THENELAIS CTENOLEP1S
? ? (Josla, Fauua del regno di Napoli. Anoellkli, tav. VI, flg. 1-ln (lexte aon |iani).
PI. IV, fig. 1 et PI. VI, Dg. 2.
Corpus longitudine 7-9"at. latitudine 4-5mm, segmcntis ultra 160, infra pallidutn, supra fusco ptmctatum. Elytra tuberctdis minimis tmdique sparsis punctata, spinis raris brembusque prqpe margmem externum pecHnata. Pedes mammilla stibbranch'ndi ciliata mica prœditi.
Les élytres (1 C) sont vaguement réniformes, à bord antérieur concave et bord postérieur convexe, sauf la première paire qui est plutôt ovale. Elles sont colorées en brun par un pigment celluleux, sauf dans les parties recouvertes par les élytres voisines. Le bord externe est armé de plusieurs rangées de dents qui lui donnent une apparence pectinée. Tout le reste du bord de l'élytre est lisse.
Le lobe céphalique (fig. 1) arrondi porte, du côté dorsal, quatre très-petits yeux noirs, disposés en carré, dans lesquels je n'ai pas trouvé de cristallin. L'antenne unique esl portée par un article basilaire. Les prétendues antennes latérales ne sont pas pour moi de véritables antennes. Déjà M. Etalers, chez la Sth. limicola, remarque que leur conformation est tout autre que celle des vraies antennes; il les compare à des écailles foliacées (Wattartige Schuppen). En outre. M. Eblers décrit, sur le côté inférieur du segment buccal, une paire d'organes qui avaient échappé à tous les observateurs antérieurs et qu'il compare aux branches d'une pince, branches ornées du côté interne de longs poils brunâtres. Ces deux paires d'organes existent aussi chez les Sth. ctenolepis et même chez toutes les Sthénélaïs de Naples. Elles sont sans doute caractéristiques du genre. Seulement elles ne sont point indépendantes l'une de l'autre et doivent être envisagées un peu différemment que ne l'a fait M. Ehlers. Que ce savant n'ait pas reconnu leur signification physiologique, cela n'est explicable qu'en supposant les individus examinés par lui morts ou moribonds.
Pour comprendre le rôle de ces organes, il faut jeter un coup d'œil sur la conformation générale du corps. Chez toutes les Sthénélaïs, la première paire de pieds est dirigée en avant, à tel degré que les extrémités des pieds sont plus rapprochées que leurs bases. Chaque pied étant armé d'un gros faisceau de soies fines, longues et arquées, ces soies arrivent à
contact <'l même à entre-croisement ;ï l'extrémité, formant ainsi mie cage céphalique (fig. 1 1 bien plus fermée encore que celle îles Siphonosloincs, soit Chlorèmes. Dans celle cage sont enfermés l'antenne et les organes buccaux, sauf les palpes qui à droite et à gauche se dirigent en dehors, en passant sous le pied de la première paire et faisant un angle avec lui. Dans les segments suivants, l'inclinaison des pieds en avant va diminuant graduellement; bientôt la direction des pieds devient perpendiculaire à celle de l'axe du corps; enfin dans la région postérieure, les [lieds se dirigent en arrière, sans arriver jamais, comme l'a déjà relevé M. Ehlers, à faire avec l'axe du corps un angle aussi aigu que dans la région antérieure.
