Traité de chirurgie de S. Düplay et Reclus, I, p
ANATOMIE pathologique.
du capillaire; il y a encore allongement; de là les pelotonnemenls multiples et les formes en spirale ou en tire-bouchon.
Telles sont les lésions initiales de l’angiome. C’est le stade de l’ectasie uniforme, cijlimbnque (P. Broca).
Mais à un degré plus avancé, Tectasie devient irrégulière; Tatrophie succède par places à l’hypertrophie et la paroi se distend inégalement en forme de poches ou de diverticules. C’est le stade des dilatations, irrégulières, moniliformes, ampullaires ou sacciformes.
On a beaucoup discuté pour savoir quelle était la véi'üahle nature des vaisseaux de l’angiome. Tl ne peut plus y avoir doute aujourd’hui : ce sont, pour la plupart, des capillaires vrais, comme l’indique leur structure, si altérée qu’elle soit, et leur situation anatomique entre les artères et les veines.
Ici se pose un autre problème. Le réseau capillaire est-il seul et primitivement intéressé? L’angiome ne peut-il se développer sur les plus fins vaisseaux artériels ou veineux? En d’autres termes, avec Roux, Gerdy, Follin, doit-on admettre un angiome artériel et un angiome veineux?
L’angiome artériel c’est la tumeur cirsoïde (Terrier) : elle se complique si souvent et si rapidement de varices artérielles, pour constituer l’anévrisme cirsoïde, qu’on ne peut songer à la conserver dans le groupe des angiomes.
Il n’en est pas de même de certaines tumeurs vasculaires veineuses qui, à défaut d’une origine anatomique commune, offrent avec les angiomes capillaires de grandes analogies cliniques. En réalité,
elles sont constituées par les varices des radicules veineuses, associées ou non avec des ectasies capillaires. Aussi, avec Virchow, les appellerons-nous angiomes ou nævi variqveux. Elles prennent fréqemment le type caverneux, grâce au calibre considérable des vaisseaux qui leur donnent naissance. Dans un cas de Bardeleben^ une tumeur semblable s’était formée aux dépens de varices congénitales du membre inférieur.
La discussion précédente a pour raison ce simple fait qu’entre capillaires, artérioles, veinules et autres vaisseaux..., les transitions sont insensibles; la pathologie devait forcément refléter cet état de choses. 11 est impossible de dire d’une façon absolue : là finit l’angiome, ici commence la tumeur cirsoïde et ici l’anévrysme. Natura non facit saltus pas plus en anatomie qu’en pathologie, et on en a souvent la preuve! La bronchite capillaire, la broncho-pneumonie lobulaire ou pseudo-lobaire, par exemple, ont engendré les mêmes hésitations, quand on a voulu les séparer entre elles et d’avec les autres phlegmasies pulmonaires.
Dans l’angiome simple, on se rend déjà compte à l’œil nu de la présence d’un certain nombre d’artérioles ou de veinules. Elles offrent des lésions semblables à celles des capillaires : hypertrophie, dilatation et même varicosités. Leurs parois sont pauvres en libres élastiques, ce qui favorise leur ectasie (Jardet)^ Entre les plus petites d’entre elles et les capillaires altérés la différence est légère. P. Broca
]. Cité par Virchow, L c., p. 35.