‹ Les années de gaietéChapitre 7 sur 60 · SCENE UNIQUE · texte numérisé non relu

SCENE UNIQUE

[ême décor que celui de la première journée. M. de Bourdensac lit les journaux.

un domestique, annonçant. — Monsieur Landry.

de bourdensac. — Ah î je vous attendais, mon cher mi... Votre argent est prêt. Prenez donc ce fauteuil.

landry, à part. — Comment ai-je pu me tromper 'une façon aussi grossière... C'est qu'il ne ressemble as du tout à l'autre !

de bourdensac. — Mais qu'avez-vous? un bras en îharpe... Qu'est-ce qui vous est arrivé, Landry?

landry. — Rien. Un coup d'épée que je viens de îcevoir pour vous.

de bourdensac. Pour moi?

landry. — Ou à cause de vous. C'est une histoire que

vous raconterai un de ces jours.

Entrée immédiate en matière. — Les journaux donnent le la. Steeple-chase de rengaines. — Crescendo.

Le concert annuel du pianiste O'Flanchard aura lieu le Ier avril prochain, à la salle Herz.

(Moniteur universel.)

Le pianiste O'Flanchard donnera son concert annuel dans la salle Herz, le Ier avril prochain. Il y fera entendre ses nouvelles compositions. (Journal des Débats.)

C'est dans la salle Herz, le 1er avril prochain, que doit avoir lieu le concert du célèbre pianiste O'Flanchard.

La moitié des stalles est déjà retenue pour cette soirée, qui sera un véritable événement dans le monde musical. (La Preste )

On nous prie d'annoncer le concert de II. O'Flanchard, pianiste. Nous le taisons avec d'autant plus de plaisir que M. O'Flanchard est un artiste sincère, dans l'acception la plus élevée de ce mot. On parle de deux compositions destinées au plus grand succès, et qu'il exécutera pour la première fois : Adieu, patrie! et la Sieste des cigales. Rendez-vous le 1er avril, à la salle Herz. (Le Siècle.)

Nous sommes dans la saison des concerts. Jamais peut-être l'épidémie n'avait sévi avec autant de rigueur que cette année. Au milieu des pianistes en of et en ski dont Paris est en ce moment affligé, il serait injuste toutefois de ne pas créer une exception en faveur du jeune Irlandais O'Flanchard. Son jeu magistral et sobre, l'inépuisable variété de ses motifs, lui ont assigné le premier rang parmi les illustrations du piano. Les amateurs de bonne musique ne manqueront donc pas à son concert annuel, qui est annoncé pour le 1er avril prochain, à la salle Herz. (Le Constitutionnel.)

Personne n'ignore l'extrême réserve que nous nous sommes imposée à l'égard des musiciens et surtout des exécutants. Il faut tout le talent hors ligne et l'immense réputation du pianiste O'Flanchard pour nous déci-

der à sortir de cette règle. C'est que le suave auteur de la Sieste des cigales et de tant de petits chefs-d'œuvre de mélodie, unit à la science harmonique des vieux maîtres l'originalité et la fougue qui caractérisent l'école moderne. Dans une récente excursion en Belgique, O'Flanchard a recueilli partout sur son passage des ovations aussi flatteuses que légitimes. Il rapporte de son voyage plusieurs compositions nouvelles que nous aurons l'occasion d'applaudir à la salle Herz, le 1er avril prochain. Avis aux retardataires! (La Patrie.)

