‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 3)Chapitre 38 sur 68 · NOTOCIRRUS HlLAIRII · texte numérisé non relu

NOTOCIRRUS HlLAIRII

Lumbrinerus S'-Hilairii Délie Chiaje, Memorie, III, 179, tav. XLII, 4. — Ueserizione. III, p. 83 et V,

p. 97, lav. 96, Cg. 4.

Lumbriconereis quadristriata Grube, Aet. Echinod. und Wûrmer, p. 79. Oenune mnculatu Edw., Règne animal illustré, pi. II, fig. 4. Lumbriconereis {.Arabella) quadristriata Grube, Fam. der Annel., p. 45. Lumbriconereis (7jjijolobus) quadristriata Clprd.,Glanures, p. 116 (576), pi. IV, fig. 5. Lumbrineris mnculatu Quatrefages, Hist. natur. des Annelés, tome I, p. 365. Lumbrineris quadristriata Quatrefages, Idem., tome I, p. 366.

PI. IX, fig. 4.

Je doute à peine que l'espèce du golfe de Naples soit identique avec celle que les différents auteurs ont eue entre les mains, cependant sa coloration est un peu plus complexe que ne l'ont indiqué ou figuré MM. Grube et Milne Edwards. Selon le premier, la couleur serait d'un rose-chair pale avec quatre lignes noires, longitudinales, sur le dos, lignes qui prendraient un cours en zigzag pendant la contraction de l'animal. M. Edwards figure aussi quatre lignes longitudinales légèrement ondulées. Telle est bien en effet ta peu près l'apparence pour l'œil nu. Toutefois,dès qu'on emploie un grossissement, ces lignes se résolvent en séries de taches, ainsi que je l'ai représenté. Dans chaque segment la tache postérieure de chaque rangée interne est réunie à la tache correspondante par une ligne transversale noire, de manière ta former une figure caractéristique de la forme suivante ' i (voyez fig. 4).

Celte espèce a été un peu promenée de genre en genre, parce qu'elle n'est pas en effet une franche Liunbriconereis. J'avais moi-même essayé de la îattacher au genre Zygolobus de M. Grube. Toutefois, j'ai montré plus haut que ce genre doit être abandonné. Aujourd'hui, après un examen attentif des pieds qui n'avait pas encore été fait d'une manière suffisante, je ne puis pas hésiter à lui assigner une place dans le genre Nolocirrus. Le cirre dorsal est, il est vrai, très-rudimenlaire, et l'on ne peut s'étonner que les observateurs l'aient méconnu. Il est réduit à un simple mamelon arrondi, très-peu saillant (i A, a). Mais dans ce mamelon pénètre la pointe du second faisceau d'acicules (b), caractéristique du genre Nolocirrus. Comme chez le N. geniculatus, ces acicules sont accompagnés d'une glande piriforme (c).

Les soies, dès le premier segment sétigère (troisième anneau), sont semblables dans tous les segments et d'une seule espèce. Ce sont des' soies géniculées et bordées déjà décrites par MM. Grube et Quatrefages, mais point encore figurées. L'appareil maxillaire (i C) concorde assez bien avec la figure donnée par M. Edwards '. Celle de Délie Chiaie * est inférieure. Le nombre des mâchoires classerait cette espèce dans la tribu des Laïdiens de M. Kinberg 3. Le lobe céphalique n'offre rien d'anormal.

Genre NEMATONEREIS Schmarda.

Nematonereis unicornis.

Lumbriconereis unicornis Grube, Act. Echiaod. unil Wûrmer, p. 80. Lumbriconereis unicornis Clprd., Glauures, p. 112 (57*2). Nematonereis Grubet Qtrfg., Hist. natur. des Annek-s, 1, p. 373.

J'ai rencontré deux fois à Naples cette espèce dont j'ai fourni une étude détaillée dans mes Glanures. Les Lombrinères à une antenne une fois élevées au rang de genre à part, il est évident que la Lumbriconereis

■ Loc.cit., pi. XI, fig. i, C.

* Descrizione e notomia, tav. 96, lig. M.

5 Qefversigt afkongl. Svenska Vetenskaps-Akademiens Forhandl. for 1864, p. 57)

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unicornis Grube devait y prendre place en première ligne. Aussi ne puis-je admettre, avec M. de Quatrefages, que le nom spécifique de M. Grube doive être changé. Le nouveau baptême doit être réservé pour la Nematonereis unicornis Scbmarda.

