Tome xx, lre Partie
74 ANNÊLIDES CHÈTOPODES
reçu des pêcheurs, cinq ou six fois seulement, des individus isolés et incomplets. Ce chiffre peut paraître suffisant pour permettre une élude approfondie de ce curieux type. Il n'en est rien cependant, grâce à la fragilité de l'animal et à l'extrême caducité de tous ses appendices. Le caractère sans contredit le plus remarquable de cette Annélide, ce sont les branchies pennées. Cependant je n'ai pu acquérir de certitude quant au nombre normal de ces organes. Ils paraissent alterner plus ou moins régulièrement avec des branchies simples, mais j'ai rencontré tous les chiffres entre zéro et quatre paires pour les branchies composées, et en maximum le nombre neuf pour l'ensemble des branchies simples et composées. Pendant qu'on étudie l'animal, les branchies se détachent avec la plus grande facilité, et je ne puis m'empêcher de croire que des accidents semblables doivent arriver fréquemment dans la mer. De là l'idée très-naturelle que les branchies simples, toujours plus courtes que les autres, pourraient bien n'être que des branchies composées en voie de régénération. Cette hypothèse acquiert une vraisemblance trèsgrande, si l'on réfléchit que les segments porteurs de branchies composées ne paraissent pas présenter un numéro d'ordre constant. Dans le Prionospio Sleenstrupi Malmg., espèce-type rapportée d'Islande par M. Torell, M. Malmgren indique des branchies pennées au premier et au quatrième segment, et des branchies filiformes au deuxième et au troisième; mais a-t-il eu entre les mains un nombre d'individus assez considérable pour que la constance de ces chiffres soit hors de doute?
Les branchies simples sont semblables à celles des Polydores. Les branchies composées (fi g. 3 et 3 H) sont formées d'un axe cirriforme portant plusieurs rangées de rayons cylindriques. Deux de ces rangées sont très-complètes et régulières' et donnent à la branchie une apparence pennée ; les autres, en général au nombre de deux, sont moins complètes. Toutes sont placées sur le côté interne ou dorsal de la branchie. Les deux rangées de cils vibratiles existent comme sur les branchies
1 Le Prionospio Sleenstrupi Mlmg. parait ne posséder que cesdeux-ià, du moins la ligure de M.Malmgren représenle-t-elle les rayons branchiaux comme régulièrement disiiques.
«les autres Spiodiens; elles sonl (railleurs restreintes à l'axe branchial el ne s'étendent point sur les rayons. L'extrémité de l'axe est nue, eulièremenl dépourvue de rayons. L'absence de cils pourrait faire douter que les rayons participent aux fonctions respiratoires. Il m'a cependanl semblé voir pénétrer un vaisseau dans l'intérieur.
Le lobe céphalique est très-large, à bord frontal arrondi. Son tissu présente une structure aréolaire très-particulière. Sur l'occiput existent quatre taches oculaires, les deux antérieures circulaires, tes postérieures oblicpjement allongées et un peu irrégulières.
Dans les segments de la région antérieure, branchifère, les deux rames pédieuses sont bien distinctes, même au premier segment, où elles sont pourtant plus petites qu'aux suivants. Chacune d'elles se prolonge en un lobe foliacé (3 H, a). Plus en arrière, elles semblent se fondre pour former une sorte de crête membraneuse (3 A), qui passe comme une ceinture autour du segment, car la crête de droite se soude sur le dos avec celle de gauche. Cette crête est bordée de cils vibratiles. Les faisceaux de soies restent néanmoins toujours séparés.
Dans les neuf premiers segments^ les deux rames portent exclusivement des soies simples en forme de sabre (3 D), dont la moitié dorsale est rugueuse, tandis que le bord tranchant est lisse. A partir du 10me segment se mêlent à chaque faisceau des soies (3 G), assez semblables aux autres, mais plus courtes et coudées à la base, de manière à ressembler à une baïonnette munie de sa douille. Au 1 5mc segment et à tous les suivants, la rame ventrale porte, en-dessous des soies précédentes, quelques crochets encapuchonnés d'une gaine (3 E), à rostre armé en-dessus de deux petites dents. Enfin, dans la partie postérieure du corps, les soies simples deviennent purement capillaires.