Chez une Sthénélaïs pleine de vie, l'observateur est immédiatement frappé de ce que la cage céphalique est constamment traversée par un courant d'eau très-intense qui s'y précipite en tourbillonnant par en haut et en ressort par-dessous. Ce n'est qu'en écartant artificiellement les pieds du premier segment l'un de l'autre, de manière à ouvrir la cage céphalique, qu'on peut reconnaître la cause de ce courant. On voit alors de chaque côté une membrane charnue (1 A, g), disposée verticalement, et appliquée contre la face du pied qui forme la paroi externe de la cage céphalique. Cette membrane est attachée au lobe céphalique suivant une ligne arquée qui commence sur le dos auprès de la base de l'antenne impaire, et se prolonge autour du bord antérieur du lobe céphalique, jusque dans le voisinage de la bouche sur le segment buccal, en dedans des palpes. Ces deux membranes fort souples forment en réalité les parois latérales de la cage céphalique. Souvent celle de leurs faces qui regarde la cage est concave, la face externe étant convexe et alors elles ressemblent à deux cuillers tournées l'une vers l'autre par leur concavité, de là le nom de cuillerons céphaliques que je leur appliquerai. Souvent aussi leurs bords supérieur et inférieur se rejettent en dehors en s'appliquant contre le pied voisin; les cuillerons deviennent dans ce ras convexes à l'intérieur de la cage céphalique et concaves du côté externe, le pied étant appliqué contre la concavité. La partie supérieure de
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chacun do ces cuillerons est ce que les auteurs oui appelé les antenues externes, la partie inférieure correspond aux organes en pince de M.Ehlers.MaisJele répèle, ces deux parties ne son! point indépendantes; elles appartiennent à une seule et même membrane verticale, et n'apparaissent distinctes que par suite d'une écharicrure du bord. Les cuillerons céphaliques sont tapissés, sur toute la surface formant la èagecéphalique, de cils énergiques déjà vus par M. Eblers. Ce savant n'a pourtant pas constaté qu'ils vibrent constamment avec vivacité. Ces cils sont en effet la cause du tourbillon qui se précipite impétueusement dans la cage cépbalique par en haut, et qui en ressort par-dessous en rasant l'ouverture buccale. Ce tourbillon a pour effet d'amener les particules nutritives à la bouche.
Toutes les espèces deSlhénélaïs du golfe de Naples m'ont présenté la même structure de la cage céphalique et des cuillerons ciliés, et le même courant d'eau traversant cette cage. Je n'insisterai donc pas sur ce point à propos des autres espèces.
Passons aux pieds (pi. IV, 1 B.), dont la structure fort complexe, est digne d'intérêt, tous les pieds sont biramés à l'extrémité, les rames étant peu profondément divisées, et la supérieure un peu plus courte que l'inférieure. Elles portent quelques petites papilles (e) enferme de tubercules, semblables à celles qu'on trouve en grand nombre (e')h la base du pied. Chaque rame possède outre facicule un faisceau do soies, unique pour la rame supérieure, double pour la raine inférieure. Les soies de la rame supérieure (1 D), toutes semblables entre elles, sont fort longues, minces et arquées. Dans les pieds élylrigères, en s'arquant vers le haut, elles soulèvent légèrement le bord des élytres. A un fort grossissement elles apparaissent finement barbelées. Les soies de la rame inférieure sont extraordinairement variées; dans chacun des deux faisceaux on en compte plusieurs formes principales qui se succèdent de haut en bas dans l'ordre suivant : Dans le faisceau supérieur, les premières soies (1 B, g) sont composées, avec une hampe renflée en massue a l'extrémité ; tout autour de cette massue circule en spirale élégante (1 E) une crête ou corniche très-saillante, ornée de stries perpendiculaires à son bord ; le nombre des tours de spire de celle crête varie d'une soie à l'autre. L'article terminal est fort long et en forme d'alêne. Les soies de la seconde espèce ( 1 F ; \ B, r) sont simples, barbelées à l'extrémité. En dessous de la barbelure, la soie
est entourée d'urne crête spirale semblable à celle des soies de la Ie espèce, mais taisant en général un nombre de tours de spire plus considérable. Les soies de la troisième espèce (I B, //) sont des suies composées, à hampe striée en long et toujours dépourvue de corniche spirale. L'article terminal est une serpe bidentée. Ces soies forment une série graduée entre deux extrêmes que j'ai ligures, savoir: une suie trèsforte (1 11) à article terminal court et massif, et une suie mince (1 G) h article long el grêle. Enfin, les suies de la quatrième espèce (I B, h) sont des soies composées à hampe légèrement renflée en massue, avec une trace à peine perceptible de crête spirale (1 I); l'article terminal est une serpe unidentée fort longue, divisée en une série d'articulations par des épaississements et des amincissements successifs de son bord.