Famille des LYCORIDIENS Grube.

(NEREIDIENS Quatrefages.)

La famille des Lycoridiens est très-homogène. L'Histoire naturelle des Annelés n'y distingue que quatre genres: Lycastis, Nereis, Nereilepas et Heteronereis. Depuis cette publication, M. Malmgren ' a divisé le genre Heteronereis en quatre, et le genre Néréide en sept. Toutefois je ne puis admettre la légitimité de ces genres basés sur des caractères futiles et d'appréciation difficile. Je reconnais néanmoins l'opportunité de subdiviser le genre Nereis, vu le nombre de ses espèces, en un certain nombre de groupes secondaires. Je conserverai donc les noms de M. Malmgren, mais en ne leur accordant qu'une valeur de sous-genre.

L'anatomie des Lycoridiens a fait l'objet de nombreux travaux, et nous voyons chez ces vers certaines particularités décrites périodiquement comme des choses nouvelles. C'est ainsi que 31. Edwards3 a décrit aux côtés de la trompe quatre paires de glandes vasculaires. M. de Quatrefages r' en les étudiant avec soin fut conduit à les considérer plutôt comme des réseaux admirables. Mais Rathke1 leur avait déjà longtemps auparavant reconnu celte signification, et M. Keferstein " en confirmant

1 Atmulata polyehœta Spetsbergiœ, Grœnlanduc , Islundiœ et Scandinaviœ hactenus cognita, auct. If Malmijren. Helsingfoi'siœ, 1867, p. 46.

2 Ann. des Se. nat.. 1838.

3 Hist. nat. des Annelés, t. I, p. 496.

* De Bopyro et Néréide, commentationes anal, phijs. duce. Riga; et Dorpali, 183T, p. -16-55. 5 Untersucliungen iiber niedere Seetliiere, p. 96.

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les observations de Rathke a montré l'importance physiologique de ces réseaux pour l'extroversion de la trompe.

Des réseaux analogues existent d'ailleurs chez les Nérines, comme nous le venons plus loin, etTréviranus en connaissait déjà de semblables chez les Pleiones.

Malgré les nombreux travaux anatomiques provoqués par les Lycoridiens, il reste bien des faits importants à glaner. Les pages suivantes en fourniront la preuve'.

Genre NEREIS Linn. sens. str.

Sous-genre LEONTIS Malmg.

Les caractères essentiels du sous-genre Leontis Malmgr. sont le changement graduel de la forme des pieds en arrière, la rame supérieure dépassant un peu l'inférieure, la grande longueur des tentacules, l'échancrure de la base du lobe cépbalique, la distribution des paragnathes*. L'espèce ci-dessous décrite ne répond qu'en partie à ces caractères. Elle offre bien le changement de forme, des pieds, la longueur des tentacules et l'échancrure de la base du lobe cépbalique, plus marquée même qui dans le Leonlis Dumerilii Mlgrn. (Nereis Aud. et Edw.). En revanche, le léger excès de la rame supérieure sur l'inférieure est à peine appréciable, et les paragnathes sont limités à l'anneau antérieur de la trompe.

1 Les soies si bien connues des Lycoridiens onl donné lieu récemment à une méprise singulière. M. le Llr Ernst Eberhard décrit la radula de la Pleurotoma tigrina, des mers delà Chine, comme entièrement différente de celles de tous les mollusques voisins. Or, il n'est pas difficile de reconnaître dans le dessin qui accompagne cette description l'armure de soies de la rame supérieure d'une Néréide. Les débris de l'Annélide dévorée par le mollusque ont été pris pour la langue de celui-ci. Les acicules sont décrits comme des dents noires comparables aux piquants du porc-épic, les soies falcigères comme des verges articulées à l'extrémité avec une pièce en forme de faucille! Voyez Ueber /lie Schneckenzungenv.DireclOT D' Ernst Eberhard. Programmder herxogl. Realschuk :u Coburg. Coburg, I x<;r>, p. 13, fig. 105.

' Tel est le nom fort convenable adopté par M. Malmgren pour les ilenticules qui existent à la trompe des Lycoridiens en outre îles mâchoires proprement dites.

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Nereis (Leontis) COCCINEA1.