La trompe est exsertile, courte, couverte de cils vibratiles. Un organe segmentaire brun, rappelant celui des Polydores, existe aux segments 3, 4 et 5.
Le système vasculaire est remarquable par l'existence d'une foule d'appendices contractiles et aveugles. Sang rouge pâle.
Chez les femelles, les ovules forment dans chaque segment à partir du quinzième une grappe orangée de chaque côté de l'intestin.
Les téguments renferment beaucoup de follicules. On en voit eu particulier deux rangées transversales au milieu de chaque segment (3 G)
76 ANNÉLIDES CHfiïOl'OhES
du côté ventral. Chacun d'eux est large de 2 micr., el aboutit à un pore très-distinct de la cuticule. La crête membraneuse qui réunit les pieds d'un même segment, est remplie de longs follicules bacillipares, cylindriques (5 B), qui se terminent en pointe sur le bord de la crête. Il existe même en général une petite proéminence à cel endroit, peut-être un corpuscule bacillaire en voie de sortir.
L'extrémité postérieure du ver m'est inconnue.
Famille des CHETOPTERIENS Aud. et Edw.
Les auteurs qui ont le mieux compris les affinités naturelles des Chétoptériens, sont sans contredit M. Rud Leuckart et .M. Sars. Dès 1849, le premier' rapprochait ces Annélides des Anciens, el en 1856, le second'2 leur assignait une place tout auprès des Spiodiens. Soit M. Schmarda5, soit M. de Quatrefages4 ont depuis lors méconnu les affinités si bien reconnues par leurs devanciers et éloigné les Chétoptériens, soit des Anciens, soit des Spiodiens. M. Schmarda les place dans son ordre des Annélides abranches qui esl inadmissible en face des progrès modernes de la science. M. de (Quatret'ages les érige en un sousordre à pari sous le nom A" Annélides aberrantes. Chose étrange, à propos de la formation de ce sous-ordre, cel auteur s'exprime de la manière suivante: « 11 me semble que les résultats dus au savant norwégien confirment entièrement celte manière de voir. » M. Sars a dû être étonné de cette appréciation, car il s'était exprimé textuellement de la manière suivante : « Après la découverte des Spiochœtoplerus, la famille Chœlopterea n'est plus isolée, et pour ainsi dire étrangère dans cette classe d'a-
1 Ueber Cnœtopterus pergamentaceus Cuv. Arcliiv f. Naturg., 1849. XV, p.:j40.
; Fauna littaralis Norwegiœ, "2e livr., p. 7.
"' ATewc Turbellarien, etc., II, p. 16.
1 Histoire naturelle îles Annelés, 11, p. 207.
I>l GOLFE DE N'AIMES. 77
nimaux, mais elle se trouve en liaison intime avec les formes, depuis longtemps connues, de la famille Spionea '. »
En effet, les genres Spiochœtopterus, Phyllochœtopterus et Telepsavus ont entièrement le faciès des Spiodiens, et ne s'en distinguent que par la conformation des rames pédieuses et l'absence complète du système vasculaire, caractères qu'ils partagent avec les Chétoptères.
L'affinité avec les Poli/clora Bosc et les Disoma OErst. est surtout très-frappante. Ces deux genres se distinguent de tous les autres Spiodiens par l'existence d'une armure de soies très-particulière à l'un des segments de la région antérieure. Ce caractère parait également commun à tous les Cliétoptériens. Le segment porteur de cette armure spéciale est le cinquième sétigère chez les Polydores, c'est le troisième chez les Disoma et le quatrième chez les Cliétoptériens. Les affinités de ces Annélides entre elles sont si grandes, qu'on pourrait désirer une nouvelle élude des Disoma, avant d'être parfaitement certain qu'il s'agit de Spiodiens et pas de Cliétoptériens.
