Tome xix, 2me Partie
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Cette Néréide présente la particularité, rare chez les Annélides, de devoir sa coloration non à un pigment répandu dans la couche chitinogène, soit sous-cuticulaire {derme Qtrfg.), mais à des cellules pigmentaires du péritoine. Cette particularité permet de reconnaître cette Néréide, assez commune d'ailleurs, à tous les âges. En effet, les jeunes individus ne comptant encore que cinq ou six segments présentent déjà ce caractère remarquable.
Les téguments sont à peu près incolores, sauf quelques granules colorés extrêmement petits qu'on aperçoit à l'aide de très-forts objectifs dans lacouche chilinogène. Les nucléus hypodermiques sont fort voisins les uns des autres, surtout dans les cirres'. Les couches musculaires sous-jacentes sont également incolores, et c'est à la surface interne des faisceaux de libres musculaires longitudinales qu'on trouve les cellules pigmentaires. J'ai taxé ces cellules de péritonéales. Je dois dire cependant que dans ces petites Annélides, je n'ai jamais réussi à isoler le péritoine comme chez les grandes espèces. Seulement les cellules pigmentaires occupent précisément la place du péritoine chez les grandes Annélides, et leur présence même me permet d'inférer l'existence de cette membrane. Ces cellules sont d'un beau violet, éloiléesà nucléus arrondi, incolore, large de 19 à 20 micr., et contenant en général un nucléole violet (5 E). Çà et là, à de rares intervalles, entre les cellules violettes, se trouvent semées quelques cellules toutes semblables, mais formées par du pigment brun. J'ai nommé ces cellules étoilées, mais le terme n'est pas très-exact. Le corps même de la cellule est très-irrégulier et orné de nombreux prolongements linéaires, toujours parallèles entre eux. Ces prolongements suivent dans la règle la direction des libres musculaires sur lesquelles ils reposent; c'est dire qu'ils sont longitudinaux. Il semble que les cellules se moulent sur la surface de la couche musculaire, et
1 Pour le dire en passant, chez les Néréides, comme chez heaucoup d'autres Annélides, je n'ai pas réussi à isoler de cellules dans la couche chilinogène, qui m'a paru consister en une couche granuleuse continue dans laquelle sont semés les nucléus. Cette conformation serait donc identique à celle de la couche chilinogène telle que 11. Baur l'a décrite chez certains crustacés el d'autres arthropodes.
envoient leurs prolongements dans les sillons qui séparent les fibres voisines. Le péritoine porte son pigment dans les articles basilaires des palpes et des cirres tentaeulaires. Il y pénètre en effet des diverticules de la cavité périviscérale. Les cellules pigmenlaires sont surtout nombreuses sur les côtés du corps, mais il est rare qu'elles s'étendent jusque dans la cavité des pieds; ceux-ci sont incolores. Enfin, il est à noter que ce pigment est exclusivement dorsal. La paroi ventrale delà cavité périviscérale en est entièrement dépourvue.
Les cirres tentaeulaires (fig. 5) sont longs, bien moins pourtant que ceux de la Leontis coccinea, et à peu près incolores, sauf l'article basilaire, moucheté de violet.
Les yeux antérieurs seuls sont munis de cristallin. Lobe céphalique non émarginé à la base.
Le segment buccal est à peine plus long que le suivant. Son bord antérieur est dépourvu de sinuosités.
Les pieds ne varient que faiblement de forme dans la série des segments. La languette supérieure de la rame dorsale (5 A) n'est que peu renflée sur le dos. Le cirre dorsal en dépasse notablement l'extrémité; le point d'émersion du faisceau supérieur ne se prolonge pas en languette accessoire marquée. Les acicules sont noirs, à base pâle. Les soies en arête (5 D) ont l'article terminal recourbé de manière à constituer plutôt une longue faucille dentée en scie qu'une véritable arête. La serrature est protégée dans toute sa longueur par une laine tectrice. Dans les deux groupes du faisceau inférieur on voit s'ajouter à cette première forme de soies des soies falcigères unirostres normales (5 B). Dans le groupe supérieur la proportion est en général de quatre soies falcigères pour quatre spinigères (en arête) ; dans le groupe inférieur de trois spinigères pour douze falcigères. Toutefois dans les quatre premiers segments sétigères, les soies falcigères normales font défaut et sont remplacées par des soies à article terminal beaucoup plus long, cultriforme, un peu arqué, à tranchant dentelé en scie et protégé par une lame tectrice sur toute la longueur (5 C).
