dont Thésée les aiTranchit ^ vers le xii"* siècle, nous conserve, sans doute, le souvenir de la suzeraineté temporaire des Phéniciens ou des Pélasges de Crète sur les Athéniens. Minos vint en Sicanie à la poursuite de Dédale et y mourut de mort violente ^.
Les Grecs rattachaient au nom de Minos un certain nombre de lieux appelés Minôa et dont les plus connus sont une ville de Crète, le port de Nisée en Mégaride et un fort de Laconie.
Minos passe pour avoir fondé en Crète les trois villes de Cnosse, Phaistos et Cydonie, et avoir donné des lois aux Cretois. Mais, d'après Ephore, il s'était montré en cela l'émule d'un ancien sage nommé Rhadamanthe '*, qui était réputé le plus juste des hommes et qui passe pour avoir le premier civilisé la Crète en lui donnant des lois, des cités, des magistratures, pour lesquelles il se disait inspiré de Zeus. D'autres témoignages représentent Minos comme un tyran oppresseur de ses sujets et de ses voisins •'. Il avait, dit la légende, fait jeter à la mer Scylla, fille de Nisos, qui lui avait, par amour, livré la forteresse de Nisée; Britomartis (Dictynna) avait dû se précipiter du haut d'une montagne, pour se soustraire à ses outrages ^.
On rattache, comme nous l'avons vu ", au nom de Minos la civilisation égéenne, qui a d'ailleurs été constatée dans