Le caractère le plus remarquable des Cliétoptériens, celui par lequel ils se distinguent de toutes les autres Annélides, c'est la duplicité de la rame ventrale, que M. Leuckart a comparée ingénieusement à la bifurcation si fréquente des appendices ventraux chez les crustacés. Celte duplicité existe dans toute la région postérieure, et aussi, comme M. Sars * a été le premier à le montrer, dans une partie de la région moyenne. Ce caractère singulier, le seul sur lequel M. de Quatrefages eût pu paraître fondé à établir un sous-ordre pour les Cliétoptériens, a précisément été laissé de côté par ce savant3. 11 était pourtant déjà connu d'Audouin et Edwards ' qui représentent la rame ventrale comme formée, à la région postérieure, de deux tubercules charnus bien distincts. Ces observateurs ne connaissaient, il est vrai, pas l'existence de crochets
1 Loc. cit., p. 7.
'■ Uddrag «/' en med Afbildningei ledsaget Beskrivelse over Chœtopterus Sarsii, etc. — Vidensk, Forh. i Christiania, I8ti0 (Sârskill Aftryk, u. 3). J Lin moins ne le mentionne-t-il qu'en passant chez une espèce de la famille. * Annules des Science* naturelles, XXX, 1834, p. il(>.
78 ÀNNÊLIDES CHÊTOPODES
pecliniforincs à la surface de ces tubercules. Il étail réservé à MM. Sais. Leuckart et Schmarda de les découvrir chez quelques espèces. Nous verrous qu'ils existent dans toute la famille.
L'absence complète de vaisseaux chez les Chéloptériens n'avait été constatée jusqu'ici que par M. de Quatrefages chez le Chœtopterus Valencinii. Toutes les espèces que j'ai étudiées à Naples sont aussi complètement anangiennes. Cependant Renier a décrit fort en détail le système vasculaire du Chœlopterus variopedatus dans son Prodromo délia Classe dei Vermi, ouvrage qui n'a point vu le jour, mais dont M. Meneghini a extrait une longue citation relative à ce sujet. Je ne puis, il est vrai, accepter comme entièrement probante la description du savant vénitien. Du moins certaines particularités très-exceptionnelles, signalées par lui, mériteraient-elles confirmation ? C'est ainsi qu'il attribue aux Chéloptères un cœur placé du côté gauche, et formé d'une oreillette et d'un ventricule, cœur qui, séparé de l'animal, continue de présenter des pulsations rhythmiques. Une telle conformation s'éloignerait certes bien de tout ce que nous connaissons chez les autres Annélides.
Genre CH^GTOPTERUS Cuvier.
TRICŒLIA Renier '.
Ch.etopterls variopedatus.
Tricœlia variopedata Renier, Osservazioni postume di Zool. Adriatica, p. 35.
» » Meneghini, ibid., p. 38.
Chœtopterus pergamentaceus Will, Archiv fur Naturg., I8ii, t. X, 328.
» » Leuckarl, Archiv fur Nalurg. (non Cuv ). t. XV, |j. 340.
» Leuckartii Qtrfg., Histoire natur des Annelés, H, p. 216.
y pergamentus Kowalewsky, Entwick. d. Rippenquallen, p. VI.
' Je ne voudrais certes point faire tort à Renier, cependant je n'ose nie ranger du côté de M. Meneghini, lorsque ce savant relègue au rang de synonyme le nom si généralement adopté de Cliœtoplerus et le remplace par celui de Tricœlia, pour obéir aux exigences de la loi de priorité, le nom de Renier datant de 1804. Or, à celte époque, comme M. Meneghini nous l'apprend, Renier préparait un travail
Je ne cite ici guère colle espèce que pour rétablir le nom spécifique de Renier et de M. Meneghini, ignoré de tous les auteurs récents. Je n'ai pas eu en effet le bonheur d'examiner vivante celte magnifique Annélide, et si j'ai pu en étudier quelques individus conservés dans l'alcool, soit à Naples, soit à Genève, c'est grâce à la libéralité de mon ami M. Panceri. Cependant l'examen de ces individus me prouve surabondamment que l'espèce de Naples est bien la même que celle de Venise et de Trieste, localités où elle parait avoir été étudiée, non-seulemenl par Renier et M. Meneghini, niais encore par MM. Nardo et Koch. Les beaux dessins de Renier sont très-exacts. Une légère différence dans le nombre des pieds de la région antérieure n'a pas en effet l'importance qu'on pourrait être tenté de lui attribuer. M. Meneghini porte ce nombre à huit paires, mais tous les dessins de Renier en indiquent nettement neuf. Deux individus du golfe de Raja que j'ai sous les yeux en comptent l'un neuf paires, l'autre dix. Peut-être s'agit-il d'une différence sexuelle.
