Tome xix, Zme Partie
M6 ANNÉLIDES CHÊTOPODES
Le lobe céphalique, porteur de quatre yeux tous munis de cristallin (regardant en avant dans la paire antérieure, en arrière dans la postérieure), est intimement soudé au segment buccal, dont il ne peut se distinguer en-dessus. En-dessous les limites sont plus claires, et l'on peut s'assurer que les tentacules appartiennent bien au segment buccal. Les pieds (2 A) sont cylindriques, portant quelques petites papilles à l'extrémité, d'autres plus grandes à la base. Le cirre ventral (b) est tout à fait semblable à ces dernières, et ne se distingue d'elles que par sa plus grande longueur. Les soies sont armées de serpes unirostres (2 B, c), sur le tranchant desquelles on ne peut apercevoir la serrature qu'à l'aide de très-forts grossissements. La serpe est plus grêle, plus longue dans les segments antérieurs (c) que dans les postérieurs (b). Dès le 5me ou le 6me segment on voit s'associer à chaque faisceau de soies falcigères, comme chez beaucoup d'autres Syllidiens, une soie légèrement courbée en S (a) et pointue à l'extrémité (ne pas la confondre avec les acicules).
La trompe est plus large en arrière qu'en avant. Son ouverture est entourée d'un cercle de papilles. Le bord de son revêtement euticulaire interne est entier, non réfléchi. La couche pigmentée qui l'entoure subit une interruption annulaire (fig. 2, a) un peu en arrière du milieu de la longueur. A droite et à gauche de la trompe et sans aucune connexion avec elle on aperçoit deux corps (à) jaunes t glandes ?), semblables à ceux que je décrirai chez les Pœdophylax. Le proventricule compte dix rangées de glandes en outre de la région diffuse. Le ventricule occupe avec ses deux glandes annexes le 7me segment. Au 8me commence l'intestin hépatique.
Chez les individus en voie de reproduction les ovules existent dès le 10me segment (fig. 2, c), mais jamais au nombre de plus de deux par segment. La couleur des œufs est d'abord d'un rose pâle, mais à maturité complète elle devient d'un beau bleu-violet.
Genre GRUBEA Qtrfg. Char. em.
Syllidœ palpis magnis ad apicem usque coalitis, sulco medio vetdrali profundo separatis. Proboscidis aculeus unicus. Proventriculi paries folliciilosus, ventriculo brevissimo gïandulis sacciformibus Unis munito. Antennce haud moniliformes très. Cirrorum tentacidarium paria, bina. Cirri dorsuales et ventrales haud moniliformes longiores, basi tumidiusctda, apice attenuato. (Générât io alternons dccst.)
En apparence celle diagnose s'éloigne singulièrement de celle que M. de Quatrefages a donnée de son genre Grubea. Je ne doute cependant nullement que nous n'ayons en vue exactement les mêmes Syllidiens, et
D1 GOLFE DE NAI'I.I.S. -v)17
que les divergences apparentes résultent seulement d'interprétations fautives. M. de Quatrefages attribue, par exemple, aux Grubées deux antennes seulement, taudis que pour moi ces Annélides sont imparitentaculées, azygocérées comme disait Blainville, de même que l'immense majorité des Syllidiens. Cette différence s'explique de la manière suivante. M. de Quatrefages donne à tort chez les Grubées le nom de lobe céphalique aux palpes soudés; le lobe cépbalique et le segment buccal deviennent alors pour lui un segment buccal biannelé. Il attribue l'antenne médiane au soi-disant premier anneau de ce segment buccal, et lui ilonne par suite le nom de tentacule impair, tandis qu'il adjuge les antennes latérales à son prétendu lobe céphalique, et leur conserve par conséquent le nom d'antennes. Au premier coupd'œil jeté suruneGrubée, cette interprétation semble plausible, mais il suffît d'examiner le ver avec un peu d'attention, pour s'assurer que les trois appendices appartiennent au même segment, h savoir à celui que M. de Quatrefages considère comme l'anneau antérieur du segment buccal, mais qui est en réalité le lobe céphalique. Seulement les antennes latérales s'insèrent au bord antérieur de ce segment, l'antenne médiane à son bord postérieur. Les caractères très-anormaux' que M. de Quatrefages attribue au genre Grubea perdent de cette manière toute leur étrangeté. Dans ce genre doivent rentrer *:
1" Grubea tenuicirrata 5 = Spluci osyllis tenuicirrata Clprd., Glanures, p. 87 (547); 2" Grubea pusilla = Sphœrosyllis pusilla Clprd., ibid., p. 89 (549) ; 3° Grubea clavala = Sphœrosyllis clavata Clprd., ibid., p. 90 (550) ; Syllis clavala Clprd., Beobachtungen , p. 46.
