Branchiomma vesiculosum, var. Neapolitana
Amphitrile vesiculusa Montagu, Linn. Trans , XI, p. 10, lab. v. fig. 1.
» » Lamarck, Animaux sans vert., 2m<? édition, p. 010.
Subclla vesiculusa Jobnst., Ann. and Mag. ofNat. Hii-l , XVI, p. 440.
a « Edwards, Itègne animal illustré, pi V, fig. 3.
>• » Grube, Familien der Anneliden, p. 88.
» » Williams, Report of Brit. Assoc ., 1851, p. 205, et Ann. and Mag., XII, p 205.
» » Jolmston, Catalogue of Worms, p. 250.
» » Qtrfg., Histoire naturelle des Annelés, II, p. 450.
PI. XXII, fig. 5.
' M. Kollikera déjà décrit un axe cartilagineux dans les tentacules de la Dusychone Bombyx (loc. cit., p. 530).
nu GOLFE DE NAPLES. 1(55
Corpus I /""'" longum, latitttdine l°mt, obscure vinosum, albo tenuissvme punctatum, collari oXbicante, branchiis olbo antudatis, toris uncinigeris fhoracicis sternum versus macula rubra minuta ornatis. Segmenta thoracica octo. CoUare bUobum.
Il ne m'est pas possible de différencier les individus de la mer de Naples de ceux que les auteurs ont décrits de l'Océan. Leur taille est un peu supérieure, mais Là se borne la différence. Je ne puis, en effet, attribuer une grande importance à la coloration des branchies (olive green, moltled witb gray Montagu); ces organes offrent en général peu de fixité de couleur parmi les Sabellides. La couleur de l'abdomen tirant un peu sur le violet dans l'espèce d'Angleterre, ne peut également caractériser qu'une variété locale1. Le corps est à peu près semblable par son diamètre à celui du Spirograpkis Spattanzanii, mais la brièveté des branchies, longues seulement de 2cent ta 2 7*cenS et groupées en un entonnoir conique, brun, à quatre zones blanches., détruit toute ressemblance.
Chacune des moitiés de la collerette a le bord entier, mais ces deux moitiés sont séparées l'une de l'autre, du côté dorsal, par un large intervalle concave, au fond duquel se voient deux lobes membraneux, bruns (lig. 5), qu'on pourrait peut-être considérer comme deux autres lobes de la collerette, bien qu'ils soient tout à fait indépendants des premiers.
Les filaments branchiaux sont au nombre d'environ trente-deux de chaque côté et leurs barbules d'une longueur très-remarquable. L'extrémité de chaque filament (5 A) dépasse l'œil beaucoup moins que dans l'espèce précédente. L'œil lui-même esta peu près hémisphérique, large de 0""u,19, c'est-à-dire relativement beaucoup plus petit que celui du Br. Kbllikeri. La largeur des cristallins est de 15 microm.; l'épaisseur de la membrane pellucide 4 microm.
' En revanche, c'est par erreur que M. Leuckart (Archiv fur Naiurtj , 1860, Rericht [Separatabdruck, p. 3]) rapporte à la S. vesiculosa Y Ampliitrite fioscula Dalyell (The puwers of the Creator, etc., vol. II, p. ti VT>, p|. XXXI, fig. 9). Cette magnifique espèce ne peut rentrer que dans le genre Ghone Krôyer, mais elle se distingue de toutes les Chones jusqu'ici décrites par un œil à l'extrémité de chaque Idet branchial. L'Histoire naturelle r/cs Annelés la passe sous silence, comme toutes les espèces de Dalyell, les ouvrages de cet auteur étant restés inconnus à M. de Quatrefages.
166 ANNÉLIDES CHÉTOPODES
Les boucliers ventraux sont entiers au thorax, divisés a l'abdomen par le sillon copragogue. Celui-ci (5 B, b) passe au dos du côté droit', en se divisant en deux branches, dont l'une passe entre le dixième et le onzième, l'autre entre le neuvième et le dixième segment. Ces deux branches confluent en dehors du bouclier ventral du dixième segment, et la partie droite de ce bouclier, d'ailleurs bien plus petite que la gauche, se trouve comprise entre elles, comme entre les bras d'un fleuve. Puis le sillon copragogue continue obliquement sa marche sur le côté du neuvième segment et atteint la ligne médiane dorsale au huitième. A partir de là, il continue son chemin sur la ligne médiane dorsale, jusqu'à l'extrémité antérieure.
