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a^LE COMMOW INFORMER.
LE COMMON INFORMKir.
' Oi\ opinion est...
I Ici nous osons réclamer du lecteur l'attention la plus respectueuse pour l'opinion du viconile Melliourne, premier ministre , telle qu'elle a été exprimée dans la chamlirc des Lords , la seconde année du rècne de la virpiiinle Victoria. )
" .Mon opinion est que. quelque lirillant que soit le I lient d'un homme , quelque grand que soit son génie , la profession dont je parle (c'est-h-dire la maiiistralure) éteint l'intelligence et éraousse les facultés de l'esprit . et c'est une règle presque sans exception, n Le journaliste ajouie entre parenthèses : (Hilarité prolongée^.)
Donc, si nous en croyons lord Melbourne, nous devons éprouver un vif sentinieni de pitié pour tous les présidents de cour passés et h venir, pour tous les juges . avocats du roi , défenseurs, etc. ; nous devons , l'œil en pleurs , les voir se rapetisser, se détériorer, s'amoindrir. Les flambeaux des cours , raalçré leur éclat constant . ne sont que de méprisables lanternes; les hautes colonnes de la loi ne sont que des colonnes déplorablemenf torses.
Ainsi , quand nous lisons les noms des victimes appelées à ju;;er les liommes. nous
' Sorte d'agent Judiciaire chargé de découvrir et de constater lc« contraventions à certains règlements : par exemple . de poursuivre les propriétaires de voitures non numérotées , les maîtres de taverne elle/ lesquels on fdit de la musique sansaulorisalion, les jeux, les loteries clandestines, eic; il veille à l'application des statuts ordinairement interprétés au détriment des classes pauvres et nuisibles à leurs intérêts. Aussi est-ce un personnage généralement détesté.
(A. du r.) - Voyez le discours de lord Melbourne sur le bill relatif au gonverm ment américain , 10 août IS3«.
IVole ditavUvr. )
202 I.K COMMUN IM(iliMi:i!.
(Ii'\(iiis \oii cil elles des iii:illieiiivu\ cmuiainm'sli une iiu'vilablcclcyrailalion d'iiilel ligoiieo.h dos exercices journaliers (|ui l'aussonl leur esprit , à une atnidsplK re (jui obscurcit cl lernit leurs plus lirillantes facullés. Toulelois une réilexion doit les consoler, c'est qu'avec tons ces désavantages évidents , ils sont désiiinés pour servii- aux autres de conseils et de guides; lien (pie leur esprit soit éinoussc , il est le mentor de celui de leurs eoiiciloyens, cl si leurs capacités intellectuelles sont ciieliaînées , elles sont à l'unisson de celles de leurs frères, et par cela même propres à leur rendre service.
Or, puisipic telle est l'iiievilalile coiidilion des hoiniues destinés ii étudier les licaiilés transcenda ni es de la loi , quel doit être le triste état des malheureux individus (jui se sont voués à en connaître a loiid les ini perfections? Si un docleiir en droit est un cire aliruli , (pie sera donc un cuinmmi iiifonncrï .Mais le fâcheux elTct de ses études n'est (;iie trop sensible sur son visage.
\.c coinuioii infonucrréiitùi sur sa physionomie la linesse dangereuse d'un habile procureur cl la vivacité d'un lilou : nous avons vu nii (oi)»/(o/( ()//o/?»i7 dont la ligure nous faisait reflet de celle d'un lurel i asé , cl nous cioyons en avoii' lroiiV('' la véritable raison.
On dit ([Ue les enfants à la manielle, dont les yeux sont constamment levés vers le visage de leurnière , contractent avec elle une certaine ressemblance. Le common informer, dont les regards sont constamment lixés sur les détours et les subtilités des statuts, acquiert une expression de fourberie, de bassesse, de demi-sagesse, d'avidité , (|ui trahit les études (jii'il affectionne. Le conwiou informer est de fait reiilanl. le rejeton légitime du mauvais législateur, et il s'ensuit (pie le tri'S-iioble manpiis de '*" peut, sans le savoir, être le père législatif d'un Johnson et d'un Pyers!
Mais, nous objeetcra-t-on, malgié la haine dont on rentourc, malgré les injures (|u'oii lui prodigue, le common informer est piul-être un hoinnie utile el bienveillant. Ses fonctions, si suspectes, si méprisées de tous , peuvent soin eut \enir à l'ap- |iui de la sagesse légi^lative , et assurer li la société les liicnfaits de la philaiitliKipic paiienientairc. Louanges lui soient lendui^s (piand telcst son (bwscin I C'estalors un pei • sonnago moral , un philosophe (jui , sous un titre odieux , travaille ii faire observer les bonnes lois. Sous ce point de vue il est digne d'eslime; mais ma!heureusen;ciit nous ne [louvoiis nous rappeler aucun iliiistie informer <pii, se distinguant de ses collègues, ait agi abstractivemeiit pour le bien piiiilic, dans le cas où la moitié de l'amende imposée ne lui revenait pas.
Le ledcur peut avoir vu une grande el belle \oitiiie(iui , ;i certaines époques, i ai l du bureau de police de Bow -Street pour la iirisondii cointc. i;lle eiifeimedes honiines et des femmes qifi ont conunis des délits conlre les statuts. 11 n'y a pas encore loiiglemps, un célèbre JH/br»(ir dirigea une information contre la domesticité de notre reine virginale , pour avoir oublié de mettre sur celle voitiii(! ses armes el ses initiales , et a\oir ainsi exposé leur gracieuse maîtresse au malheur d'une amende. Mais on trouve rarement les reines en défaut, el nous sommes heureux d'avoir à constater que sa majesté échappa au sentiment sévi'ic de justice ipii aiiiin.iit le sein de Vinfoniirr. l'oiirtant nous avons cru de notre devoir envers celui-ci de noter une cii-