‹ Les anciens plans de Paris: notices historiques et topographiques (volume 2)Chapitre 3 sur 108 · SIMON ARNAULD · texte numérisé non relu

SIMON ARNAULD

CHEVALIER SEIGNEUR DE POMPONNE MINISTRE ET SECRETAIRE d'eSTAT

Monseigneur,

Le favorable aceuil que vous avez fait au Voyageur d'Europe, lors qu'il s'est jirêsenté aux pieds de Votre Grandeur , et les bordées avec lesquelles vous l'avez receu, et qui Vont fait glorieusement triompher de V Envie, me font espérer que ce nouveau plan de Paris que je prens la liberté de donner au public sous votre illustre nom, n'aura pas moins de bonheur, et que votre puissante protection garantira des trais de la même critique et de la même calomnie ce racourcy de la première ville du monde, qui se présente à Votre Grandeur. Et comme mon dessein, Monseigneur, n'est autre que de vous plaire, ce me sera trop de gloire et d'honneur si vous agréez cette production de mon Esprit , et qu'aux heures que vous estes le moins ocupé, vous puissiez en quelque sorte vous délasser des grandes fatigues que vous ]>renez pour seconder , dans ses desseins relevez, le plus puissant et le plus grand Monarque de la terre. Vous verez, Monseigneur, en cette petitte étendue peut estre plus que vous n'avez veu en tant de Royaumes que vous avez parcouru dans vos diverses et glorieuses Ambassades, avec cette différence et cet avantage que ce sera d'une seule veùe et sans peine, s'il est vray (comme on n'en peut douter) que cette merveilleuse ville soit l'abrégé de tout ce que l'Europe a de p lus admirable, soit dans les ouvrages de fart, soit dans les productions de la Nature. Mais de peur que vous ne vous ennuiassiez, Monseigneur, et que

vous ne fussiez trop à Vestroit dans les bornes d'une ville, j'y ay adjouté non seulement les dehors, mais encor la Carte géographiqtce de ses environs, afin que vous puissiez en mesme tems , vous recréer par un prodigieux nombre de Bourgades, de Châteaux, de Maisons de plaisance, et d'autres lieux, où Vart et la nature font paroitre ce qu'il y a de plus beau en ce monde. C'est, Monseigneur, ce que fay cru devoir dire à Votre Grandeur, plustost pour satisfaire à mon devoir que pour vous instruire de ce qui vous est parfaitement connu , en vous supliant très humblement de V agréer et de le recevoir comme une preuve autentique de mes respects, et de V extrême passion que fay de faire paroistre à tout le monde que je suis,

Page 1