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CHAPITRE XVI

TRAITEMENT

Sommaire. — Énumération des méthodes thérapeutiques. — I. Méthode atrophiante : procédés directs et indirects. — IL Méthode perturbatrice : procédés coagulants, électrolyse, méthode sclérogène, procédés irritants (phlogistiques), superficiels et profonds. — III. Méthode destructive : fer rouge, caustiques, écrasement linéaire, ligatures, opérations sanglantes, angiectomie. — Indications opératoires et époque de l’intervention . — Choix des procédés, basé sur la nature et le siège des lésions : angiomes circonscrits, pédiculés

ou sessiles ; 6, plaques næviques simples ; c, angiomes simples progressifs et angiomes caverneux ; g?, angiomes viscéraux.

Déjà, du temps de P. Broca, par une phrase consacrée, on répétait que la richesse, dont faisait montre la thérapeutique à l’égard des angiomes, n’était qu’un leurre. Le savant auteur du Traité des tumeurs s’élève contre cette idée courante et, de nos jours surtout, il n’est plus permis de l’exprimer. Les procédés innombrables, que nous allons passer en revue, avaient une première raison d’être dans le caractère protéiforme de l’angiome, qui a nécessité des méthodes#en rapport avec ses nombreuses variétés cliniques. Ils en avaient une se-

conde dans la crainte de l’instrument tranchant et de l’hémorragie, si répandue jusqu’à ces vingt dernières années. Cette double crainte a disparu avec les méthodes actuelles de la chirurgie générale. Par suite, toutes les appréciations sur la valeur thérapeutique des moyens opératoires et leurs indications, ont été bouleversées. Il ne faut pas cependant faire table rase du passé; car il reste encore l’extrême variabilité du type angiornateux, qui nous fera rechercher encore bien des vieux procédés.

Nous allons d’abord passer en revue tous les procédés thérapeutiques employés; puis, nous envisagerons chacune des différentes formes d’angiome, en nous demandant quel est le meilleur mode de traitement à leur opposer.

Suivant la division claire et partout suivie de Broca, on peut diviser les méthodes de traitement en trois grands groupes : méthodes atrophiantes, perturbatrices et destructives.

Avant de les étudier, nous rappellerons que Pauli (de Landau) avait tenté de dissimuler les taches vineuses de la face par le tatouage. Ce procédé, qui rend certains services en thérapeutique oculaire, est ici complètement insuffisant. Les particules de céruse, qu’on s’efforce de faire pénétrer dans le derme, n’arrivent jamais à présenter une confluence telle que l’angiome en soit masqué. Y arriveraientelles, que le malade porterait une difformité nouvelle à la place de l’ancienne. Il faudrait en effet tout l’art du peintre pour composer des nuances en rapport avec le teint du sujet; sans compter que le ta-

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louage, si réussi qu’il fût, ne pourrait subir les incessantes variations de couleur de la peau environnante.

I. Méthodes atrophiantes. — Elles ont pour but d’amener la résolution, l’atrophie de la tumeur, en agissant soit directement.soit indirectement sur elle.

Procédés directs. — a. Compression, — Boyer ^ nous a légué l’exemple d’une mère bien patiente; son enfant était né avec un nævus vasculaire de la lèvre supérieure; elle en obtint la guérison en comprimant la tumeur avec le pouce, sept heures par jour, pendant plusieurs semaines ! La compression, à l’aide de bandages, aurait donné des succès à Pelletan, Abernethy, Dupuytren, Dieffenbach^. Brainard, de Chicago, a eu l’idée de badigeonner les nævi avec du collodion; il obtenait ainsi une compression très douce et très uniforme, et sa méthode compte aussi quelques succès ^ SchrumpP se contente du sparadrap. Mais en général la compression .est insupportable ou insuffisante et, pour expliquer ses rares succès, il est bien permis de rappeler la tendance de beaucoup d’angiomes à la guérison spontanée.

h. Les succès d’Abernethy^ par la réfrigération ont -probablement la même raison. En tout cas c’est un procédé incommode et nous avons surtout beaucoup mieux.

1. Œuvres chirurgicales, Paris, 1845, 5® édit., t. II, p. 474.

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