Spio coccineus Délie Clii.ije, Memorie su gli Anim. senza verteb. Il, 426. Spio coccineus Délie Cliiaje, Desciizione e notom. tav. 102, fig. 11. Nereis coccinea Délie Chiaje, Descrizione e not. III, p. 96 et V, p 103. ? Nereis Dumerilii Grube, Act. Echinod. und Wùrmer, p. 73. Nereis coccinea Qlrfg., Histoire natur. des Annelés, I, p. 532.

PI. X, fig. 4.

Nereis longitudine 11-12°''°', latitudine 5-6""", colore coccineo aurantiaco vivido, cirris tentacularibus longissimis. Festiicurum falces a segmente primo usque ad sextant sequentibus midto longiores, gracilioresque.

Cette espèce paraît n'avoir été étudiée par personne depuis Délie Chiaje, bien qu'elle soit citée par divers auteurs. M. de Quatrefages pense qu'il est h peu près impossible de la reconnaître d'après ce qu'en dit et en ligure le savant napolitain. Je vois néanmoins que les naturalistes napolitains n'ont aucune peine à l'identifier. En effet, la longueur exceptionnelle de ses tentacules et la vive couleur rouge, tirant sur l'oraugé, en l'ont une des plus belles Annélides du golfe de Naples, qu'on ne peut confondre avec aucune autre. Elle ne parait point fort commune. Je ne l'ai reçue qu'une seule fois d'un pêcheur; il est vrai, en grand nombre. On excusera par suite les lacunes dans la description zoologique de l'animal, son étude analomique ayant absorbé mon temps.

Les antennes frontales se distinguent déjà par leur longueur, car elles dépassent notablement les palpes biarticulés, à article terminal conique (fig. 4). Mais cette exagération de longueur est bien plus manifeste encore dans les cirres tentaculaires, surtout dans les quatre supérieurs. Les quatre yeux sont gros, mais les antérieurs seuls sont munis de cristallin.

Le segment buccal est à peine plus long que le suivant. Son bord dorsal antérieur est très-sinueux, de manière à former trois processus en avant. Le processus médian, plus saillant que les latéraux, empiète sur le lobe céphalique et fait paraître celui-ci

1 La Nereis coccinea Renier (Osservazioni postume, p. 29, pi. 10) n'est pas synonyme de celle de Deile Chiaje. Ce n'est pas même un Lycoridien. M. Meneghini la désigne avec raison sous le nom de Lumbriconereis coccinea.

émarginé à la base. Les processus latéraux empiètent à leur tour sur les points d'attache des articles basilaires des cirres tentaçulaires supérieurs.

Dans la partie antérieure du corps, les rames sont peu séparées l'une de l'autre, larges et trapues (4 A). Leurs languettes sont également courtes et obtuses; le cure supérieur dépasse beaucoup la lance de la languette supérieure. Plus en arrière, les rames (4 B) se séparent davantage tout en s'allongeant. L'élongation des languettes est relativement encore plus frappante, surtout à la rame supérieure. Le cirre dorsal ne dépasse plus que très-peu la languette supérieure. La rame supérieure prend aussi un plus grand développement, au moins au temps de la maturité sexuelle par suite de l'accroissement des deux glandes en tubes sinueux (a', a") logées dans son intérieur. Ces glandes fixent une plus grande quantité de pigment rouge orangé que les autres tissus. Les boyaux sinueux qu'elles renferment sont bourrés de globules sphériques (4 M).

Dans la plus grande partie des segments, les soies du faisceau supérieur et des deux groupes du faisceau inférieur sont des soies en arête à tranchant denté en scie (4 E), auxquelles s'associent dans le faisceau inférieur des soies en serpe (4 C), trèscrochues, à pointe obtuse. La lame tectrice est très-développée vers le bas de la serpe, mais la base seulement de celle-ci est dentée en scie. Dans les six premiers segments sétigères cette dernière forme de soies fait défaut. Elle est remplacée par des soies composées à serpe extrêmement longue (4 D), dentée en scie sur toute la longueur du tranchant et à peine recourbée à l'extrémité. Sans ce petit bec on serait plus tenté de les appeler soies en arête que soies en serpe.

Les denticules des mâchoires sont extrêmement petits. Les paragnathes manquent au côté dorsal ' de l'anneau antérieur de la trompe. A la face ventrale, ils forment de chaque côté quatre lignes obliques brunes. Leur petitesse est extrême. La loupe n'est pas suffisante pour résoudre ces lignes dans leurs éléments constitutifs. Toutefois le microscope montre que chaque ligne est pectinée, c'est-à-dire formée par une série de paragnathes fort petits et trôs-rapprochés. L'anneau postérieur de la trompe est entièrement dépourvu de paragnathes.

