‹ Les annélides chétopodes du Golfe de Naples (volume 4)Chapitre 15 sur 20 · Nereis (Ceratonereis) Kinbergiana · texte numérisé non relu

Nereis (Ceratonereis) Kinbergiana

PI. VIII, fig. 3.

Ceratonereis longitudme 45°™, latitudine 2mm,5,viridi-cit rina, segmentis circa 60.Lobus cephcdicus brevis, conicus, margine poster iore integro. Cirri tentaculans brèves. Pedes esquales, lingula média oxuta prœditi. Segmentmn primant secundo dupîo longius.

Bien que se distinguant à première vue de la Ceratonereis Ehlersiana par sa coloration, cette espèce en est cependant fort voisine. Elle présente en effet comme elle et comme d'autres Cératonéréides ' la particularité d'avoir une sorte de languette moyenne naissant de la région inférieure de la rame supérieure (VIII, 3 B, g). On peut même reconnaître que l'interprétation de cette languette moyenne comme une lèvre (Grube) extraordinairement développée, n'est peut-être pas très-exacte. Du moins faut-il admettre alurs l'existence de trois lèvres. On trouve en effet toujours le faisceau supérieur de soies, au-dessus de la languette moyenne, compris entre deux lèvres, l'une antérieure, réduite à l'état de simple tubercule (b1), l'antre postérieure (b) beaucoup plus longue et conique. Le second segment (1er séligère) est seul dépourvu du processus sétigère de la rame supérieure et de la languette moyenne, et ne porte qu'un seul acicule (2 D). Toutes les soies en arête (3 C, a) sont homogomphes. Les soies falcigères sont toutes hétérogomphes; dans chaque pied on en trouve d'épaisses (6) et

1 C'est au moins le cas pour la Ceratonereis guttata Clprd. (Cf. Anitéltdes cMlopodes du golfe de Naples, pi. ix, lig. 6 B) et pour la C. tentaculata Kubg. (Fregatt. Eu/jeu. Resa, Zoologi, Taf. xx, 5 F . Pour le dire en passant, M. Ehlers (Gottingische gcle.hrte Anzeigeii, April 1868, p. 023) croit pouvoir identifier la A', guttata Clprd. avec la N. Coslœ Grube. Celte opinion, née dans un musée, disparaîtrait vite à la suite d'un séjour au bord de la mer. Rien de plus constant, en particulier, que la coloration de la N. guttata qui ressemble à celle de la N. Costa: comme le jour à la nuit. Quant à changer le nom de l'espèce, je pense que cela n'est point nécessaire aussi longtemps que la N. guttata Risso [Histoire natur., tome M, p. 41) n'a pas été trouvée déterminable.

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de grêles (c). Les premières ont le plus souvent perdu leur serpe. Le mode de distribution des soies est le même que chez l'espèce précédente.

Le lobe céphalique est relativement un peu plus court que dans l'espèce précédente. La couleur générale est d'un vert citrin pâle, varié de brunâtre sur les limites des segments. En outre, dès le sixième segment ou même parfois (fig. 2) dès le second, on trouve de petites stries transversales brunes sur la moitié postérieure de chaque segment.

Les paragnathes ne sont pas nombreux, mais gins et coniques. Ils forment trois amas au côté ventral de l'anneau terminal (fig. 3 E) et deux bandes arquées du côté dorsal (3 D). L'anneau basilaire est, comme dans (ont le sons-genre, dépourvu de paragnathes.

Sous-genre LEPTONEREIS Kinberg (Char, em.) {Incl. Niant kulig. el Nicomedes Knbg.)

Pour les Néréides entièrement dépourvues de paragnathes, M. Kinberg a établi la famille des Niconidea, dans laquelle il distingue les trois genres Nicon, Leptonereis et Nicomedes. Ces genres sont basés sur la plus ou moins grande évidence du changement de forme des pieds dans les différentes régions-du corps. Ces distinctions ne peuvent avoir, pour moi, qu'une valeur très-secondaire au point de vue de la classification, parce qu'elles ne sont jamais tranchées. Je réunis donc tous les genres de la prétendue famille en un seul sous-genre du genre Néréis. Si je choisis le nom de Leptonéréis, c'est d'abord à cause de sa convenance, puis, ensuite, parce que c'est jusqu'ici le seul des trois genres de M. Kinberg, dont l'auteur ait figuré une espèce.

Nereis (Leptonereis) glauca.

PI. VU, fig. 3.

Leptonereis longitudine 2é""°, latitudine 2 ,3, segmefdis 55, antrorswm glauco-viridis,

uvis aurantiatis. Lobus cephalicus brevis, segmerdwm buccale longitudine ceguans, mwrgine posteriore integro. Cirri teniaculares brèves; segmentum primum secundo haud longius. Setœ falcatce homogomphœ desideratce.

