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Mémoire sur le fongushématode, Genève, 1820, p

SOUS le nom d’angiomes superficiels tous ceux qui ne dépassent pas le tissu cellulaire sous-cutané ou sous-muqueux. Les profonds comprendront les autres.

A. Angiomes superficiels. 1° Cutanés. — Les angiomes cutanés, facilement appréciables à la vue, constituent le plus grand nombre des faits observés; on les désigne communément sous les noms de nævi materni, nævi utérins, signes, envies, etc. Nous les appellerons nævi par abréviation.

A leur niveau la peau offre des nuances très variables, depuis le rose pâle jusqu’au violacé presque noir, en passant par tous les intermédiaires : aurore, rose, amaranthe, écarlate, grenat, violet, etc. — Ces différences de teintes les font désigner souvent du nom d’angiomes artériels ou veineux. Nous savons déjà que leur couleur ne permet pas de préjuger de leur nature ou de leurs tendances : cette expression est donc mauvaise et doit être abandonnée.

Ils pâlissent sous l’influence d’une pression assez forte et un peu prolongée nécessaire surtout pour les nævi anciens ^ ; mais la coloration de la peau ne disparaît jamais complètement. Elle se fonce, au contraire, pendant les cris, les efforts, les attitudes déclives. Le froid a le même effet. La chaleur don-

1. L’un de nous a même essayé vainement, chez un malade porteur d’une tache vineuse nettement angiomateuse, d’obtenir cet effet. Il serait intéressant de rechercher si les nævi anciens ne s’accompagnent pas à la longue de lésions pigmentaires plus communes que ne le feraient supposer les rares observations de Horner, Panas, Brunschwig, etc..., et celles de J. Israël [Soc. de Med. Berl., 26 janvier 1895. Cfr. Anat. path.).

SYMPTOMATOLOGIE.

nerait au contraire au nævus une teinte plus vive, plus éclatante.

Les mêmes causes ont une action parallèle sur leur volume. Le fait est rare cependant ; l’angiome simple ne jouit que bien rarement de l’érectilité.

Leur forme est tout ce qu’il y a de plus variable. On peut distinguer deux types principaux : la tache et la tumeur.

a. La tache ou nævus plan ne forme pas de relief, ou bien, si celui-ci existe, il perd toute importance devant l’étendue du nævus. Au palper, il arrive aussi qu’on ne constate aucune différence entre le nævus et la peau environnante. Cependant, l’angiome superficiel donne en général une sensation spéciale d’épaississement, de rénitence qui, à un degré plus élevé, prend le caractère spongieux. La surface offre quelquefois une multitude de petits points acuminés, semblables à la chair de poule, de coloration rougeâtre : cet aspect tient à la distension des papilles et à l’hypertrophie des glandes. D’autres fois, elle est semée de fines arborisations vasculaires; tantôt l’étendue de ces taches est si faible qu’on les a comparées à des piqûres de puce. Tantôt elles recouvrent une moitié de la face, un segment de membre ou tout un côté du corps : leur coloration rouge vif ou vineuse leur a vallu le nom de « N, Flammeus^ » taches de feu, taches de vin. Elles constituent une difformité assez désagréable à voir. Les plus petites, au contraire, sont, paraît-il, un ornement et, sous le nom de grains de beauté, elles partagent ce privilège avec les nævi pigmentaires. Leur teinte va en dégradant du centre à la périphérie, mais leurs bords ne fusion-

nent pas avec la peau environnante. Elles offrent quelquefois des prolongements, des digitations qui les ont fait comparer à des araignées (N. Araneus).

6. La tumeur, ou angiome tubéreux ne diffère guère du nævus plan que par sa saillie. Elle est circonscrite ou diffuse, sessile ou pédiculée. Sa surface peut être mamelonnée, au point de ressembler très exactement à une mûre, une fraise, une framboise. D’autres fois, elle est absolument lisse et Marjolin^ présenta à la Société de chirurgie une tumeur nævique qui simulait absolument un bigarreau. Le pédicule varie comme le reste; tantôt son existence est pour ainsi dire virtuelle; tantôt il est allongé et mince. Le professeur Lannelongue^ en a vu un qui n’avait que deux millimètres d’épaisseur pour une longueur d’un centimètre; la surface de la tumeur était flétrie comme celle d’une cerise à l’eau-de-vie. Certains de ces angiomes pédiculés ont ainsi la plus grande analogie avec le fîbro-molluscum. Les tumeurs sessiles reposent quelquefois sur un nævus plan qui les déborde de toutes parts ou même s’enfonce dans le tissu sous-cutané : c’est Tangiome mixte de Wardrop. Nous avons aussi observé un cas d’angiome parsemé d’une série de petites saillies angiomateuses analogues à des grains de groseille rouge.

Taches ou tumeurs existent à l’état isolé ou en plus ou moins grand nombre sur le même sujet. Hutchinson" en a compté plus de cent sur le corps d’un même individu et toutes distinctes les unes des

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