1 L'existence de cinq cures tentaculaires, en particulier, est entièrement étrangère à la famille des S\ liulicns — Le genre Pagenstecheria Qtrfg. a été démembré du genre Syllis par suite d'une méprise analogue à celle dont je viens de parler.
* Le genre Pionosyllis Malmgren (Annulala polychœta, p. 38) est très-voisin des Grubea, mais il s'en distingue par la non-coalescence des palpes Le genre Eusyllis Malmgr. (Ibid. p. 40) est également fort voisin, mais se différencie par la singulière armure de la trompe.
:' Otte espèce est commune à Naples, où elle vit dans la vase du port avec les Cirratules. Elle compte jusqu'à 32 segments. L'intestin urinaire commence dans ce cas dès le vingt-septième. La différence de longueur entre les cirres dorsaux et les cirres ventraux m'a semblé moins marquée que chez les individus de Port-Vendres.
518 ANNËLIDES CHÉTOPODES
Grubea LIMBATA.
PI. XIII, fig. 4.
Corpus longitudine 3""°, segmentis 27 (speeimmïbus matwris) pàlKd'um. segmento buecali superne haud distincto, subtus conspicuo, cirro dorsuali segmenti secundi cœt&ris non longiori. Proboscis recta, cutieuîa antrorsum incrassata limbum crenulatum efficiente. Stratum pigmentosum probostidis annido pallido ultra secundam partent longitudinis (scilicet in partes très divisœ) sito inierruptum.
Cette espèce est très-voisine de la G. tenuicirrata de Port-Vendres, mais chez cette dernière le segment buccal est bien visible en-dessus et le cirre dorsal du second segment sensiblement plus long que les suivants.
Le lobe céphalique, deux l'ois aussi large que long a l'antenne médiane insérée au bord occipital extrême, tandis que les latérales naissent près du bord frontal. Les quatre yeux principaux de couleur brune sont munis de cristallin, regardant en avant dans la paire antérieure, en arrière dans la postérieure. Il existe en mitre comme chez la G. tenuicirrata, deux petites taches oculaires dépourvues de cristallin sur le bord frontal.
Les antennes et les cirres présentent à leur base un renflement fusiforme; la base proprement dite est par conséquent étroite. Les pieds n'ont rien de particulier. Dans chacun les soies (4, a) forment une série graduel1 quant aux dimensions de l'article en serpe.
La trompe occupe les segments 2-5. Son bord antérieur ne présente aucune trace de papilles. Le revêtement cuticulaire est très-épais: son bord antérieur est légèrement crénelé. La couche pigmentaire présente une solution annulaire (4,6) placée exactement comme chez la G. tenuicirrata. Tout autour sont disposés des boyaux d'apparence glanduleuse. Le proventricule occupe les segments 6-8 et compte une vingtaine de rangées de glandes. La partie antérieure est tapissée intérieurement d'une espèce d'anneau corné (d), qui paraît être une continuation de la cuticule de la trompe. Le ventricule et ses glandes annexes (c) occupent le 9me segment, puis commence l'intestin biliaire.
Chez un mâle adulte, j'ai compté dix-sept paires de faisceaux de longues soies capillaires dorsales. La première paire était au 9me segment, la dernière au pénultième.
ni GOLFE DE NAPLES. îrW
Genre SYLLIDES Œrst. (Clprd. em.)
Syllides pulliger.
Syllis pulligera Ki'ohn, Archiv fur Naturg., X \ 1 1 1 , 1852, p. 251. Syllides pulliger Clprd., Glanures, p. 81 (541), pi. VI, fig. (i.