Le tube du ver est encroûté d'un sable très-fin. D'après Monlagu, l'espèce des côtes de la Grande-Bretagne aurait son tube couvert de petits cailloux. Celte différence tient peut-être uniquement à une nature autre du fond de mer sur lequel vivent les individus dans les deux localités. Cependant il est possible qu'une étude plus approfondie conduise à établir une différence spécifique entre ces deux variétés.
Je ne suis pas parfaitement certain que le Br. Kollikeri ne doive pas être considéré comme le jeune âge du Br. vesiculosum, d'autant plus que les deux seuls exemplaires que j'aie reçus de ce dernier étaient en état de maturité sexuelle, et le Br. Kollikeri jamais. La coloration, bien que très-différente, offre ce trait commun que l'une des formes comme l'autre est finement piquetée de blanc. Les circonstances qui m'ont empêché de les réunir sont l'absence d'intermédiaires, la forme de la collerette, le port tout autre des branchies, l'absence des deux filaments branchiaux à position spéciale et le manque de follicules mucipares dans les antennes chez le Br. vesiculosum.
' Montagu dit au côté gauche, mais il a pris le dos pour le ventre. Cette erreur s est perpétuée pour toutes les Sabelles jusque dans le Catalogue de Johnston (1865); M. Williams l'étend à tous les Serpuliens chez lesquels il représente les plaques onciales thoraciques comme appartenant à la surface dorsale.
Genre LAONOME Mlmgr.
M. Malmgren a séparé du genre Sabelle sous le nom de Laonome les espèces qui ne portent sur chaque tore uncinigère qu'une seule rangée de soies, à savoir des crochets très-semblables à ceux des vraies Sabelles. Les soies en pioche leur l'ont totalement défaut.
Laonome Salmacidis '.
PI. XXIV, 6g. i.
Corpus hi/ihiiliiir :;"". flavum, segmentas 50, brcmchia/rwn penicïtto longo, tenui, fusco annulato : coUari obsoleto : maculis ocidiformibus parum conspicuis duobus. Segmenta tkoracica octo. Tîibus paMidus translucidus, ut cartUaginosus. — Speoies hermaphroditica.
M. Mecznikow m'apporta un jour cette Annélide en me l'annonçant comme un nouvel exemple d'hermaphrodisme parmi les Serpuliens. Il ne s'était point trompé. Chez les deux seuls individus que j'aie eus entre les mains, la cavité du corps était remplie d'ovules et de zoospermes. Les jeunes ovules (4 C), larges de 0mm,022, étaient parfaitement transparents, munis d'une vésicule et d'une tache germinalive, fort grandes. Les œufs adultes (4 D), larges de 0inm,07, avaient le vitellus opaque, rempli de petites granulations. Les régimes de zoospermes présentaient toutes les phases d'évolution habituelles chez les Annélides (4 E, 4 F). Les zoospermes mûrs ont une tète tronquée en avant, de grandeur assez variable. La forme de cette tête est celle d'une urne large et ventrue.
Dans chaque moitié de l'appareil branchial, j'ai compté jusqu'à seize branchies pectinées, dépourvues d'yeux, puis de chaque côté, auprès des tentacules, un filet simple, sans barbules, mais renfermant un vaisseau comme les branchies.
Le premier segment thoracique n'a que les soies dorsales, qui sont de deux espèces, comme dans le reste du corps. Les soies supérieures du faisceau sont en arête, à peine
1 Dédiée à la nymphe Salmacis, qui, éprise d'Hermaphrodite, obtint des dieux de ne faire qu'un seul corps avec lui.
168 ANNÉLIDES CHETOPODES
géniculées et finement dentées (4 A) sur le bord de l'arête; les inférieures sont relativement plus grosses (fig. 4) et bordées à l'extrémité d'un large limbe qui s'atténue brusquement pour former la pointe acérée, mais molle, de la soie. Au second segment thoracique commencent les crochets aviculaires (4 B), très-semblables à ceux des Sabelles. L'interversion des soies a lieu aux segments '/8-
Bien que le sang soit vert comme dans la majorité des Serpuliens, les anses vasculaires latérales paraissent brunes par suite d'un vêtement de cellules pleines de pigment.
Genre DASYCHONE SarsV
(? CLYMENEIS H. Rathke.)
Dasychone Lucullana.