Cette petite Leptonéréide présente le plus souvent dans sa région antérieure une teinte d'un vert glauque pâle, tirant sur le bleuâtre. J'ai cependant eu entre les

mains un individu de couleur un peu bronzée. Cette coloration des premiers segments est due à un pigment diffus, formé de très-petits granules disséminés dans l'hypoderme. Plus en arrière, l'animal prend une teinte jauni' orangée, due à l'intestin biliaire et aussi, chez les femelles, aux œufs vus par transparence à travers la paroi du corps.

Le lobe céphalique (fig. 3) est relativement court, arrondi en avant. Les antennes sont fort brèves, ne dépassant guère la moitié de la longueur des palpes, dont l'article basilaire esl très-renflé. Les yeux antérieurs, de forme elliptique, sont fort grands; les postérieurs, arrondis, sont bien plus petits et plus rapprochés. Les cures tentaeulaires sont relativement courts: le [dus long d'entre eux, savoir le dorsal de la paire postérieure, ne dépasse pas, rej té en arrière, le troisième segment.

Les pieds (il \) sont remarquables par la profonde division des deux rames, dont chacune pinte deux languettes triangulaires, l'une supérieure, l'autre inférieure. Le cirre dorsal, fort long, dépasse de beaucoup la rame supérieure. Le cirre ventral est relativement court, implanté très en arrière, et son extrémité n'atteint guère que la base de la languette inférieure. Les soies sont les unes falcigères (3 B, c), toutes hétérogomphes, les autres en arête, et celles-là sont les unes (a) homogoinpbes, les autres (b) hétérogomphes. Leur mode de distribution est le suivant :

Rame supérieure soies en arête homogomphes.

v , S , • - ( soies en arête homogomphes.

'V 'l,auca- p . ,.. . \ SrouPe s»Pe''eu<' soies en serpe hétérogomphes.

( Rame intérieure soips en ^ hé,éro|ompphes.

groupe inférieur j soies en serpe hétérogomphes. Les mâchoires (3 C) sont grêles et comptent en moyenne une quinzaine de dents.

Les œufs en voie de formation forment une masse arrondie de chaque côté de chaque segment, où ils sont entourés de vaisseaux et des cellules du tissu sexuel. Au premier abord on pourrait les croire enfermés dans un sac, mais l'enveloppe est formée uniquement par le tissu sexuel ordinaire des Néréides. Les œufs murs sont remplis de gouttelettes de couleur orangée Leur diamètre esl de 0""",19. Il équivaut, par conséquent, à peu près à la moitié de la largeur du corps dans la région postérieure.

Le péritoine de celte espèce esl semé de cellules pigmentaires brunes, non ramifiées.

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Famille des PHYLLODOCIENS Or. (Qtrfg. rev.)

TRIHL DES PHYLLODOCIDES.

Genre PHYLLODOCE Sav. (Ehlers rev.) Phyllodoce Pancerina '.

PI. IX, fig. 1.

Corpus longitudine 2S°mi, laiitudine 4-5mm. cœruleum, segmentis circa 280, cirris foliaceis viridibus, margine lutcolo. Ocidi duo magni. Lob us cephalicus rotundatus, margme pbstico integro. Cirri tentaeulares longissimi crassissimique, talon suîphureo. Setarum stipes apicem verstts crenulatus, ode longa undulata.

Cette magnifique Annelide atteint, comme beaucoup d'autres Phyllodociens, sa plus grande largeur vers le milieu de la longueur, et s'atténue graduellement vers les deux extrémités. Sa coloration en fait un des plus beaux ornements des aquariums. Le corps est d'un bleu irisé soit en dessus, soit en dessous; les cirres foliacés sont d'un vert brillant, à bordure jaune; les cirres tentaculaires et les antennes sont d'un jaune soufre très-vif. Cette coloration est à peu près identique avec celle que les auteurs attribuent à la Phyllodoce Parelli (Nereiphylla Parelli Blnv.) '. Mais il suffit de comparer les belles figures, laites d'après le vivanl. que M. Milne Edwards5 adonnées de cette espèce, pour reconnaître qu'il s'agit de deux formes spécifiquement bien différentes. La P. Paretti est en effet remarquable par l'extrême brièveté de ses cirres tentaculaires. dont le plus long est loin d'atteindre L'extrémité des antennes. La P. Pancerina est tout aussi remarquable par la longueur de ces organes dont le plus court est quatre fois, et le plus long au moins cinq fois aussi long que les antennes. Ces cirres tentaculaires sont en même temps remarquables par leur épaisseur'.

1 Dédiée à mon ami M. Paolo Panceri, professeur d'anatomie comparée à Naples, qui consacre une attention soutenue aux Annélides du golfe.