Je ne cite cette espèce que pour mémoire, n'ayant rien à ajouter à l'étude publiée dans mes Glanures1. Les individus de Naples sont presque tous marqués d'une bande jaune transverse sur les premiers segments, coloration que j'avais aussi rencontrée, mais exceptionnellement, .à Port-Vendres.
1 J'ai montré (Glanures, p. 81 ,5il) que M. Pagenstecher avait eu tort de mettre eu doute l'exactitude des observations de M. Krohn sur la reproduction de celte espèce. La formation des gemmes sur les côtés des segments de certains Syllidiens, telle que M. Pagenstecher l'avait décrite, est devenue par suite fort improbable. M. de Quatrefages a daigné accorder dans son Histoire des Annelés (tome II, p. 646) une place à quelques observations anatomiques d'importance minime que j'ai faites sur le S. pulliger, mais il a oublié le seul point important, la réhabilitation des observations de M. Krohn, sur le développement de l'espèce. Ce silence est regrettable, puisque, en accordant une place (Hist. nul. des Annelés, I, p. 123) aux conclusions de M. Pagenstecher sans faire la même faveur aux arguments décisifs qui leur ont été opposés, M. de Quatrefages peut paraître continuer de révoquer eu doute les excellentes observations de M. Krohn. Je ne pense pourtant point que telle ait été son intention.
Les observations de AI. Pagenstecher ont trouvé récemment une sorte d'appui dans les faits curieux observés, malheureusement d'une manière fort incomplète, par M. Léon Vaillant chez une Annélide de la baie de Suez (Voyez 4mm. des Se. nat., lNii.r>, t. III, p. 245). Il est peu probable que M. Vaillant ait eu, comme il le croit, à l'aire à un exemple de bourgeonnement. Il s'agit plus vraisemblablement d'un cas de parasitisme ou de gestation des petits. A première vue, le dessin de l'auteur semble représenter une Sacconéréide portant ses petits éclos. L'apparence générale du ver ne peut, en effet, être comparée qu'à celle 1 1" fin stolon sexué de Syllidien ou à celle d'une Nerilla. Un examen plus attentif montre cependant bientôt l'impossibilité d'une telle comparaison. D'abord M. Vaillant indique un gésier, organe qui fait toujours défaut aux stolons sexués de Syllidiens. Il est \ rai que le dessin de cet observateur n'indique point ilaii> ce prétendu gésier la structure si caractéristique de celui des Syllidiens. Puis les pieds n'ont aucune ressemblance avec ceux des Syllidiens ; le mode d'implantation des soies est très-exceptionnel et la structure même de ces soies ne trouve d'analogie que dans la famille des Aphroditiens. Enlin le lobe céphalique porte un faisceau de tentacules qui rappelle celui des IV mi des Amphicténiens. Impossible,
d'après cela, de rapproi her ce curieux ver d'aucune famille connue. Remarquons d'ailleurs que les jeunes individus, chez lesquels le nombre des segments parait être quelquefois bien plus considérable que celui de leur mère supposée, n'ont aucunement l'apparence de jeunes chétopodes. Rien donc dans ces intéressantes et surprenantes observations qui ne demande à être revu, confirmé, peut-être corrigé.
520 ANNÉLIDES CHÈTOPODES
Genre P^DOPHYLAX.
Palpi maximi coaliti, sulco tamen medio rentrait profundo separati. Proboscis aculeo itnico armata. Proventrieuli paries gîandulosus, ventrieuîo brevissimo, glandulis lateralibus Unis saccatis. Antennœ très. Oculorum pana duo alitai lobo cephalico aliud segmenta buccali insidens. Oirrorum tentacularium par imwm. Cirri dorsuales et ventrales fere obsolcti. (Creneratio alternans deest. Feminœ ara ad eclosionem usque gerunt.)
