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Anesthésie par modification respiratoire

Un dentiste américain, Bonwill (Philadelphie;, a (tonslalé un état d'analgésie très remarquable se produisant cliez les sujets qui font une série rapide d'inspirations profondes, à raison de cent au moins par minute. L'insensibilisation est telle que les patients

pnocÉnÉs piiysiOLOiiiouES i> anësthésie, m

supportent sans douleur des opératious comme l'exlraclion de denfs, l'ouverture d'abcès, les cautérisations. Le D' Lee a appliqué ce procédé avec succès à l'ouverture d'un abcès du périnée et, plus tard, à l'excision de brides cicatricielles. Un autre médecin, Hewson, l'emploie dans la pratique obstétricale. Enfin un dentiste de Monaco, M. Ash, en a tiré d'excellents résultats. — Il importe de faire remarquer que l'opération s'exécute pendant que le sujet continue ses mouvements respiratoires : c'est donc une véritable analgésie. Les choses en sont là; les faits paraissent réels; mais il faut attendre qu'ils soient plus nombreux et mieux étudiés avant de risquer aucune explication.

<; 2. Anesthésie par défaut d'oxygène

»chez les animaux à. &ang froid.

Si l'on soumet une grenouille à l'action {\u vide, ou si on la plonge dans un gaz inerte, comme l'hydrogène, on voit au bout d'un certain temps l'animal devenir immobile et insensible. Plus tard les mouvements réflexes disparaissent également. Ënfm la respiration cesse, mais les mouvements circulatoires persistent encore.

C'est un état passager, qui peut durer, suivant la température extérieure, plus ou moins longtemps, d'un quart d'heure à une lieure, l'animal étant remis à l'air. On voit ensuite reparaître les propriétés, dans l'ordre inverse où elles ont disparu et avec un intervalle notable : d'abord la sensibilité réflexe et ensuite la sensibilité consciente elles mouvements spontanés (Ileboulet Morat, Soc. Biol., i"juin 1889.)

LES A>ESTUI:;SIQDES.

)i 3- Anesthësie par application de chloroforme et de cbloral sur la peau.

Bronn-Sequard a signalé des effets remarquables, produits par l'applicalion sur la peau de diverses substances, telles que le chloroforme et le cbloral, anbydre. l'armi ces effets, de nature variée, l'anestliésie générale est l'un des plus fréquents (Soc. de' fiiol.. novembre et décembre 188(1; janvier 1881)

11 faut que la substance soît appliquée sur une grande étendue. Ou peut anesthésier ainsi des animaux de taille moyenne, comme des chats, en versaut quelques centimètres cubes de chloroforme sur la peau du dos.

L'application cutanée du chloroforme produit d'ailleurs ciie/les animaux, tels que chat, chien, cobaye, lapin, des phénomènes variés. L'action se traduit d'abord par une contraction réflexe des muscles peau-ciers et des muscles sous-jacents ;puis les phénomènei aboutissent tantôt à un état voisin du sommeil, tan-J tôt à l'étal de résolution générale. L'action prolongée du liquide a produit le délire, des troubles variés de la motililé {convulsions, paraplégie, hémiplégie) des troubles de la sensibilité (anesthésie, hyperestliésiej. — Le point où a lieu l'application a, bien entendu, une influence sur la localisation de ces phénomènes. C'est ainsi que l'applicatiou sur la région dorsale du cobaye entraîne une raideur cataleptique; dans le conduit auditif externe, des mouvements d^ tournoiement et derouiementdu côté correspondant.

Le chloral appliqué pur et anhydre doune lieu !i des jihénomèncs aualogiies d'aneslhésieet d'hypei

PROCÉDÉS PHÏSIOLOGlylES d"aNEST!1ÉS1E. 227

excitabilité motrice, qui deviennent plus facilement mortels; il s'y joint des hémorragies pulmonaires, rénales, intestinales, des sécrétions glandulaires abondantes et quelquefois de la glycosurie.

Ces laits nous révèlent une puissance des applications cutanées que l'on ne soupçonnait pas être aussi considérable. Ils s'expliquent par une inhibition nerveuse : les nerfs cutanés, irrités par l'agent toxique, exercent sur le système nerveux central une influence qui a pour effet, tantôt d'en suspendre l'activité physiologique (inhibition, anestliésie), tantôt de l'accroltro (dynamogénie, liyperexcîtabilité).

