‹ Les années romantiques, 1819-1842Chapitre 94 sur 185 · Casimir Eaure. Odile Berlioz · texte numérisé non relu

Casimir Eaure. Odile Berlioz

LES ANNÉES ROMANTIQUES. 2ôo

A HUMBEKT FERRAND

Grenoble, lundi, le 20 août 1S32.

Mon cher ami, Je partirai dici pour les Abrels mercredi prochain à midi, j'y serai à huit heures du soir; alors, si vous pouvez me venir prendre jeudi matin, tout ira bien; si non j'irai à pied à Belley. Car je brave la chaleur au point d'être venu de la Côte ici à pied dernièrement, partant à dix heures du matin l. Vous voyez que le soleil d'Italie m'a bronzé.

Adieu a riveder lo.

Collection de M. Gaston Calnann-Lévy.

A THOMAS G 0 L' N E T

Belley, 25 août 1832.

Mon cher Gounet, Mon beau-frère m'a apporté les deux exemplaires de vos mélodies que vous m'avez envoyés et, de plus, une

1. Il y a cinquante-cinq kilomètres de la Côte-Saint-André à Grenoble. II y en a une quarantaine des Abrets à Belley.

bonne et charmante lettre sur laquelle je ne devais guère compter d'après les sottes quelques lignes que je vous écrivis sous l'influence spleenique de la chaleur. Ma sœur aînée se trouvant dernièrement aux eaux d'Uriage y a rencontré madame votre mère et n'a pas manqué de l'aborder; elles ont beaucoup parlé de nous deux; je regrette bien de ne pas m'y être trouvé en même temps ; mais il n'est pas bien loin celui où je pourrai, non seulement parler de vous, mais parler à vous, ce qui vaut encore mieux.

Je vous écris de chez Ferrand, que je quitterai dans deux jours pour retourner à la Côte. J'ai encore tant à copier pour mon prochain concert que je n'ose pas perdre trop de temps.

Que vous dire de mon séjour en Dauphiné? Je copie, je mène mon petit frère à la chasse au filet, je lis M. de Balzac, Saintine, Michel Raimond, puis je m'ennuie ; je fais la partie de boules, puis je m'ennuie; je voyage dans les campagnes voisines, puis je m'ennuie encore; je pense à mes montagnes d'Italie où je m'ennuyais si librement; puis je les regrette et je m'ennuie de plus belle ; enfin je mène une vie charmante.

Et vous, je pense que vous conjuguez aussi fort bien le verbe « nous nous ennuyons, vous nous ennuyez ».

Tenez, je ne sais que vous dire; je ne voulais que vous donner signe de vie ; demain je vais avec Ferrand aux eaux d'Aix chercher sa femme que je ne connais pas encore.

Voilà tout ce que je puis vous dire déplus important. Ce n'est pas... tenez, adieu.

Je suis fort bête aujourd'hui, et pourtant il vient de pleuvoir.

Tuut à vous. Votre dévoué.

H. BERLIOZ

Lettres à Gounet.

a humbert ferrand, La Côte. 10 octobre 1832 (Let int., 121). Invitation à venir le\oir. Aura-t-il quelque chose à lui montrer de leur« grande machine dramatique? » Il partira pour Paris à la fin du mois.

au même, Lyon, 3 novembre 1832 (id., 122). Il part le soir pour Paris. Préparatifs de concerts. Spleen.

M. Maignien, bibliothécaire de la ville de Grenoble, possède un passe-port (sans signalement ni signature) pour Hector Berlioz, compositeur de musique et pensionnaire de l'Académie de France, âgé de vingt-huit ans, pour aller à Paris, le 28 octobre 1832.

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