Le faisceau inférieur présente trois ordres de soies. Les premières sont des soies composées (1 13, i') à serpe bidentée, semblables aux soies n° 3 (1 H et 1 G) du faisceau supérieur; puis (I B, k) viennent des soies composées, semblables au\ suies n" 4 (1 I) du faisceau supérieur, et enfin (1 15, /,■') des soies qui ne sont que l'exagération de ces dernières (I \\), l'article étant devenu démesurément long avec articulations nombreuses, et la hampe étant complètement dépourvue de crête spirale. Toutes ses soies ont déjà été assez bien vues par M. (1. 0. Costa, qui a connu en général les soies des Sigalionides mieux que les autres auteurs.
Chaque pied porte en outre une branchie (1 B. a), un cirre ventral (b) et un bouton cilié (c), tous placés entre la racine du pied et la bifurcation des rames. La branchie est l'organe que les auteurs ont considéré comme le cirre dorsal.
M. Elilers a déjà objecté avec raison que les élytres étant les homologues des cirres dorsaux, on ne pouvait trouver en outre un cirre dorsal véritable aux pieds élytrigères. Il s'est d'ailleurs assuré chez la Slh. limicola, que ce prétendu cirre dorsal présente une structure loule différente des cirres dorsaux de tous les autres Aphrodi tiens, cl ne peut leur être comparé. Cependant, M. Ehlers n'a point reconnu la nature branchiale de ce faux cirre, ce qui ne peut s'expliquer que par le peu de vitalité des individus observés par lui. En effet, chez les Sthénélaïs de loule espèces, aussi longtemps que ces vers sont doués de vie, on voit des courants d'eau sejeler avec vivacité sous les élytres vers la hase des pieds. Ces courants sonl déterminés par la frange de cils vibratHes qui garnit le côté externe et concave de la branchie. Celle-ci se trouve par suite bai-
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gnée d'une eau conslamment renouvelée. Celte frange a déjà été vue par M. Malmgren ' chez la Leanira tetragona Malmgr. (Sigalion tetragonum GUrst.) La transparence du corps de la plupart des Sthénélaïs permet de reconnaître facilement les cils vibratiles très-lins qui tapissent la cavilé périviscérale. On peut s'assurer que ces cils existent également dans la cavilé de la branchie: elle n'est d'ailleurs qu'un diverticule de la cavilé périviscérale.
Les corpuscules lymphatiques de cette cavité, mis en mouvement par ces cils, pénètrent dans la branchie en suivant la paroi, et, arrivés à l'extrémité de l'organe, ils reviennent sur eux-mêmes, le long de la paroi opposée. Ces branchies lymphatiques offrent, moins les vaisseaux, toute l'apparence de branchies sanguines. Le côté de l'organe, par exemple, qui porte la frange de cils est beaucoup plus épais et charnu que le côté opposé, comme cela a lieu dans les branchies sanguines des Polydores, des Àricies, etc. Je ne suis d'ailleurs point le premier à avoir reconnu le rôle de branchies de ces cirres dorsaux. Dès l'année 1851, M. Williams* a décrit ces branchies avec le plus grand soin, comme des organes respiratoires lymphatiques, mais ces observations n'onl pas trouvé de crédit. Elles étaient pourtant parfaitement exactes.
Sur le dos du pied, immédiatement en dehors de la branchie, se trouve un coussinet peu saillant, que nous retrouverons beaucoup plus développé chez d'autres espèces, porteur d'une rangée de cils vibratiles. La signification de ce coussinet est entièrement problématique 5.