Dans tous les cas, c'est la quatrième paire de pieds qui présente une armure spéciale.
Je ne veux pas en dire davantage après des recherches faites sur des animaux conservés dans l'alcool. Le mémoire annoncé par M. Kowalewsky sur ce sujet, comblera sans doute bientôt cette lacune \
intitulé: Prodromo degli Animait ilella classe dei Vermi, ouvrage que l'auteur ne put mènera bonne lin et dont il n'imprima qu'une partie: Prospetto dei Vermi. Dans ce Prospetto fut établi le genre Tril'clm longtemps avant que Cuvier eût fondé son genre Chaetopterus. Mais le Prospetto imprimé île Renier Tut-il distribué on vendu? Je ne le pense pas, lu moins ne l'ai-je vu cité nulle part, el dans ce cas la seule inipressiim ne saurait sullîre à établir la priorité du nom de Renier. Les paroles mêmes de M. Meneghini ne sont pas parfaite ni claires sur ce point. La Philosophia toologica île .M. van der lloeven ne
renferme aucune règle décisive pour un point douteux de cette nature. En revanche, dans les Lois île lu nomenclature linlaniijiie, telles qu'elles ont été proposées par M. Alpli de Candulle au congrès des botanistes réuni à Paris en IS(i7, je trouve deux articles ainsi conçus: Art. il. La date d'un nom ou d'une combinaison de noms est celle de leur publication effective, c'est-à-dire d'une publicité irrévocable. Art. ii. La publication résulte de la vente ou de la distribution dans le publie d'imprimés, de planches, d'aulograpliies ou seulement d'étiquettes accompagnant les échantillons d'heibiet
1 H. Panceri m'écrit que la mucosité sécrétée par les flhétoplères est phosphorescente. C'est une confirmation des données de Will.
80 ANNÉUDES CUETOPODF.S
Genre TELEPSAVUS Gabr. Costa. (Char, em.)
Uhœtopteridœ quatuor tentaeulis aliis brevibus, aliis longissimis sulcoque longitudinali i/niiitis munitœ. Corpus <■ regionibus constants duabus: omkriori depressà, suhtus convexa, pedibus swydicïbus compressis, flabeîlo setarwm unir,,; posteriori pedibus compositis instructa, romo dorsuali foliaceo ac verticali, setis simpKciibus, rame ventrali thi/>li< i uncinis permultis a/rmato.
Lorsque M.Gab. Cosla décrivit le curieux Ghétoptérien que nous allons étudier, il ne connaissait pas le genre Spiochœtopterus, établi plusieurs années auparavant par M. Sars. Sans cela, il lui eût sans doute rapporté sa trouvaille, et n'eût point formé de genre JTelepsavus*. Cependant à tout prendre, après avoir mis de côté tout ce qu'il y a de fautif dans la description de M. Cosla, il subsiste des divergences assez considérables pour permettre aux deux genres de coexister l'un à côté de l'autre. La distinction principale est la suivante: Chez les Spiocbéloptères les lobes foliacés, que nous verrons être des branchies, ne se trouvent qu'aux segments onze et douze, tandis que chez les Telepsavus ils existent à tous les segments du corps dès le onzième*.
Telepsavus Costa rum s.
Telepsavus xp. Gabr. Costa, ,\l re d'Italia, etc., p. 53.
PI. XX, 6g. i.
Corpus, longitudine 5 ad (i'""" (nbsipic toitaeulis), hititiidine lmn,7, segmentis ultra 100, mit ire roseo-riolamnii. postire viridescens, lobo cephalico conico, oculis duobus ornato, branchiis a segmento undecimo incipientibus usque ad cauda/m ultimam persistentibus. Segmenta 11 ad 14 seriebus dorsualibus verrucarurn depressarwm granulosarumque instriK-fu. Tentaeula 3 cent, longâ. Tribus rit nus. armulatus.