Les languettes des rames pédieuses renferment une foule de corps allongés(5 K.), renflés en massue à l'extrémité qui présente toujours une espèce de noyau clair, larges de 'i à 5 microm., sans doute des follicules glandulaires.
Les boyaux contournés des deux glandes mucipares pédieuses (5 A, a a') et de la glande dorsale pirifornie sont remplis de granulations sphériqnes. La dernière de ces glandes est toujours pigmentée de violet ou de brun. Des boyaux analogues, mais plus
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minces, sont entassés dans l'article basilaire globuleux des deux cirres terminaux du segment anal (5 L).
Les mâchoires sont fortement arquées et munies de huit ou neuf denticules peu saillants. Les paragoatb.es, fort petits, paraissent absents au premier abord. A l'aide de grossissements un peu forts, on les trouve sous la forme de petits denticules pointus brunâtres longs de 10 microm., disposés en deux groupes latéraux sur trois rangées transversales. Je n'ai pas noté de groupe médian.
Le système vasculaire se distingue par l'existence d'un grand nombre de cœeum contractiles dans la cavité du pied. Il existe aussi deux ou trois ccecum vasculaires pénétrant dans l'article basilaire des tentacules (5 F). Cette disposition mérite d'être rapprochée de la conformation remarquable des antennes des Staurocéphales décrite plus haut.
Les terminaisons nerveuses libres à la surface des tentacules, des palpes, des rames pédieuses se présentent sous la forme de petits cylindres larges de 0mm,0022, et en maximum deux fois aussi longs que larges. Ils sont formés par de petits bâtonnets verticaux disposés en cercle. Aussi ces organes, vus de face, se présentent-ils avec l'apparence d'un cercle de cinq ou six petits points. Du milieu de ces bâtonnets s'élève une mince soie tactile (5 I).
Enfin, celte espèce m'a présenté comme la précédente un tissu connectif, soit corps graisseux intimement lié aux phénomènes de reproduction. Déjà chez des individus relativement très-jeunes et loin d'être aptes à se reproduire, les anses vasculaires sont entourées de cellules nucléées renfermant un globule d'apparence graisseuse (5 G). L'ouverture interne, fortement vibra tile, de l'organe segmen taire (5 G, a) est aussi entourée de ce tissu. Chez les adultes, ces cellules graisseuses (5 H) sont encore plus abondantes. Leur diamètre varie de 5 à 19 micr., avec un nucléus large de deux ou trois. Le protoplasma incolore est peu abondant par suite de l'existence d'une vacuole pleine d'un liquide incolore qui occupe la plus grande partie de la cellule. Le nombre des gouttelettes augmente à cette époque dans le protoplasma. C'est dans le sein de ce tissu que les ovules apparaissent. Les plus jeunes ovules (511, e)
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que. j'aie observé avaient à peine le diamètre îles cellules ambiantes (.'> Il, />, c, d). Leur ressemblance avec elles était frappante. Il aurai! sulli de faire apparaître une tache germinative dans la vacuole d'une de ces cellules, et de faire évanouir son petit nucléus pour la transformer en un ovule avec toutes ses propriétés. Est-ce bien ainsi que les choses se passent? Les cellules du tissu en question ne sont-elles que déjeunes ovules, ou bien doit-on les considérer comme des réservoirs élaborant les matières nécessaires à la nutrition des ovules? Je n'ose le décider. Les œufs mûrs (5 il,f) ont un diamètre de 20 à 30 microni., et sont remplis de gouttelettes entièrement semblables à celles des cellules du tissu adipeux.