Ce genre esl très-proche voisin des Exogone(Œrst.) Elil. et des Exolokas1 Elil., toutefois le premier n'a point de tentacules au segment buccal, et le second, muni d'une paire de cirres tentaculaires comme les Pœdophylax, est en revanche dépourvu de cirres ventraux. 11 esl remarquable que tous ces genres, si voisins au point de vue anatomique, soient formés par des espèces portant leurs petits jusqu'à 1 ecloison des œufs et au delà. Les Oophylax Ehl. sont dans le même cas, mais s'écartent des précédents par l'absence de l'antenne médiane, si les observations de M. Kôlliker ne sont pas entachées d'erreur sur ce point. Je dois l'appeler en effet que ce savant a observé les Oophylax à Naples, où les Paedophylax chargés de leurs œufs appartiennent aux produits les plus communs de la pêche littorale. Je ne puis donc étouffer entièrement le soupçon que M. Kôlliker ait eu entre les mains des Ptedophylax dont l'antenne impaire se serait soustraite à ses regards.
1 Ce genre Exotokas Eh). {Die Borstenunirmer, etc., 1"- Abtli., p. 251) est synonyme ilu genre Syttine (Grube), Clprd. (Glanures, p. 90 [550] |. La publication de M. Ehlers a précédé quelque peu la mienne. En outre il est douteux <|ue la Sylline subrubropunctata Grube, qu'on doit considérer comme i'espècelype du genre Sylline, puisse rester dans le même genre que ma S. brevipes et les autres Exotocas. Elle s'en éloigne en effet par tout son faciès, la longueur de ses antennes et de ses cirres, le grand nombre des segments de son corps (110-124); enfin, rien ne fait supposer jusqu'ici qu'elle participe à la singulière habitude répandue dans ce groupe de Syllidiens de porter les petits avec soi. Je pense donc devoir adopter le genre de M. Ehlers, et ma Syllnie brevipes devra porter dorénavant le nom à' Exotocas brevipes.
Dtl GOLFE DE NAPLES. 521
P/EDOPHYLAX CLAVIGER.
l'I. Mil. lig. 2.
Corpus longitudine 2"'m, segmentis 28 (speciminibus maturis) griseum, cmtennis lobo a >,phalico midto longwribus clavatis, un dia etiam apicem palporv/m supercmte. Stratwmpigmentosum proboscidis annulo pallido cocu dmiidiam partem longitudinis sito interruptum. J'roa utrii iilus lui as. doliolo forma similis, seriébus folMculorwn transversis cvrca duodecim.
Le lobe céphalique est intimement soudé au segment buccal et ne s'en distingue dans la pronation que par un léger sillon transversal (2 F) à peine appréciable. Ce sillon passe exactement entre les deux paires d'yeux d'ailleurs extrêmement rapprochées, de telle sorte que la paire antérieure munie de cristallin appartient au lobe céphalique, la postérieure dépourvue de cristallin au segment buccal. J'ai déjà décrit nui' disposition toute semblable chez l'Exotokas Kefersteinii Ehl. ', YExotokas (olim Syttine) brevipes Clprd.3 et la Spermosyllis torulosa Clprd."' Les antennes sont insérées en avant des yeux et un peu renflées dans leur partie inférieure ; elles diminuent graduellement jusqu'au sommet. Les palpes forment une masse charnue lisse, en-dessus, divisée en-dessous par un sillon médian. Leur longueur équivaut au segment buccal et au lobe céphalique pris ensemble. Dans la supination (fig. 2), on n'aperçoit pour ainsi dire pas le lobe céphalique qui se confond avec les palpes, ou plutôt qui est entièrement recouvert par une production du segment céphalique. Celui-ci porte sur les côtés les cirres tentaculaires sous la forme de deux petits boutons (fig. 2, /) à peine saillants. Immédiatement en avant de chacun des yeux se trouve une petite fossette (b) pleine de cils vibratiles*, semblable à celle que j'ai décrite ailleurs chez les Exotokas et d'autres Syllidiens.
Dès le second segment apparaissent les pieds avec leur cirre dorsal 8 fort court (à), et leur cirre ventral (e) plus court encore. Le premier naît d'ailleurs moins du pied lui-même que de la surface même du segment au-dessus de la base du pied. Les suies (2 Ki sont semblables à celles des Exotokas, c'est-à-dire de deux espèces: les unes falcigères (a) à article en forme de crochet très-court, les autres, composées
' Beobachtungen , taf. XII, Gg. 3.
-' Glanures, p. '.Il (551). pi. VI, fig. i.
Ibid , p. 93, pi. VI, lig. 5.
