A DANTAN AINE
Mon cher Dan tan,
Voulez-vous venir à mon concert et pouvez-vous disposer d'une de ces deux places en faveur de votre frère? Vous me ferez plaisir.
Tout à vous.
H. BERLIOZ
Bibliothèque du Conservatoire (Autographes).
A ERNEST LEGOUVE
Paris, dimanche matin.
Mon cher Legouvé, Quand vous viendrez à Paris, avertissez-moi, je vous prie. J'ai à vous faire entendre ce que j'ai écrit la
semaine dernière sur vos vers charmants de la Mort d'Ophélie (que j'avais perdus et que j'ai retrouvés).
Si cette musique vous plaît, j'instrumenterai l'accompagnement de piano pour un joli petit orchestre et je pourrai l'aire exécuter le tout à un de mes concerts.
Mille amitiés sincères,
H. BERLIOZ
Communiqué par M. Paladilhe.
La Mort d'Ophélie n'a paru en partition qu'en 1854, dans Tristia, où elle porte la date du 4 juillet 1848; mais cette date, qui est celle du dernier développement de l'œuvre, est certainement postérieure à la composition première (voir à ce sujet nos Berlioziana, Ménestrel, novembre 1905).
AU MEME
Voilà, mon cher Legouvé, trois articles sur Gluck, commencés par celui intitulé :
Du Système de Gluck en musique dramatique.
Il prépare les autres.
Mille amitiés.
Je suis tout remué par cette musique qui dormait dans ma mémoire et que vous avez réveillée.
H. BERLIOZ
P. -S. — Je prie madame Legouvé de pardonner à la rudesse de certaines expressions en lisant ma nouvelle sur Cellini. Je n'étais pas de bonne humeur en écrivant cela.
Communiqué par M. Paladilhe.
La nouvelle sur Cellini (Un premier opéra) date de 1837 (voir ci-dessus, lettre du 29 juillet 1837, et note à la suite). Quant aux articles sur Gluck, Berlioz en a écrit un grand nombre dans les revues littéraires et musicales, au début de sa carrière. Tous les articles mentionnés dans cette lettre ont été réunis dans le Voyage musical, premier livre de Berlioz (2 vol.), paru en 1844. L'omission de ce titre dans la lettre ci-dessus semble indiquer qu'il s'agit d'un envoi des articles à une époque antérieure et sous leur forme originale.
A CHOPIN
Mon cher Chopin,
Excusez-moi auprès de Liszt et de ces messieurs ; je ne pourrai pas me trouver ce soir à votre dîner; j'ai trop à travailler.
Je vous verrai, je pense, après-demain, ainsi que Liszt, dans la matinée.
Tout à vous.