LES ANIMAUX SAUVAGES, EN CAPTIVITÉ
Les animaux sauvages ne prennent pas la tuberculose dans les conditions naturelles. Il y a quelques exceptions mais elles sont insignifiantes : OLT STROSE et Kirr l’ont signalée chez un cerf, un
chevreuil et un sanglier, Capior chez un cygne, MAGNUSSON (42)
l’a décrite chez une sarcelle noire et un chevreuil en remarquant, Re. que : « La tuberculose est excessivement rare sur les animaux
sauvages et le gibier vivant en toute liberté. »
Mais ces êtres, pris en captivité, sont parfois ‘décimés par cette 4
maladie redoutable. ss 4 Singes Et
La tuberculose des singes, par sa fréquence, Sn celle des |
noirs qui transplantés de leur milieu sauvage dans les régions civilisées, parmi les Biancs atteints, en des formes les. plus graves et en grand nombre (P' Jacques DELARUE). La tuberculose du singe en captivité est bien connue des commerçants d'animaux sauvages. Arraché à sa jungle et exposé au contact avec les hommes le singe succombe très souvent de la tuberculose humaine. E. LiINDEMANN prétendait même, que, comme chez l’homme, le
type humain du pas est plus Ut pour cet HA que. lee
type bovin.
En effet, le type humain du microbe a été très fréquemment trouvé chez les primates. RABINovITSCH en 1905, en trouve dixneuf fois chez 27 des animaux tuberculeux, en ne comptant pas un Cas où dans les poumons se trouvait le bacille humain et dans la rate celui des bovins, deux cas du type passager entre le type humain et bovin et un cas du type passager entre le type humain et aviaire (52).
E. LINDEMANN achète les singes chez divers commerçants et les enferme dans des cages séparées pour rendre impossible la contagion entre eux. Il vérifia chez deux de ces animaux le type humain sur 5 tuberculeux (35). Ces deux singes avaient une tuberculose généralisée et les poumons étaient pris de telle façon « qu’il n’y avait plus de parenchyme pour respirer ».
PLUMMER (cité par LINDEMANN) sur 35 cas de tuberculose des anthropomorphes trouva 32 fois le bacille humain!
Dans le deuxième rapport de la Commission Royale de la Tuberculose, on trouve deux singes atteints par le type humain du microbe (cité par LINDEMANN).
R. LOoVELL chez un chimpanzé et un orang-outang a isolé les bacilles humains (36). :
Ach. URBAIN a publié dernièrement des travaux intéressants sur la tuberculose des animaux sauvages. Sur 8 chimpanzés atteints, deux qui vivaient dans une ménagerie foraine et resaient toujours en contact avec le public, sont morts d’une tuber-
culose nerehoée Le Ho ce du bacille était humain (61). Sur
ve 40 singes qu’il a examinés, 34 étaient contaminés par des microbes
du type humain. Cet auteur a observé au parc zoologique du Bois de Vincennes, que ces animaux entassés sur les rochers et eXpPOsés constamment au contact avec le public ont été la proie d’épi- démies graves de tuberculose. -
URBAIN a enregistré un cas (64), L. Cogger (cité par BERNARD) deux cas de tuberculose humaine chez les lémurs.
Sans doute, A. S. GRIFFITH (cité par BERNARD) a raison Fe penser que le singe est également sensible aux microbes humain et bovin, contrairement à ce qu’a pensé LiNDEMAN. Sans tenir
compte de cette’ question, après notre étude, il est évident que le bacille que l’on trouve habituellement chez les primates, est le
bacille humain, d’où la conclusion que le contact avec les personnes tuberculeuses est très dangereux pour les singes emprisonnés. Notons que URBAIN a enrayé la tuberculose des singes par le B.C.G. et par leur séparation du public au moyen de glaces.
Eléphant
Un éléphant d'Afrique arrive dans la ménagerie dirigée par Ach. URBAIN (64) et meurt subitement. L’autopsie révèle dans les poumons des cavernes importantes et l’Institut Pasteur trouve le bacille humain.
Un cas identique de tuberculose pulmonaire, ee au même type du microbe, est signalé par THIERINGEN chez un éléphant des Indes (59).
Un autre exemple nous est Se par DAMMAN et STEDEFEDER et I. E. BERNARD nous affirme que cet éléphant était infecté par le public qui lui jetait des morceaux de pain. Dans tous les cas, le bacille humain fut découvert.
« Le bacille du type humain — dit an — est trouvé sou-
vent chez les éléphants. »
Autres Animaux
Et voici d’autres animaux sauvages atteints par le bacille humain (cité par BERNARD) : un pécari, un daim, une antilope, un gnou, une girafe, deux coati, un benturang. LOVEL en trouve chez une nandinie (36): URBAIN chez un porc-épic (62), victime d’une tuberculose généralisée. Un ours des cocotiers est mort de la tuberculose pulmonaire 15 mois après son entrée en capti-
vité (64) et on: a identifié lé bacille de Kocx du type humain;
UrBain et BULLIER (63) -soupconnent que c’est le public qui le
contamina avec le pain ë les friandises qu il lui distribuait en
grande quantité. et Oiseaux
Le fait que les oiseaux s’infectent de la tuberculose humaine devient de plus en plus évident à la lumière des recherches de ces dernières années. -
Ce sont les poules qui ont été le sujet des investigations selon G. LESBOUYRIES (34). La résistance de ces oiseaux au bacille
humain est bien connue, mais on sait déjà qu’elle peut être vain-
cue et Rossini trouve presque constamment les lésions chez les poules tuberculisées expérimentalement avec le-bacille humain. LENTz détermine la maladie spontanée chez la poule en lui faisant ingérer des crachats humains: de même BELLER et HENNINGER, CAMERON et enfin FELDMAN (21), qui en 1934, conclue que la tu-
berculose ainsi obtenue n est jamais intense et retrocède faci-
lement.
MOLLEREAU, CHELWOSKI, DE LAMALLERÉE, CAGNY, DURIEUX (cités par LESBOUYRIES) donnent des exemples de la contamination des volailles par le bacille numain.
BARILE nous relate un cas où la volaille d’une ferme a été rendue malade par une femme tuberculeuse qui, inapte au travail, distribuait le grain aux poules qui mouraient de la tuberculose. Les lapins inoculés avec le prélèvement des lésions de ces poules ne moururent pas dans 6 mois, tandis que les cobayes pé-
rirent en 45 jours d’une tuberculose généralisée; BARIL croit.
donc avoir affaire au bacille humain.
Sauf les poules, le canard peut être contaminé par le bacille humain, MOUQUET en signale un exemple (40) de Philadelphie.
La tuberculose des psittaces d’origine humaine est fort bien connue. Voici un cas relaté par CApioT en 1898 (11). « Parmi les observations que j’ai recueillies, il en est où l’origine humaine de l'infection est établie aussi nettement que par des résultats expérimentaux. Je désire ajouter la suivante à celles que j’ai déjà relatées ici: une petite perruche verte, achetée en 1896 par M. A, demeurant à Paris, 9, rue des Deux-Ponts ». Depuis l'achat, elle n’avait jamais eu de rapports ni de contact avec d’autres oiseaux. Sa santé était excellente jusqu’en septembre 1894. Le propriétaire déclara à Capior que dans le courant de l’année 1894, il toussait beaucoup et crachaïit, du mois d’août
au mois de décembre. Puis, il allait mieux, mais quelque temps
après il se trouvait affaibli. Capror le fait cracher, fait
PÉOUE À