Sabella LucuIIana Délie Chiaje, Uemorie, III, p. 226, tnv. xlii, p. 23. — Descrizione, III, p. 72, et V,
p. 91, tav. 96, fig. 23.
Sabella Lucutlatia Grube, Arcliiv fiir Nalurg , IN Kl, XII, p. 16, laf. il, lig. 3, et Fam. der Annel., p. 88. (Non Sabella Lucu\l<ma Sars, Iteis. i Lof. og r'inm. Nvt Mag. for Naturv , 1849, p 82.) Sabella polyzonos Grube, Archiv fur Nalurgescli. XXIX, 1863, p. 113, taf. vi, lig. 5. Sabella LucuIIana Qlrfg., Histoire naturelle îles Annelés, II, p. 442.
PI. XXX, fig. i.
Je ne puis que confirmer les recherches de Délie Chiaje et de M. Grube sur cette espèce2. J'ajouterai que le nombre des pinnules dorsales aux branchies est soumis à de nombreuses variations même chez les adultes (huit à douze paires). Les yeux présentent naturellement les mêmes variations, puisqu'une paire d'yeux accompagne régulièrement une paire de pinnules. Ils sont composés comme ceux delà Dasychone Bombyx et ceux des espèces étudiées par M. Sars, mais bien moins développés que
1 C'est dans ce genre que rentre Y Amphilrite Bombyx Dalyell, dont la synonymie doit être établie de la manière suivante :
DASYCHONE BOMBYX.
Amphitrite Bombyx Dalyell, Tlie powers of the Creator, etc., 1853, p. 236-2», pi. XXXI, fig. 1-7,
et pi. XXXII, fig. 1-13.
Branehiomma Dalyelli Kolliker, 1858, Zeitscb. fur wiss. Zool., IX, p. 536. Dasychone Argus Sars, 1861, Bidrag til Kundsk. om Norges Annelider, loc. rit., p. 34. Dasychone Ar/jus Mlmgr., 1865, Nordiska Hafs-Annulater, loc. cit., p. 403. Dasychone Dalyelli Mlmgr., 1867, Annulata polychaeta Spelsbergiœ, etc., p. 115. * La couleur de cette Dasychone étant assez variable, je ne puis reconnaître la Sabella polyzonos Grube comme en étant spécifiquement distincte.
ceux des Branchiomma. Quant aux taches violettes qu'on voit aux côtés des segments, elles ne renferment pas de cristallin. Sur le dos du premier segment sont constamment deux petites taches allongées., semblables aux taches oculaires dépourvues de cristallin de tant d'Annélides.
Les cellules du cartilage branchial renferment une figure étoilée, due a des traînées de protoplasma granuleux, qui partent du nucléus. Un prolongement du cartilage pénètre dans chaque pinnule dorsale.
Le système vasculaire présente quelques particularités dignes d'intérêt : d'abord une gaine vasculaire enveloppant l'intestin comme chez la plupart des Serpuliens; puis des anses latérales portant toute une série d'appendices contractiles aveugles. Une disposition semblable n'existe, à ma connaissance, parmi les Serpuliens que chez la Prolula Dysteri Huxl., où M. Huxley l'a décrite. Une partie des appendices contractiles sont simples, d'autres ramilles. Les anses transversales ont leur paroi recouverte d'une couche multiple de cellules (fig. 4, b), qui fait entièrement défaut aux appendices aveugles. Est-ce peut-être la couche dans laquelle se forment les éléments générateurs? Je n'ai pas d'observations sur ce point.
Les femelles portent leurs œufs fécondés comme un collier autour de la partie antérieure de leur tube, ainsi que Délie Chiaje et M. Grube l'ont déjà vu.
Les figures 4 A, 4 B et 4 C représentent les soies.
Genre DIALYCHONE.
SabcUidœ regione thoracica hamis manubrio longo armata insignes; branehiœ memhriDin palmari pwtiiisque dorsualibus omnino deditidce. Collare integrum.
Ce genre est très-voisin des Chone Kroyer {Arripasa Johnst.) et des Euchone Mlmgr. Il partage avec eux le caractère remarquable de crochets à long manubrium, crochets qui paraissent exister aussi dans le genre Bispira ' Kroyer (Dislylia Qtrfg.), à en juger par les recherches de
' Ce genre a été établi dés l'iinnée 1850 par M. Kroyer {Meddelelser om Ormeslàylen Sabella, isaerdens