S 4. Anesthésie générale par action sur les nerfs du larynx.

lirown-Sequard a constaté le fait — très intéressantau point de vue physiologique — quecertainesexcitations (galvanique, par exemple) portées sur le larynx et, sur ses nerfs pouvaient déterminer une ane.sthésie générale [Soc. Bioi., ifi déc. 1882). Il suffit, par exemple, de projeter un courant assez rapide d'acide carbonique dans l'arrière-bouche, sur le larynx, pour obtenir, après l'insensibilisation localisée, l'anesthésie générale. Les observations ont été faites chez le chien et le lapin. Le chloroforme et le chloral agissent de même. La cocaïne possède la même propriété.

Quant au mécanisme du phénomène, il est rapporté à la catégorie des actions d'inhibition. L'excitationpartie du larynx exercerait sur les régions supérieures du névraxe une influence inhibitoire qui en suspendrait le fonctionnement d'une manière plus ou moins complète.

^ 5. Anestliéaie par l'alcoot ctaes te tapin

I. Sirauss .SV. B''>1.. 29 janvier 1887 a sîgi un moyen de produire chez le lapin une iineslhêsie extrêmement prolongéeet sans danger. Chi iolroduU» au moyen d'une sonde arélhrale en gomme, faisanl office de sonde œsophagienne, une quantité de ( à 8 grammes d'alcool élhylique ou de 5 à 6 gramme! d'alcool amyiir)ue dans, l'estomac. L'animal tombe.a bout de quelques minutes, dans un coma profond; la sensibilité est abolie: les réflexes coméens ont dis paru : la respiration et la circulation persistent, état se prolonge quatre ou cinq heures. PuisTanimi se remet graduellemeat e( d'une manière complète

§ 6. Anesthési« par l'acide carbonique.

La propriété aneslhésîante de l'acide carbonique été utilisée, dès la plus haute antiquité, pour pn duire l'insensibilisation locale. C'est i"i cet agent qu' faut attribuer la vertu merveilleuse de la pierre n Meinphis donl parlent Pline et Discoride. En 1771 Percival a employé les bains d'acide carbonique pot insensibiliser les sujets, et les chirurgiens couten porains, Simpson. FoUin, Monod, Demarquay. oi essayé de renouveler cette méthode d'anesthési localisée.

Mais l'acide carbonique peut aussi être emplo] comme anesthésique général. Cb. 0/aoam (Xcqd. d Se, 2.^ février Ï838) aneslhésiait des lapins pendai une heure ou davantage, en leur faisant respin simplement un mélange d'acide carbonique et d'ail

PaOCÉDÉd PnVStOLOGUjUEa u'aNESTHÉSIE. 229

Le procédé n'offrirait aucua danger. Il a été d'ailleurs appliqué également avec succès à l'homme. Il suffît de projeter un jet léger d'acide carbonique dans la bouche tandis que le sujet respire librement dans l'air ambiant. — Paul Bert avait lui aussi aperçu la propriété anesthésiante de l'acide carbonique {Pression barométrique. 1878, p. 1011).

N. Grehant {Soc. Biol., 29 janvier et 12 mars 1887) a régularisé le procédé. Il fait usage d'un mélange titré à 45 p. 100 d'acide carbonique, contenant CO' =: 45, Az^ 33,2,0^20,8. — Ce mélange contient précisément autant d'oxygène que l'air atmosphérique ; mais une partie de l'azote, gaz inerte, est remplacée par l'acide carbonique. En deux minutes, le lapin présente une insensibilité complète de la cornée ; l'anesthésie peut être maintenue pendant deux heures. Le nombre des respirations s'abaisse à 9 par minute et se maintient avec le rythme abaissé. Les analyses du sang ont montre que la quantité d'oxygène y reste constante, mais que la quantité d'acide carbonique augmente considérablement, et oscille, pendant l'anesthésie profonde, entre 80 et 90 p. 100 cent, cubes de sang. Par exemple, on a: Azote ^^1,5; oxygène = 20; acide carb. ^87.3.

Le procédé pourrait s'appliquer aux animaux de plus grande taille el à l'homme même ; la seule difficulté consiste dans l'installation de gazomètres assez grands pour contenir le mélange titré qui répond à une consommation prolongée.

Comme tous les anesthésiques, l'acide carbonique, si l'on en continue l'action assez longtemps, amène la mort de l'animal par arrêt de la respiration, bientôt suivi de l'arrêt du cœur. La mort arrive même.

230 LES a:iesthésiqces.

lorsque Tanesthésie a cessé depuis quelques minutes, pendant la période de réveil, avec des phénomènes d'anhélation y de contractures et de faiblesse des membres. Il est intéressant de constater que les cas mortels correspondent en général à un abaissement de température centrale plus considérable^ de 2*,6 par exemple, tandis que dans les autres cas rabaissement de température est beaucoup moindre.

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