■ En dehors deces t'o^setles, on tu' trouve ili: cils vibratiles nulle part à la surface du corps.
Le dernier individu étudiépai moi avail le troisième segmenl dénué de cirres dorsaux. Est-ce exi eption ou règle?
522 ANNÉLIDES CHÊTOPODES
aussi, mais à article en forme d'alêne fine (b). Ces dernières sont beaucoup moins nombreuses. Dans la région postérieure du corps une troisième forme de soies (c) s'associe aux deux premières. Ce sont des soies simples légèrement recourbées à l'extrémité.
Le segment anal (2 G) porte deux cirres terminaux étranglés au point d'insertion.
L'ouverture de la trompe est entourée d'un cercle de papilles. Son denticule esl très-rapproché de l'extrémité antérieure. L'intestin hépatique commence au 6me segment. Les autres caractères du tube digestif, tels que la forme de baril du ventricule, etc., sont donnés dans les diagnoses du genre et de l'espèce.
A droite et à gauche de [a trompe, dans le second segment, on remarque un corps piriforme (fig. 2, o), jaune (glande ?), tout semblable à ceux que j'ai décrits chez la Sphœrosyttis pirifera.
(liiez les 9 1(JS ovules se montrent dès le 10me segment. Il ne s'en forme jamais que deux dans la partie antérieure de chaque segment, un de chaque côté de l'intestin. 11 esl facile de s'assurer que cel ovule de couleur rose (2 C, d) n'est point libre dans la cavité périviscérale, niais enfermé dans une poche, sans doute une partie de l'organe segmentaire.
Les çf à l'époque de la maturité présentent une disposition très-singulière, jusqu'ici unique parmi les Annélides. Dès le 10me segment la cavité périviscérale esl pleine de zoospermes, et à partir du suivanl (II"") chacun d'eux présente un organe efférent, de structure toute spéciale. Pour bien l'étudier, il faut placer l'animal dans la supination. On voit alors sans difficulté le vaisseau ventral un peu sinueux rempli d'un sang limpide et incolore et plus profondément l'intestin sous la forme d'un cordon brun (2 A, à) très-mince. L'intestin prend cette forme par suite de la compression qu'il subit de la part de la semence, et il ne paraît pas que l'animal puisse prendre de nourriture à l'époque de sa maturité. Entre ces deux organes, le vaisseau ventral et l'intestin, se glisse une poche ovoïde (b) présentant aux deux extrémités de son grand diamètre un prolongement tubulaire qui va s'attacher à la paroi ventrale près de la hase du pied. A celle place on trouve régulièrement dans les téguments un groupe de quatre petits corpuscules bacillaires (2 A, <l et 2 B), courts et plus ou moins tordus. La paroi de la poche est épaisse
et tapissée intérieurement d'un épithélium (2 A, c). Il n'est pas difficile de reconnaître dans cet organe l'homologue des poches désignées par divers auteurs et par moi-même, chez d'autres Syllidiens, sous le nom de testicules, mais qui méritent plutôt celui de vésicules séminales, et que M. Ehlers a montré être des organes segmenlaires modifiés. Mais tandis que ces organes existent par paires dans chaque segment chez les autres Syllidiens, on n'en trouve qu'un seul chez les Paxlophylax. H est vrai que ce seul organe possède deux conduits efïérents paraissant s'ouvrir chacun à la hase d'un pied, près des corpuscules bacillaires que je viens de décrire. Il est donc tout naturel de supposer qu'il est résulté de la fusion de deux organes segmentaires '. L'ouverture interne simple ou multiple de cette poche m'est restée inconnue. On sait du reste comhien elle est difficile à voir chez les autres Syllidiens, parce qu'elle ne s'ouvre sans doute que pour admettre la semence dans la poche.
Les mâles mûrs portent à chaque pied a partir du 8me segment un faisceau dorsal de longues soies capillaires. Je n'ai jamais vu les femelles ornées de soies semblables, même à l'époque de la gestation externe des œufs.
Dans la couche sous-cuticulaire des individus des deux sexes, j'ai remarqué des boyaux aveugles, contournés (fig. 2, D), et correspondant à des taches claires de la mince cuticule (pores). Ce sont sans doute des follicules glandulaires.