‹ Les années funestes, 1852-1870Chapitre 9 sur 53 · LES VAINCUS FONT LEURS CONDITIONS · texte numérisé non relu

LES VAINCUS FONT LEURS CONDITIONS

Eh bien, allons ! mentant, pillant, volant, broyant,

Coalisez-vous tous ! que ce soit efirayant !

Nous sommes prêts au deuil, à la mort, au martyre.

Que d'un coup de collier le genre humain s'en tire !

Frappez-nous, percez-nous ! Traversons, s'il le faut,

Avec le dernier camp, le dernier échafaud !

Qu'il soit hideux, devant la terre intimidée.

Ce duel sombre où la force a terrassé l'idée !

Que le passé se rue et morde l'avenir!

Qu'Haynau vienne tuer et Mastaï bénir !

Qu'ils soient les éperviers, Seigneur, et nous les proies I

Que nos poignets gonflés saignent sous les courroies !

Que nous soyons trahis, vaincus, chassés, brisés,

Et que tous les Judas donnent tous les baisers !

Finissons-en; voici nos têtes pour le glaive...

Pourvu qu'à l'orient une blancheur se lève !

Pourvu que, dans ses mains tenant tous les flambeaux,

L'éclatant avenir sorte de nos tombeaux !

Pourvu que naisse enfin la nouvelle âme humaine !

Pourvu qu'au vieil Adam Dieu par la main amène,

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