Eteone lactea
PI. XVIII, fig. -2.
Corpus longitudine 11""', latitudine maxima 8°"",5, segmentis dira 230. lacteum, mai nlis nonniMis violaceis minimis n segmenta tertio passion sparsis. Lobus cephcMeus dongains, antrorsum vix attenuatus.
Cette belle espèce, très-atténuée aux deux extrémités comme ses congénères, se reconnaît immédiatement à sa couleur d'un blanc laiteux, semée de quelques points violets sur le dos de chaque segment, a partir du troisième. %
Le lobe céphalique, large en avant, rappelle un peu la forme du lobe céphalique de YAnattis cephalotes. Les quatre petites antennes frontales qu'il porte sur les côtés sont courtes, coniques, subulées. Sur la partie occipitale se trouvent deux yeux noirs, forts petits, mais munis cependant chacun d'un cristallin.
Le segment buccal, nettement séparé du second segment, porte deux paires de tentacules courts et coniques. Le second segment est apode et achète, mais offre cependant de chaque côté un cirre unique, cordiforme. Au 3me segment commencent les pieds uniramés avec tous les caractères de pieds d'Eteone. L'article terminal en palette (2 H. a) du cirre dorsal est moins exactement cordiforme et plus large que chez les espèces précédentes; le cirre ventral est en forme de pinnule aplatie. Les soies sont toutes semblables à celles de ['Eteone siphonodonta. Deux cirres terminaux au segment anal.
Le système nerveux ("2 A) central rappelle celui des Phyllodoees et des Anaïtis. Le cerveau est bilobé et porle directement les yeux sur sa face supérieure. De son bord antérieur naissent les deux nerfs antennaires renflés chacun en un bulbe ganglionnaire à la base. Chacun de ces nerfs se divise plus tard en deux branches pour fournir les quatre antennes. Les conneclifs œsophagiens aboutissent directement au premier ganglion de la chaîne ventrale. Ce ganglion est semilunaire, convexité tournée en arrière. Son bord postérieur est touché immédiatement par le second ganglion, deux fois aussi large que long. Les deux ganglions suivants sont encore très-rapprochés, mais, dès le cinquième, les commissures interganglionnaires s'allongent rapidement. La commissure droite est
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très-distante de la gauche comme chez les autres Phyllodociens. Leurs rapports de position avec les cellules nerveuses dans l'intérieur des ganglions sont les mêmes que chez les autres membres de la famille.
Genre EULALIA Sav. (Œrst. rec.)
(Inclus. EUM1D.\ Mlmgr. EltAClA Qtiï'g.)
Le genre Eulalia Sav., tel que nous l'adoptons avec la diagnose modifiée par M. OErsted, est une coupe générique parfaitement claire, caractérisée par cinq antennes et par quatre paires de cirres tentaculaires fixés aux segments antérieurs qui peuvent porter des pieds ou en être dépourvus. Le vague de cette définition en fait précisément l'avantage, par suite de l'impossibilité pratique [tour les zoologistes de se mettre d'accord sur la numérotation des premiers segments du corps, si condensés chez beaucoup de Phyllodociens.
Cependant le genre Eulalie n'a pu échapper au sort de tant d'autres: il a été à son tour découpé artificiellement en plusieurs groupes dont la raison d'être est peu évidente. C'est ainsi que nous trouvonsdans l'ouvrage de M. de Qualrefages un genre Eracia, caractérisé par l'existence de trois paires de tentacules implantés sur un segment buccal simple ou multiple. Comparé à la diagnose du genre Eulalia Qtrfg., qui énumère quatre paires de tentacules, ce nouveau genre peut paraître excellent. Toutefois le genre Eracia est établi sur des figures d'Eulalies de l'ouvrage de M. Ehlers. Or ce dernier, et M. de Qualrefages néglige de nous le dire, attribue a ces prétendues Eracies bel et bien quatre paires de cirres tentaculaires, portées la première par le segment buccal, les deux suivantes par le second segment et la dernière par le troisième segment. En comptant ce cirre tentaculaire passé sous silence par M. de Quatrefages, le nombre des appendices tentaculaires est de quatre paires dans les deux genres, et la clarté du livre ne se retrouve plus dans la nature. En
somme l;i différence entre ces deux genres se résume donc à ceci: chez les Eulalies il existe, dans l'opinion de !M. de Quatrefages, quatre paires de cines tentaculaires {tentacules Qtrfg.), Ions portés par un segmenl buccal, qui peut, il esl vrai, <A,lre unique, biannelé ou triannelé; tandis que chez les Eracies, trois paires soûl portées par un segment buccal biannelé et l;i quatrième par le second segment. Dans les deux cris les iii res tentaculaires sont doue portés par Irois anneaux, mais M. de Quatrefages considère ces anneaux comme résultant tous d'une multiplication du segment buccal chez les Eulalies, tandis qu'il accorde ce privilège à deux d'entre eux seulement chez les Eracies. Pourquoi? C'est ce qu'il ne nous dit pas.
Ce genre Eracie coïncide parfaitement avec le genre Euinida; établi un peu antérieurement par M. Mahngren qui envisage d'ailleurs les anneaux de la partie antérieure du corps un peu autrement que M. de Quatrefages. Il attribue en effet la première paire de cirres tentaculaires à la hase du lobe céphalique (ce seraient donc des antennes), les deux suivantes au premier segment, et la dernière au second. Mais dans les deux manières de voir il subsiste toujours celle particularité, que la dernière paire de cirres tentaculaires appartient à un segment orné en outre d'un petit cirre ventral lamellaire normal. Celte circonstance remarquable n'est, il est vrai, mentionnée ni par M. Malmgren chez ses Eumides, ni par M. de Quatrefages chez ses Eracies. En revanche, on la trouve très-bien décrite par M. Ehlers chez les espèces dont M. de Quatrefages a fait ses Eracies, et figurée par M. Œrsted chez VEulalia sanguinea que M. Malmgren prend pour type des Eumides. C'est là, selon moi, le seul caractère positif par lequel les Eumides se distinguent des Eulalies génuincs. El encore qui sait si un examen plus approfondi des Eulalies ne fera pas découvrir chez plusieurs d'entre elles, même chez l'espèce-lype, une disposition semblable? Dans tous les cas, je ne puis admettre pour le moment les Eumida Malmgr. (Eructa Qtrfg.) que comme un sous-genre des Eulalies.