1 JSordiska lia f s- Annulât er. Loi-, ni. 1865, p. 88, lab. XI, (ig. 14, 11.
- lieport un hnl'sli Annelida, lue. cit. p. 201, lig "20. \l. Williams décrit et ligure déjà les cils vibratiles de l'intérieur de la branchie ija frange externe lui a échappé) ; il représente les corpuscules de In cavilé périviscérale circulant dans laxe sous l'influence des mouvements de ces cils.— Dieu souvent encore, dans le cours de ce Mémoire, j'aurai à relever d'excellentes observations dues à M. Williams. Certains savants distingués honorent à peine les travaux de cel observateur d'un regard de pitié, sans se douter de tout ce qu'ils pourraient apprendre de leur lecture. Je suis le premier à reconnaître que les recherches de Al. Williams sont mal digérées, qu'elles fourmillent d'erreurs résultant en grande partie d'une culture spéciale insuflisanle ; mais je ne pense pas qu'il l'aille mépriser un métal précieux parce qu'il est enfermé dans une gangue de moindre valeur.
3 Ce coussinet, multiple citez certaines espèces, est déjà décrit et ligure par Ralhke chez le Siyalion Limite \beilraye zur Fauna Norweycns. .\uvn Aela Amil. Cœs. Leuji Curiosoritm Naturel, XX, 1843). Il en
A la racine même du pied, nous trouvons un large bouton à pédoncule court et épais, couvert de cils (1 B, c), qui parait exister cliez toutes les espèces. M. Ehlers l'a déjà signalé chez la Sth. limicola, sans en connaître les cils. Il le suppose lié aux fonctions génératrices. Peut-être faut-il le comparer aux rosettes vibratiles des Polynoés.
Enfin le cirre ventral (1 B, b) est situé un peu en arrière de la bifurcation des deux rames. Il n'est pas assez long pour atteindre l'extrémité de la rame ventrale. Il repose sur un article basilaire, et son extrémité porte un petit article terminal, orné de quelques soies tactiles fort courtes. A la base du cirre, on aperçoit une espèce de boyau enroulé (d) dans l'intérieur du pied.
Les pieds de la première paire, c'est-à-dire ceux qui forment la cage céphalique, sont un peu différents des suivants. Les deux rames sont encore moins profondément divisées que dans les pieds typiques. Chacune porte un faisceau de soies ', mais ici toutes sont semblables, à savoir, de longues soies sétacées très-flexibles et finement barbelées. La rame dorsale porte un seul cirre tentaculairc (1 A, c) ; la ventrale en porte deux, dont le supérieur (1 A, b), est de beaucoup le plus long, car il atteint et dépasse même la longueur de l'antenne. La circonstance que ce pied porte trois cirres (chez toutes les Sthénélaïs) paraît avoir été méconnue par les auteurs, sauf M. Kinberg et M. Ehlers, chose facile à expliquer, puisque les deux plus petits sont forts difficiles à reconnaître au milieu de la forêt de longues soies qui les enveloppent. M. Ehlers considère l'un de ces cirres comme résultant du développement excessif d'une papille, interprétation que je me sens fort disposé à admettre.
Le second segment sétigère a son cirre ventral beaucoup plus développé que les suivants, r Le dernier segment du corps porte deux longs cirres terminaux.
Le système digestif n'offre rien de particulier. Les mâchoires sont entièrement semblables à celles des Polynoés. Les diverticules de l'intestin pénétrant dans la base des pieds.
Le système nerveux (pi. VI, fig. 2), de couleur rouge, forme une banfait des organes mucipares. Il a été aussi représenté par M. Malmgren chez la Leanmi tetmjona, c|iii en possède, comme le 6'. Idunce, trois à chaque pied: «Organa terna sat singularia, dit-il, linearia, superficie exierna dense ciliata (annon orifieia organorumsegmenlalium?).i> Voyez Malmgren, loccit., p.88,tab. XI, lig. U, C.
1 Chez le Sigalion Idunm, cette première paire de pieds est entièrement dépourvue de soies, lie lii I interprétation malencontreuse de Ralhke qui la considère comme une paire d'antennes à trois brandies (1rs trois cirres). Beitrâge zur Fauna Nonoeoens, Inc. cit.