1 Di un nuovo génère di Andliile delt'ordine ilei Tubicolarii e délia famiglia dei Chelopterini, scoperlo net mure di Napoli, dcl prof. Oronzio Gabriele Costa. — Al re ttllalia Victoria Emmanuele, omaggio rfell' Accademia Pontoniana, in-4°. Napoli, 186), p 53.
* La diagnose que j'ai donnée ci-dessus ne ressemble guère ii ce que sérail celle de M. Costa, s'il venait à la formuler. Toutefois, il ne faut pas oublier que je l'établis d'après l'espèce-type de ce zoologiste.
5 L'espèce est dédiée non- seulement à M. Gabriel Cosla, fondateur du genre Telepsavus, mais encore
Les tubes de celte espère sont très-fréquents dans la baie de Naples. On les trouve surtout en grande abondance dans le sable habité par 1rs Owenia (Àmmochares Grube). Ces tubes sont cylindriques, incolores, parfaitement diaphanes, et comme régulièrement articulés. A chaque articulation correspond une petite dilatation annulaire. Ces tubes résistent énergiquement à la décomposition, ce qui explique leur fréquence. Les vers sont en effet beaucoup plus rares que leurs habitations. L'animal se voit très-bien par transparence dans l'intérieur du tube, et l'on distingue en particulier facilement les deux longs tentacules sortant par l'ouverture antérieure du tube, et semblant palper lentement au dehors.
Le lobe céphalique est conique et repose sur la partie dorsale du segment buccal. Il présente deux taches noires, sans doute oculaires. Le segment buccal est cylindrique, et son extrémité antérieure s'ouvre en large entonnoir pigmenté de violet: la bouche avec ses lèvres charnues. En dessous (1 A), ce segment présente une sorte de ceinture pigmentaire d'un violet plus intense à son bord postérieur. En dessus s'attachent les doux longs tentacules, semblables à ceux des Spiodiens'. Ils sont jaunâtres, tachetés de pigment brun de chaque côté de la gouttière ciliée qui en parcourt tout le bord interne*. Ces organes sont évidemment préhensiles. Ils contribuent aussi à la respiration, en aidant à entretenir un renouvellement constant de l'eau, lorsque l'animal est retiré au fond de son tube.
Les neuf segments3 suivants constituent une région à part, thoracique si l'on veut.
;'i H. Achille Costa i|ni longtemps avant son père avait reconnu dans cette Annélide un Chétoptère. (Voyez Cenm intorno aile osservazinni ;oo/«/ic//c faite durante i tremesi vemali rfi'l 1H-14, da A. Costa. — Annali il. Accid il. Aspiranli naturalisli, II, "1S marzol844.) Les tubes de ce ver auraient été [iris précédemment, selon cet auteur, pour des Tabulaires.
' M. Gabriel Costa (lor. cit. p 54 ■l'ail naître ces tentacules de la face inférieure du ver, aux côtés de la bouche. Cette erreur s'explique lorsqu'on examine la figure 4 du zoologiste napolitain. Ce que l'auteur appelle « una specie di labbro inferiore, » est, en effet, le lobe céphalique. L'auteur a renversé l'animal et pris le ventre pour le dos
! M. Gabriel Costa fait courir tout le long du bord supérieur du tentacule un vaisseau qui, arrivé à l'extrémité, se bifurque pour formel' deux branches ramenant le sang en arrière. Je conteste de la manière la plus positive l'existence de ces vaisseaux.
"' Je ne m'accorde guère avec M. Gabriel Costa quant au nombre des segments, mais cela lient à ce que ce savant n'a point su reconnaître les limites des zoonites. C'est ainsi qu'il attribue une paire de pieds à chacun des deux premiers segments, plus une paire intermédiaire entre les deux; le troisième segment porterait trois paires de pieds, etc. Tout cela ne résiste pas à la critique. Toutefois, sur le point essentiel, le nombre des paires de pieds (9) de la région thoracique, je suis parfaitement d'accord avec M. Costa.