5 Dicl. des Sciences naturelles, atlas, pi. 13, lig. 1.

"' Hègne animal de Cuvier. Édition illustrée. Annélides, pi. 13, lig. i.

4 Je suis fort disposé à croire que la Phyllodoce Rathkii Gr., décrite dès 1840 par M. Grube (Aclinien, Echinodermen u. Wùrmer, p. 78) comme trouvée aux environs de Païenne, est identique avec la V . Pan-

La frappante petitesse du lobe cépbalique est aussi caractéristique de cette espèce, de même que le raccourcissement extrême du segment buccal. Celui-ci n'est munir visible sur le dus que comme une étroite bandelette placée derrière le lobe cépbalique el enchâssée .:i droite el à gauche entre les articles basilaires des cirres tentaculaires du second segment. Aussi les quatre cirres tentaculaires paraissent-ils naître sur une même ligue transversale, comme M. Grube le remarquait déjà en 1840 pour sa P. Rathkii. Cette disposition n'existe aucunement dans la P. Pitrettide M. Milne Edwards, ni dans celle de Délie Chiaje. Elle ne se retrouve pas davantage chez la P. Kinbergi Qtrfg.' i|ui offre cependant une grandi' ressemblance de coloration avec la P. Panceruta. mais qui s'en éloigne d'ailleurs par plusieurs caractères saillants. Le corps se termine en arrière par deux cirres anaux jaunes, fort épais, el très-semblables aux cirres tentaculaires.

Les pieds (1 B) sont Lrès-semblables à ceux de la P. Parelli, sauf en ce qui concerne les soies. Celles-ci il\. I C) ont leur hampe renflée à l'extrémité qui est couverte de petites crêtes crénelées. L'article terminal est formé par une lame fort longue, ondulée, finement ciliée sur le bord. L'article terminal, chez la P. Paretti, a en juger par les dessins de M. Edwards et par la description de M. de Quatrefages, est au contraire fort court et à peine courbé.

cerina. L'auteur dil en effet, à propos des cirres tentaculaires, qu'ils sont disposés en une seule rangée transversale, apparence qui existe en effet chez la /'. Pahcerina, mais point chez la /'. Parelli. Il ajoute que ces cirres sont moins développés que chez la /'. laminosa Sav.. expression très-compréhensible s'il s'agit de la P. Pancerinn où ces organes sont en effet un peu moins longs que chez la P. laminosa, tout en étant beaucoup plus épais, mais qui serait bien faible s'il s'agissait de la P. Parelli, où ces cirres sont relativement des lilliputiens. M. Grube a cité plus lard (Familien der Anneliden, 1851, p. 55) la /'. Parelli (Nereiphulln Parelli Iilnv.) comme synonyme de sa Ph. HatMii, et indiqué la figure publiée par M. Milne Edwards dans le lièç/ne animal comme appartenant à cette espèce. Un ne saurait donc blâmer M. de Quatrefages (Flist. natur. des Annelés, II, p. 130) d'avoir rétabli le nom spécifique de Blainville en taisant descendre le nom de M. Grube au rang de synonyme. Je n'en suis pas moins convaincu que M Grube s'est rendu coupable d'une méprise en 1851, et j'aurais rétabli le nom de /'. Rathkii pour l'espèce qu'il décrivit en t S 10, sans la figurer, si M. de Quatrefages n'avait depuis lors attribué le même nom à une autre espèce. Mais pour éviter une complication de synonymie, et ne pas baptiser à nouveau la P. Hatlikei Qtrfg., je préfère considérer la synonymie établie en 1851 par M. Grube dans ses « Familien der Anncliden » comme bien fondée. De là la description de l'espèce actuelle comme nouvelle. Quant à l'espèce décrite et figurée par Délie Chiaje sous le nom de Phyllodoce Paretti Iilnv. (Memorie sut/li Anim. sen:a vert., IV, 195: lav. lxiv, tig. 3-5, et Uescriziune e Notomia, tome III, p. 98, et V, p. lOi ; lav. 165 [régulièrement 166], fig. 3 à 6), elle est identique avec la /'. Pancerina pour la coloration, mais elle s'en écarte tellement par la conformation des premiers segments el par les cirres tenlaculaires. qu'il n'esi guère possible de les réunir.

1 Hist. naturelle des Annelés, II, p. 128, et atlas, pi. 9, fig. 8-10.

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Genre ANAITIS Mlmgr.

L'examen de trois nouvelles espèces du genre Anaïtis me confirme dans l'opinion précédemment émise par moi, que les quatre paires de cirres tentaculaires sont portés, en réalité, par trois segments. Deux paires appartiennent au segment buccal achète. Les deux autres paires constituent les cirres dorsaux des deux segments suivants. Le troisième segment porte en outre toujours un petit cirre ventral foliacé. Le second en est dépourvu, mais est armé cependant d'un faisceau de soies.

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