Cette Néréide fut la première chez laquelle je fus frappé de la singulière conformation des organes de la génération. Avant l'époque de la maturité sexuelle on trouve les vaisseaux de la base des pieds et de la cavité périviscérale entourés d'un tissu particulier, que je ne puis consi-

1 M. Grtibe noie aussi cette absence îles paragnathes sur le côté dorsal de la trompe chez su .Y. Dumertiiï qui n'est point identique avec la N. Dumerilii Aud. et tdw., mais qui coïncide vraisemblablement avec la N. coccinea belle i.hiaje.

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dérer que comme une sorte de tissu connectif chargé de gouttes d'apparence huileuse. On pourrait être tenté d'y voir une espèce de corps graisseux. Ce tissu est formé par l'agrégation de cellules pâles (4 H) larges de 27 à 28 micr., auxquelles je n'ai pas réussi à reconnaître de membrane. Le protoplasma, homogène et incolore, renferme un nucl 'us ovale, long de 4 micr., une vacuole pleine d'un liquide aqueux et une gouttelette très-réfringente offrant l'apparence d'une goutte d'huile, mais que je n'ai pas examinée au point de vue chimique. Ce tissu se développe chez les individus approchant de la maturité au point de remplir à peu près complètement la cavité péri viscérale. A cette époque apparaissent au sein de celte masse celluleuse les ovules chez les femelles (4 G), et les cellules de développement des zoospermes chez les mâles (4 K). Évidemment la formation des éléments sexuels a lieu aux dépens de ce tissu particulier, mais de quelle manière? C'esl i e qu'il est difficile d'établir. A l'époque du développement des éléments sexuels, les cellules constitutives de ce tissu paraissent entrer dans une activité inaccoutumée, du moins le nombre des gouttelettes graisseuses se mulliplie-l-il dans leur intérieur (4 I). Les ovules mûrs se reconnaissent immédiatement à une opacité due à la grande abondance de gouttelettes accumulées dans leur protoplasma (4 G). Les jeunes ovules au contraire sont transparents, et se confondent facilement avec les cellules du tissu au sein duquel ils apparaissent. Les gouttelettes peu nombreuses qu'ils renferment sont en effet identiques à celles des cellules de ce tissu; leur protoplasma est également pâle et homogène. Seules la vésicule germinative et la tache de Wagner distinguent par leur grandeur l'ovule des cellules ambiantes. L'adjonction d'acide acétique fait naître un précipité granuleux (4 N, a) dans le proloplasma tout autour de la vésicule germinative, le reste du protoplasma (b) restant homogène '. Dans les cellules ambiantes l'acide fait apparaître le précipité dans toute l'étendue du protoplasma.

< Cette couche de proloplasma granuleux envoie des prolongements dans le proloplasma homogène. Elle est comparable au proloplasma linement granuleux qui, d'après MM. Hensen el Kneultinger, entoure le noyau des corpuscules du sang chez les grenouilles et envoie des prolongements en sens divers.

Il est difficile de ne pas croire que chaque ovule résulte de la transformation dune des cellules du tissu connectif, soit graisseux. Je n'ai cependant pu acquérir une certitude parfaite à cet égard. Compare-t-on un jeune ovule avec une cellule de ce tissu, la ressemblance est certes fort grande, la vacuole de celte dernière ressemblant beaucoup à la vésicule de Purkynje. Toutefois la cellule possède en outre son petit nucléus (4 I), dont on ne trouve jamais trace en outre de la vésicule germinalive dans l'ovule bien caractérisé. Quant à croire que la vacuole disparaisse et que le nucléus se transforme en vésicule germinalive, c'est ce que j'aurais facilement fait a priori, mais l'observation enseigne le contraire; du moins n'ai-je pu trouver d'intermédiaires entre les vésicules germinatives et les nucléus'.

Le seul fait établi d'une manière incontestable est donc que les ovules apparaissent isolément au sein du tissu adipeux. 11 en est exactement de même chez les mâles des masses framboisées (4 K), formées par des agglomérations de nucléus larges de 4 microm. , masses aux dépens desquelles se forment les zoospermes.

Pour les deux espèces suivantes je laisse de côté la question du classement dans les sous-genres de M. Malmgren. Il me manque en effet certains éléments pour leur assigner avec quelque sécurité une place dans les sous-genres.

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