INTRODUCTION
La scarlatine est à l’ordre du jour. Une épidémie importante a sévi sur la population parisienne, pendant tout le cours de l’année 1907. A la période des vacances le licenciement normal des écoles a fait baisser considérablement le chiffre de la morbidité scarlatineuse, mais depuis quelques semaines les statistiques accusent une recrudescence des cas de scarlatine, principalement en ce qui concerne la population infantile.
Normale au début de l’épidémie, l'affection semble avoir pris maintenant une sorte de génie particulier caractérisé par la fréquence au niveau de la gorge et même de la bouche des scarlatineux de lésions nécrotiques spéciales de la plus haute gravité pronostique. Il s’agit en somme de la forme décrite pour la première fois par Hénoch sous le nom d'inflammation nécrotique et confondue depuis avec les lésions gangreneuses ou ulcéro-membraneuses.
Il ést évident et l’investigation à laquelle nous nous
le > CE | sommes livré dans les hôpitaux d’enfants nous en a
donné la confirmation, que ces cas de scarlatine avec angine nécrotique sont beaucoup plus fréquents dans la seconde période de ceite épidémie parisienne. C’est ainsi qu’au pavillon Pasteur de l’hôpital Claude Bernard, où ont été hospitalisés toute l’année les enfants scarlatineux qui ne trouvaient plus place dans les pavillons d'isolement des hôpitaux d'enfants, M. le D'Griffon, qui dirigeait ce service, a observé un grand nombre de cas la plupart mortels, et dont le premier a fait son apparition au mois de mai 1907.
M. le D’ Griffon a mis à notre disposition les observations inédites d’un certain nombre de ces cas et nous a conseillé d'en faire le sujet de notre thèse inaugurale.
Ce sujet, outre son indéniable actualité, est d’autre part d’ungrand intérêt pratique, puisque le pronostic de ces scarlatines à tendance nécrotique est d'emblée de la plus haute gravité, malgré tous les efforts thérapeutiques.
Nous avons donc d’abord à remercier M. le D° Grir- FON d’avoir bien voulu inspirer notre thèse. C’est donc une dette de reconnaissance de plus à ajouter à toutes celles que nous lui devons pour les marques d'intérêt et d'amitié qu’il n’a cessé de nous prodiguer pendant le cours de nos études médicales. Aussi sommes-nous heureux aujourd'hui de lui témoigner, avec nos plus affectueux remerciements, l’assurance de notre respectueux dévouement.
Nos remerciements s'adressent également aussi vifs à tous nos maîtres dans les hôpitaux et en particulier à
M. le professeur Dieuraroy, qui a bien voulu nous
ER D rt agréer comme externe dans son service, et nous fait
aujourd’hui le grand honneur de présider notre thèse.
Qu'il veuille bien agréer nos sentiments de respectueuse reconnaissance.