‹ Les années funestes, 1852-1870Chapitre 50 sur 53 · EPIZOOTIE SUR LES HOMMES DE DECEMBRE · texte numérisé non relu

EPIZOOTIE SUR LES HOMMES DE DECEMBRE

Cela n'empêche pas le maître De continuer le festin.

On a vu Mocquart disparaître; Espinasse est mort ce matin; Bineau suit Fortoul qui l'appelle; Le fossoyeur a pris sa pelle ; Apportez les bières de plomb ; Fossoyeur, aide à les descendre, Jette sur Morny de la cendre Et de la fange sur Troplong.

Chacun son tour. Partez, complices l Noir Saint-Arnaud au cœur d'acier, Tu trébuches; Magnan, tu glisses; Tu t'en vas, sanglant Pélissier.

Fould, la corruption est vraie, Meurs. La mort fauche cette ivraie Comme les moissonneurs le blé ; Billault tombe, Delangle tombe.

Dupin vient d'entrer dans la tombe ; Les vers de terre ont reculé.

Oh! de Strasbourg jusqu'à Bayonne, Quelle fête et comme on est gai!

Compiègne rit, Biarritz rayonne, Saint-Cloud de joie est fatigué.

Basile raille don Quichotte.

Un doux bruit de baisers chuchote Dans la molle fraîcheur des bois.

On trinque; effusion touchante!

Et le guet-apens dit : Je chante!

Et le massacre dit : Je bois !

La table est une grande lyre ;

Tous mangent. Gloire aux dieux régnants !

Le vin d'où sort l'éclat de rire

Luit dans les verres frissonnants ;

Les femmes ont la gorge nue ;

La fanfare dans l'avenue

Saute et bondit comme un esprit;

Le bal tourbillonne en cadence...

Et maintenant, tandis qu'on danse,

Et maintenant pendant qu'on rit,

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