Il faut avoir entendu comme nous l'étonnant pianiste O'Flanchard pour se faire une idée des ressources inconnues que peut offrir le piano, cet instrument tant calomnié. Sous les mains savantes du prodigieux artiste, ce n'est plus un piano, c'est une flûte, c'est un violon, c'est un orgue, c'est un cor, ce sont les mille hruits de la création, les soupirs du vent dans les branches, les dialogues des rossignols dans la nuit sombre, les voix de la terre unies aux voix du ciel dans un ineffable cantique d'amour. OTlanchard résume sans les imiter Thalberg, Liszt, Chopin, Doëhïer, Prudent. Littolf et tous les princes de l'art ; il sait marquer d'un incontestable cachet de nouveauté et de grâce ses moindres fantaisies, qui se trouvent aujourd'hui sur toutes les tables des salons. Quoi de plus adorable, par exemple, que son boléro, n°S bis! quel merveilleux caprice que : Ce que le flot dit à l'étoile! Toute la poésie

des Alhambra a passé dans le premier ; toute la rêverie germanique se déploie dans le second. Aussi faut-il bien se garder de confondre 0'Flanch.ard avec cette nuée de pianistes dont Paris voit invariablement le passage en cette saison. Parmi tous, son concert a le privilège d'attirer l'élite du monde aristocratique ; il est fixé, cette année, au 1er avril, dans la salle Herz. Nous ferons connaître le programme. (Le Pays.)

Tout Paris voudra être après-demain au concert si impatiemment attendu du grand pianiste OTlanchard, à la salle Herz. (L'Indépendance belge.)

Demain, irrévocablement, le grand concert de OTlanchard, à la salle Herz. Tout est loué. (Le Nord.)

A ce soir, huit heures, à la salle Herz, le magnifique concert de O'Flanchard, l'élu du piano ! (Le Charivari.)

Où le îeetcur verra, non sans quelque étonnement, tout ce qui peut tenir sur une feuille de papier timbré de trente-cinq centimes, et comment se font certaines réputations.

<( Entre les soussignés, M. Félix-Léon Moi eau, dit » O'Flanchard, musicien, demeurant à Paris, passage

CONCERT DONNÉ PAR O'FLANCHARD il

» des Deux-Boules, n°7, d'une part; et M. G i, en-

» trepreneur de succès, avenue de Neuiily, n° 42, » d'autre part;

» Il a été convenu ce qui suit :

» M. G i s'engage :

» 1° A apporter tous ses soins à l'éclat et au reteny> tissement du concert que doit donner ledit sieur Moi> reau, dans la salle Herz, le 1er avril prochain ;

» 2° A garnir les trois premiers rangs des stalles de » la façon la plus brillante, — soit quatre ou cinq fa- » milles étrangères, d'une apparence respectable ; au- » tant de demoiselles en robe blanche, décolletées, les » bras nus, avec bouquets et fleurs dans les cheveux ; » quelques diplomates (chauves autant que possible), » en cravates de batiste brodées et porteurs d'une bro- > chette de croix ;

» 3° A renforcer le pourtour d'une cinquantaine d'a- » mateurs enthousiastes, ne craignant pas de traduire t> leur approbation par de vifs battements de mains » avant et après chaque morceau de M. Moreau, — » exclusivement. — Toilette convenable; les gants, » nuisant à la sonorité des applaudissements, ne sont » pas de rigueur.

» 4° A assurer la présence d'un minimum de trente d célébrités, telles que feuilletonistes, comédiens, phod tographes, ambassadeurs, etc., etc.

t> Moyennant quoi, le sieur Moreau, dit O'Flanchard,

d s'engage, de son côté :

» 1° Â compter audit sieur G i la somme de qua-

d tre cent cinquante francs, payables de la manière sui- » vante ; savoir : deux cent vingt-cinq francs aujour- » d'hui, et les autres deux cent vingt-cinq francs une » demi-heure avant le concert;

» 2° À lui remettre une moyenne de deux cents billets » de stalles et de quatre-vingts places de pourtour;

» 3° A lui tenir compte d'une gratification suppléi mentaire de deux francs par chaque tête de célébrité, » — au-delà du nombre exigible précité plus haut.

» Fait double et de bonne foi entre les parties sous- > signées ; à Paris, le 15 mars 4860.

v Approuvant récriture ci- dessus :

y> F. L, Moreau, dit 0' ' Flancha rd, »

Spécimen de la grande affiche jaune du concert. — Modèle de toutes les séductions artistiques. — Irrésistible programme.

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