POUR PARAITRE PROCHAINEMENT
L. Capitan. — Thérapeutique des maladies infectieuses. Legrain. — Microscopie clinique.
Richardière. — La Coqueluche.
H. Barbier. — La Rougeole.
M. Boulay. — Pneumonie lobaire aiguë. 2 vol.
A. Sailard. — Hypertrophie des amygdales.
E. Lecorché. — Traitement du diabète sucré.
F. Verchère. — La Blennorrhagie chez la femme. 2 vol.
E. Barié. — Bruits de souffle et bruits de galop.
Chaque volume se vend séparément. Relié : 3 fr. 50.
LE D r PIERRE BOULLOCHE
Ancien interne des hôpitaux de Paris,
Chef de clinique Adjoint à l'hôpital des Enfants malades
Tous droits réservés.
INTRODUCTION
Cet ouvrage est consacré à l’étude des inflammations de l’arrière-gorge dans lesquelles il y a production de fausses membranes. De toutes ces variétés d’angines, la plus fréquente, la mieux connue est l’angine diphtérique; elle peut être présentée comme le type des angines pseudomembraneuses, mais elle n’est pas la seule. Il y a d’autres angines à fausses membranes qui ne relèvent pas de la diphtérie; les unes sont secondaires : elles apparaissent au déclin ou au cours des maladies infectieuses ou des maladies générales (scarlatine, variole, syphilis), les autres sont primitives et constituent à elles seules toute la | maladie.
Lés unes comme les autres ont fait l’objet de discussions nombreuses : suivant les idées régnantes, tantôt on les rattachait à la diphtérie, tantôt on les en séparait d’une façon complète ; seul, le contrôle bactériologique est venu trancher la
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question d’une manière définitive et justifier, sur bien des points, des opinions que les cliniciens ne pouvaient éméttre-qu’à titre d’hypothèse ; il a fait voir que des angines très voisines en apparence de la diphtérie devaient en être absolument séparées; que là où l’examen du malade, la non-contagiosité de l’affection ne permettaient - souvent pas de diagnostic précis, il devenait possible de nier l’origine diphtérique de l’affection.
Aujourd’hui, en effet, — et nous rappellerons plus loin les différentes étapes qui ont abouti à cette grande découverte, — l’agent pathogène de la diphtérie est parfaitement bien connu. On sait, depuis les travaux de Klehs, de Loffler, de Roux et Yersin, qu’il y a un bacille susceptible de. produire des fausses membranes et de donner lieu expérimentalement à la plupart des accidents, soit précoces, soit tardifs de la diphtérie. Sa présence, d’autre part, a été constatée dans tous les cas de diphtérie. Quand il fait défaut, il peut y avoir affection diphtéroïde, angine pseudo-membraneuse, on ne peut pas dire qu’il y ait diphtérie véritable.
Ce sont ces angines à fausses membranes non diphtériques, ces.angines pseudo-diphtériques que nous nous efforcerons surtout de décrire. Elles sont
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encore assez mal connues, et même elles sont toujours à l’étude. Rien n’est plus facile à comprendre. Jusqu’au jour où le bacille diphtérique a été isolé et constamment retrouvé dans les cas typiques, les efforts d’un grand nombre de médecins pour détacher de la diphtérie certaines variétés d’angines devaient fatalement échouer faute d’arguments décisifs. Il y a quelques années encore, on n’aurait pas pu songer à réunir, dans une même description, toutes les angines à fausses membranes en y comprenant, d’une part, celles qui sont provoquées par la diphtérie; de l’autre, celles quin’ont avec la diphtérie qu’une ressemblance plus ou moins grande. Voilà pourquoi, bien que le but de cet ouvrage soit essentiellement clinique, nous serons forcé, à chaque instant, de faire appel aux données les plus récentes de la bactériologie.
Sous le nom d’angines à fausses membranes nous ne décrirons que les inflammations de la gorge dans lesquelles il y a production d’un exsudât véritablement membraneux, cohérent, adhérent plus ou moins à la muqueuse, susceptible d’être détaché. Par là, nous éliminons les angines accompagnées d’exsudations blanchâtres, occupant soit les cryptes amygdaliennes, soit la paroi du pharynx, constituant même parfois une apparence
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de voile, mais privées de consistance et qui se # désagrègent dès qü’on les agite dans l’eau. Telles sont les angines pultacées, les amygdalites vulgaires, les angines de la rougeole, de la scarlatine ; toutes ces angines auxquelles on peut donneîlfc . avec juste raison, le nom d’angines blanches, ne rentrent pas dans le cadre de cette étude; elles n’ont qu’une apparence lointaine avec les affections pseudo-membraneuses; elles ne peuvent être comprises dans la même dëscription.
On pourrait encore donner à ce groupe d’angines le nom d 'angines couenneuses , mais à condition de spécifier nettement que cette dénomination doit s’appliquer à toutes les angines pseudomembraneuses, qu’elles soient ou non de nature diphtérique. Bretonneau, puis Lasègue, avaient soupçonné l’existence d’angines couenneuses communes ne relevant pas de la diphtérie ; leur opinion fut vivement combattue par Yalleix et par M. Peter, qui firent voir que bien souvent l’affection décrite sous le nom d’angine couenneuse commune n’était qu’une variété bénigne de l’angine diphtérique.
Nous proposons de les désigner sous le nom d’angines pseudo-diphtériques; ce sont, des angines qui se rapprochent de l’angine diphtérique
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• par la présence de la fausse membrane, mais qui s’en distinguent par l’absence de l’organisme spécifi que de la diphtérie.
( Ce travail comprendra cinq parties.
Dans la première, nous passerons en revue les diverses variétés, cliniquement distinctes, des angines pseudo-membraneuses, primitives ou secondaires : la plus grande place sera réservée à l’angine diphtérique.
La deuxième partie est consacrée à l’étude de la fausse membrane. Nous y ferons voir qu’elle peut n’être qu’un produit banal de la réaction de la muqueuse sous l’influence d’agents pathogènes multiples : elle n’a rien de spécifique.
Dans la troisième, nous étudierons le bacille de Klebs-Lôffler, son rôle dans la production des fausses membranes, l’influence des associations microbiennes sur la marche de l’angine diphtérique ; nous ferons voir ensuite qu’il y a des angines pseudo-membraneuses qui paraissent causées par d’autres microbes (Streptocoques, Staphylocoques, etc.).
Le diagnostic et le traitement des angines pseudo-membraneuses en général, de l’angine diphtérique en particulier, seront exposés dans les deux derniers chapitres de cet ouvrage.