‹ Les Anémies PernicieusesChapitre 11 sur 34 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

S'il fallait citer tous les auteurs qui ont fait autorité dans la facon de traiter les anémies aux diverses ‘époques, la liste en serait longue et il y en aurait d’oubliés, sans compter les méconnus.

Nous serons plus modeste et nous nous contenterons de rappeler les méthodes les plus employées, dont certaines ont survécu.

Nous citerons tout d’abord, le traitement par le fer, depuis la macération de clous rouillés dans l’eau de pluie, le fer réduit par l’hydrogène, jusqu’au fer colloidal : traitement dont on use de nos jours encore avec succès (anémies ferriprives et la chlorose des nourrissons). Puis l’arsenic, le manganèse, le cuivre, etc...

Nous ne citerons pas les différents légumes conseillés et qui forment le complément de tout traitement antianémique, pour en arriver tout de suite’ aux traitements organothérapiques, se CÉRRRRRRR ER le’ plus du sujet que nous traitons.

Or, l’organothérapie sanguine a des origines lointaines. Ne voit-on pas, en lisant les auteurs latins, que les praticiens affaiblis ranimaient leurs forces en

buvant le sang chaud perdu par les gladiateurs blessés. N’a-t-on pas dit également que les Arabes pensaient donner à leurs fils la force et le courage en leur faisant manger du cœur de lion tué dans le désert.

Pline l'Ancien définissait ces remèdes animaux «remèdes vivants ».

Ces remèdes ont été remis à la mode par les travaux de Claude Bernard sur la fonction glycogénique du foie, par ceux de Brown-Séquard, sur les capsules surrénales, sous le terme d’organothérapie; ils prirent un développement énorme avec Landouzy, sous le terme d’opothérapie; l'emploi en fut généralisé quelques années plus tard par les travaux de Carnot et Gilbert. Ces remèdes, soit crus, soit sous forme de poudre ou de liquide injectable, doivent être vivants, c’est-à-dire ne pas avoir perdu leurs principes actifs par cuisson ou par une préparation non adéquate.

Nous nous proposons, dans cette étude, d'envisager seulement les anémies dites « primitives >» — essentielles ou cryptogénétiques —- laissant sciemment de côté celles dont l’étiologie est connue et, par là même, le traitement ad hoc (anémies infectieuses, toxiques ou autotoxiques, anémies spoliatrices dues à des hémorragies et pour lesquelles le traitement que nous allons envisager viendra seulement comme complément thérapeutique).

I n'entre pas dans notre intention de rappeler ici la pathogénie de l’anémie pernicieuse, les hypothèses sont nombreuses et le champ en est vaste.

En face de cette anémie pernicieuse, appelée maladie de Biermer, les moyens habituels restaient inefficaces: seule la transfusion, méthode récente, rendait un peu d'espoir aux thérapeutes. M. P.-Emile Weill en fut longtemps le défenseur ardent, ce traitement aidant,

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