LES VAINCUS FONT LEURS CONDITIONS
Eh bien, allons ! mentant, pillant, volant, broyant,
Coalisez-vous tous ! que ce soit efirayant !
Nous sommes prêts au deuil, à la mort, au martyre.
Que d'un coup de collier le genre humain s'en tire !
Frappez-nous, percez-nous ! Traversons, s'il le faut,
Avec le dernier camp, le dernier échafaud !
Qu'il soit hideux, devant la terre intimidée.
Ce duel sombre où la force a terrassé l'idée !
Que le passé se rue et morde l'avenir!
Qu'Haynau vienne tuer et Mastaï bénir !
Qu'ils soient les éperviers, Seigneur, et nous les proies I
Que nos poignets gonflés saignent sous les courroies !
Que nous soyons trahis, vaincus, chassés, brisés,
Et que tous les Judas donnent tous les baisers !
Finissons-en; voici nos têtes pour le glaive...
Pourvu qu'à l'orient une blancheur se lève !
Pourvu que, dans ses mains tenant tous les flambeaux,
L'éclatant avenir sorte de nos tombeaux !
Pourvu que naisse enfin la nouvelle âme humaine !
Pourvu qu'au vieil Adam Dieu par la main amène,